Ce n’est sans doute pas le premier des avions de combat de la coalition internationale auquel on pense. Pourtant depuis six ans maintenant le Boeing EA-18G Growler est de la plus part des grandes actions militaires contre l’autoproclamé État Islamique. Actuellement ce sont les avions de l’escadron VAQ-139 Cougars embarqués à bord de l’USS Nimitz qui survolent les territoires irakiens et syrien à la recherche des forces djihadistes. Des appareils qui mènent des missions parfois surprenantes dans cette guerre asymétrique.

Growler et Hornet volant de conserve au-dessus du théâtre d’opérations.

Que l’US Navy y aligne ses F/A-18E/F Super Hornet et que l’US Marines Corps y ait déployé des F/A-18C/D Hornet ne surprend personne. Par contre qu’on puisse rencontrer dans le ciel irako-syrien des EA-18G Growler a de quoi interroger. En fait leur présence est logique à plus d’un titre. D’abord aucun porte-avions américain en 2020 ne prendrait la mer sans ses Growler à bord, question de sécurité et de logique militaire. Ensuite parce que le tueur de radars a bel et bien un rôle à jouer dans ce conflit : faire la guerre !

Bien entendu l’organisation djihadiste Daech ne possède pas de batteries de défense anti-aérienne nécessitant l’emploi combiné d’avions de combat classiques et de tueurs de radars. Pour autant le Growler a plus d’une corde à son arc. Il est parfait pour traquer les communications par téléphones portables ou encore pour brouiller les émissions de l’ennemi. Mais surtout au gré de leurs combats contre les forces armées irakiennes et syriennes les forces terroristes ont su dérober des moyens de détection anti-aéronefs, notamment des stations radars mobiles de facture soviétique. On ignore actuellement s’ils les possèdent encore. C’est pourquoi sur ce théâtre d’opérations si particulier les avions américains continuent d’emporter un voire deux missiles anti-radar AGM-88 HARM, juste au cas où.

À chaque fois que l’USS Nimitz catapulte des Hornet de l’US Marines Corps ou des Super Hornet de l’US Navy au moins deux Growler les accompagnent. Ainsi le vendredi 25 septembre 2020 quatre F/A-18C de l’escadron VMFA-323 Death Rattlers ont accompli une mission de frappe contre une position durcie de l’État Islamique. Ils étaient couverts par deux EA-18G du VAQ-139 Cougars. Une manière aussi pour l’aéronavale de s’assurer que la couverture de guerre électronique puisse avoir lieu en même temps que l’action offensive.

Remarquez le missile AGM-88 Harm sous l’aile droite de cet EA-18G Growler en survol de l’Irak.

Indiscutablement l’EA-18G Growler est une plus-value totale dans ce conflit contre le terrorisme djihadiste. Aucun autre allié des États-Unis présent dans la région n’aligne une telle plateforme de guerre électronique, pas que la Russie ou la Syrie. Ce qui donne un net avantage à l’US Navy.

Photos © US Navy.

 

Publicité

4 COMMENTAIRES

  1. Depuis le retrait du AS-37 Martel la France ne possède plus de capacité anti-radar et c’est dommage. Après c’est sûr que c’est un armement très spécifique qui serait peu ou pas du tout utilisé.
    Est-ce que les actuels Beechcraft alsr « Vador » ou les futurs Falcon 8x « Archange » auront les mêmes capacités que ces Growler, l’armement en moins ?

    Je crois aussi que les satellites CERES auront ces capacités là de maitriser les télécom, cartographier et brouiller les radars.

  2. Il y a quelques mois l’US Navy et Boeing ont fait voler, à quatre reprises, deux avions de guerre électronique EA-18G Growler contrôlés à distance, comme des drones, depuis un troisième appareil du même type. Cela laisse supposer que cet aéronef va encore beaucoup évoluer, peut-être vers un modèle sans pilote qui pourra mettre à mal les défenses aériennes les plus sophistiquées tout en préservant le pilote. Le F35 ést un avion omnirôles et donc évoluera vers toutes sortes de missions

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom