Durant la Première Guerre mondiale l’Allemagne posa les bases des missions d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché. Cependant celles-ci étaient très différentes de celles que l’on connait aujourd’hui puisqu’il s’agissait principalement de mitraillages des troupes ennemies depuis les airs ou encore du largage de bombes légères et très légères. Ces missions étaient confiées généralement à des avions spécialement conçus pour cela qui pouvaient également remplir la fonction de chasseurs lourds d’escorte. L’un des avions les plus avancés du genre était l’Halberstadt CL.IV.
À la fin de l’année 1917 la société Halberstadt étudia la possibilité de remplacer sur le front occidental les CL.II de leur production au travers d’un avion plus avancé. Ses ingénieurs se lancèrent alors dans le développement d’un avion reprenant les mêmes concept de réalisation mais en les adaptant aux évolutions technologiques.
Si l’empennage et le moteur Mercedes D.III de 160 chevaux furent conservés le fuselage et la voilure se virent redessinés afin d’offrir au nouvel avion, désigné CL.IV, des performances accrues. Le train d’atterrissage classique fixe fut renforcé tandis que des panneaux de contreplaqué faisaient leur apparition au milieu de l’architecture classique en bois et toile. Le poste de pilotage ainsi que celui du mitrailleur furent également revus et corrigés.
Son prototype réalisa son premier vol en mars 1918 et le mois suivant, à l’issu d’une rapide campagne d’essais, une première commande fut passée pour 450 exemplaires.
La production débuta en mai 1918 et les premiers exemplaires arrivèrent sur le front occidental, de la Belgique à la France, dès le mois de juillet. En juin une seconde commande pour 250 exemplaires supplémentaires fut reçue par l’avionneur. Pour des raisons de disponibilité industriel c’est l’avionneur LFG Roland qui dut s’en charger.
L’aviation impériale allemande avait un besoin croissant en CL.IV tant l’avion était apprécié. Il faut dire que ses deux mitrailleuses jumelées de calibre 7,92 millimètres faisaient des ravages parmi les troupes alliées. Certains pilotes allemands s’étaient même essayé avec leurs avions à la lutte antichar en larguant des bombes incendiaires de 10 kilogrammes directement sur les tanks britanniques et français.
À la différence du CL.II qui fut principalement employé comme chasseur d’escorte et ensuite, en second lieu, comme avion d’attaque le CL.IV vola lui principalement dans ce second rôle. Des escadrilles entières de ces biplans racés pouvaient faire des ravages au-dessus des tranchés alliées. Les soldats de Sa Majesté le surnomèrent «Flying terror of wood and canvas», ce qui peut se traduire par la terreur volante en bois entoilé. Leurs collègues français redoutaient tout autant cet avion allemand ô combien réussi.
Quand l’Armistice entra en vigueur le 11 novembre 1918 mettant fin à la Grande Guerre environ 270 exemplaires du CL.IV avaient été livrés, et une cinquantaine était en attente de transfert.
Britanniques et Français, mais aussi Américains et Italiens, se pressèrent pour l’essayer. Et leur jugement fut sans appel : l’Halberstadt CL.IV était sans nul doute un des plus redoutables avions allemands des années 1917-1918. L’appareil était en outre agréable à piloter et semblait beaucoup pardonner les erreurs. Dans l’immédiate après-guerre des exemplaires furent pris en compte, au titre du dommage de guerre, par des pays aussi différents que l’Estonie, la Lituanie, la Pologne, ou encore la jeune Union Soviétique. Ces avions demeurèrent en service généralement jusqu’à la fin des années 1920.
De nos jours au moins quatre exemplaires sont connus pour avoir été préservés. Deux se trouvent en Allemagne, un au Militärhistorisches Museum der Bundeswehr et l’autre au Deutsches Technikmuseum ; tous deux sont sis à Berlin. Les deux autres sont aux États-Unis, l’un au National Museum of US Air Force de Wright-Patterson AFB dans l’Ohio et le second au National Air & Space Museum de Washington DC. Cette riche préservation démontre l’importance historique du CL.IV.
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Voir les autres images























