L’Histoire de l’aviation est jalonnée de constructeurs qui ont marqué leur époque par leurs très grandes réussites à l’image de Boeing et de Douglas aux États-Unis, de Breguet et de Dassault en France, de Fiat et Piaggio en Italie, ou encore de Tupolev et de Yakovlev en Union Soviétique. Ce sont des références absolues dans leurs pays respectifs. À l’inverse certains avionneurs ne développèrent jamais d’aéronefs marquant voire pis d’appareils ayant dépassé le stade expérimental. L’un des exemples les plus frappants est l’Aeroplane Repair Depot de l’île de Grain en Grande Bretagne, mieux connu comme Port Victoria. Parmi ses nombreux échecs un des plus étonnants est sans nul doute le chasseur embarqué léger P.V.8 Eastchurch Kitten.
C’est à l’été 1916 que le Royal Naval Air Service chargea Port Victoria, alors intégralement placé sous son autorité, de développer un chasseur embarqué le plus compact possible capable de décoller depuis des ponts d’envol réduit. Quelle ne fut pas la surprise des amiraux de Sa Majesté quand l’avionneur avança deux avant-projets différents, l’un porté par l’ingénieur en chef Walter H. Sayers et l’autre par le pilote militaire et ingénieur George H. Millar. Ils choisirent d’accepter cette dualité et passèrent commande pour un prototype de chaque, les mettant ainsi en concurrence.
L’avion de George H. Millar fut désigné Port Victoria P.V.8 Eastchurch Kitten, du nom d’un lieu-dit de l’île de Grain où étaient sis les ateliers et bureaux d’études de l’Aeroplane Repair Depot. Ainsi cet avion se distinguait déjà de son concurrent, le P.V.7 Grain Kitten.
En fait en bien des points ces deux chasseurs étaient différents.
Le Port Victoria P.V.8 Eastchurch Kitten se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure égale à ailes décalées. Comme le Grain Kitten il était animé par un moteur ABC Gnat à deux cylindres opposés d’une puissance de 35 chevaux entraînant une hélice bipale en bois ; et comme lui il était assemblé en bois et toile. La position de l’unique mitrailleuse Lewis de calibre 7.7 millimètres était la même, à savoir au-dessus du plan supérieur de voilure.
Le P.V.8 Eastchurch Kitten offrait un poste de pilotage plus ramassé encore ainsi qu’un empennage triangulaire. À bien des égards les deux avions étaient très différents.
Disposant de moyens techniques moindres que Sayers l’ingénieur Millar et son équipe mirent plus de temps à assembler leur prototype. Finalement le Port Victoria P.V.8 Eastchurch Kitten vola pour la première fois le 7 septembre 1917. Et là où les essais en vol du P.V.7 Grain Kitten tournèrent vite au cauchemar ceux de ce P.V.8 furent nettement plus fructueux. Sans atteindre les standards des chasseurs terrestres de l’époque cet avion volait bien, était stable en vol, et facile à faire décoller autant qu’à atterrir. Seul petit hic le champ de vision du pilote était considéré comme médiocre.
Cela n’eut pas vraiment d’importance puisqu’en février 1918 la Royal Navy annula le programme d’acquisition de chasseurs compacts pour petits ponts d’envols.
Contrairement à son concurrent direct il ne fut jamais envisagé de transformer le Port Victoria P.V.8 Eastchurch Kitten en drone cible. En lieu et place l’avion fut expédié par bateau de l’autre côté de l’Atlantique Nord où l’US Navy escomptait bien l’essayer. Cependant parti en mars 1918 il n’arriva jamais à destination, le cargo qui le transportait étant perdu corps et bien suite à une tempête océanique. Certains sources indiquent qu’il aurait pu être coulé par un sous-marin allemand au large des côtes irlandaises peu après son départ d’Angleterre.
Si aucun Port Victoria P.V.8 Eastchurch Kitten n’est de ce fait parvenu jusqu’à nous il faut savoir qu’une réplique existe. Elle est exposée depuis les années 1990 parmi les collections du Yorkshire Air Museum d’Elvington dans l’est de l’Angleterre. L’avion arbore la livrée typique des prototypes de chasseurs britanniques en 1917-1918.
Le P.V.8 Eastchurch Kitten fut le dernier avion conçu par Port Victoria.
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Voir les autres images




















