Les A-10 Thunderbolt II sont de retour sur le vieux continent

Les A-10 Thunderbolt II sont de retour sur le vieux continent

Pour ses aficionados le principal intérêt du A-10 réside dans sa fabuleuse capacité d'emport.

Alors qu’en 2014, la saga du retrait des A-10 a tenu en haleine le congrès américain et les hauts gradés de l’USAF, voici que le Warthog fait son grand retour proche de chez nous, en Allemagne.

L’US Air Force va ainsi redéployer, en Europe, le plus célèbre chasseur de chars : le Fairchild-Républic A-10 Thunderbolt II. Ce retour est organisé dans le cadre d’un « Theatre Security Package » (TSP) en appui à l’opération « Atlantic Resolve« .

Le déploiement a été annoncé par l’US Air Force en Europe, il y a 2 jours. Ainsi, 12 appareils et 300 personnels du 355e Fighter Wing, basée à Davis-Monthain Air Force Base (AFB) en Arizona, seront affectés à la 52e Escadre de chasse sur les installations de la base aérienne de Spangdahlem en Allemagne. Tous les équipements devraient être opérationnels d’ici la fin février.

Ces appareils devront notamment, une fois pleinement opérationnels, pouvoir être déployé au sein des pays de l’est de l’Europe et membre de l’OTAN. Selon l’USAF en Europe, le TSP accentuera la force de frappe aérienne de l’opération « Atlantic Resolve » pour améliorer l’interopérabilité entre les alliés de l’OTAN.

Il s’agit du premier déploiement d’un TSP en Europe. Bien évidemment sur fond de tension élevée avec la Russie à propos de la crise en Ukraine, il s’agit d’un signal très clair envers Moscou et Vladimir Poutine. L’utilisation du « tueur de char » en Europe avait envisagé dès les années 70 par l’armée américaine en cas d’invasion des blindés soviétiques durant la Guerre froide.

Pour rappel, l’A-10 a été conçu pour l’attaque au sol et la destruction des blindés, en réponse au programme Attack-Experimental (ou AX) destiné à développer un avion d’attaque peu coûteux (à l’époque). Alors que le  prototype YA-10A de Fairchild vola en mai 1972, les premiers A-10A ont été livrés en octobre 1975. Les 714 appareils furent fournis à l’USAF de 1975 et 1984. L’arme emblématique du Warthog est un canon GAU-8 Avenger de 30 mm qui peut tirer jusqu’à 3900 projectiles à la minute.

Les derniers mois ont été mis en avant un différent entre les représentants et les sénateurs majoritairement favorables à un maintien en condition opérationnelle des A-10 et les dignitaires de l’USAF souhaitant se débarrasser d’un appareil couteux en terme d’entretien et de consommation de kérosène. L’A-10 Thunderbolt II a toujours été un peu mal aimé dans l’USAF, les états-majors faisant plus confiance au F-15E Strike Eagle, notamment.

Alors que son retrait était programmé en 2015 à l’origine, le Warthog a repris le chemin des théâtres d’opérations en entrant en action contre Daech à la fin de l’année 2014.

 

Passionné d'aéronautique et formateur en Web et PAO, il est le fondateur, en 1999, de l'encyclopédie de l'aviation militaire www.avionslegendaires.net. Administrateur et rédacteur en chef du blog, il vous fait partager ses avis et coups de coeur (ou de gueule) sur l'actualité aéronautique.

4 COMMENTAIRES

  1. C’est un signe fort envoyé par Washington-DC a ceux qui voudraient déstabiliser l’Europe, et notamment dans sa moitié orientale. Même si le Warthog n’est pas l’avion de combat américain le plus esthétique il est sûrement, à l’instar du B-2A ou du B-52H, un des plus impressionnant. Tant d’ailleurs sur un plan militaire que diplomatique.
    Cet avion m’a toujours rappelé la locution latine qui était gravé sur certains canons français de l’Ancien Régime : ultima ratio regum vae victis.

  2. Les USA allaient réagir et envoyer de nouveaux appareils tôt ou tard, ça coulait de source, à la manière de jadis quand ils déployaient en grande pompe les B52 au Royaume-Uni lorsque la situation devenait sérieuse quelques semaines avant l’intervention au Kosovo. Cependant je suis partagé quant au choix du Warthog.

    C’est clairement à mon sens plus un choix diplomatique / psychologique que réellement militaire, car le conflit Ukrainien (ne nous voilons pas la face c’est bien de cela qu’il s’agit) s’est révélé riche en MANPADS, et les pertes de l’armée de l’air Ukrainienne en avions de chasse opérant à basse altitude se sont révélées lourdes (SU-25, Mig-29, et SU-24), sans parler des hélicos et autres avions-cargos.
    Même s’il faut nuancer ces allégations car l’armée de l’air Ukrainienne n’est pas au standard des appareils / pilotes Américains, si l’on tient compte du facteur de la défense aérienne, le « chasseur de chars soviétiques » des années 70 ne me semble tout de même pas le moyen de pression le plus efficace contre les séparatistes (et leurs alliés voisins), dans le sens où il serait assez vulnérable dans un environnement tactique grouillant de SAM (particulièrement s’il s’avère que ces derniers soient fournis par les Russes, donc des modèles plus modernes que le SA-7 de base).
    Rappelons-nous que pour ces mêmes raisons les Warthogs n’avaient pas été engagés au Kosovo… depuis Desert Storm ils n’ont servi que sur des conflits dissymétriques où les défenses aériennes adverses étaient faibles ou inexistantes.

    Certes les A-10 sont encore très loin d’intervenir où que ce soit (heureusement d’ailleurs !), et d’ailleurs ils renforcent le contingent de F16 déjà présents en Pologne, mais j’aurais imaginé un appareil à plus hautes performances. Des F-22 ou des B-2 à Fairford, par exemple.
    Reste le message sous-jacent assez explicite que l’A-10 fait passer, de par son rôle d’avion d’assaut de première ligne.

  3. +1 Vark. Sans supériorité aérienne, pas de A10…. S’il y a des forets, pas de A10 non plus (cf Kosovo)… bref si ça devient sérieux faudra sortir toute la chasse pour avoir la supériorité aérienne puis les Abrahams et les biffins pour avancer au sol… La Russie, c’est pas l’Irak avec ses 3 mirages F1 et ses étendues désertiques…

  4. On effet je confirme leur présence , ol sont de nouveau apparue dans notre ciel de Moselle a la hauteur de la Base de Grostenquin pour une Simulation d’attaque au sol .
    Il était environ 13h30 , quand j’ai entendu le bruit des turbine très caractéristique et leur évolution au ras des pâquerette .
    Car il s’amuse comme des fous et c’est un plaisir de les revoir dans le ciel .

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