On ignore encore 48 heures après le drame les causes exactes de ce qui ressemble tout de même à un accident. Ce samedi 5 août 2017 un avion de transport Bell/Boeing MV-22B Osprey américain s’est abîmé au large de l’Australie, causant la mort de trois de ses 26 passagers et membres d’équipage. Le convertiplane participait à une série de manœuvres dans le cadre de l’exercice internationale Talisman Saber.

Pour une raison encore floue c’est au moment où il essayait de rejoindre le pont d’envol de l’USS Green Bay, un navire de soutien aux opérations amphibies, que l’avion convertible a violemment heurté la surface du Pacifique. Rapidement le biturbopropulseur a coulé, entraînant semble t-il avec lui les trois malheureux soldats américains. Selon plusieurs médias américains il s’agirait de deux marines et d’un loadmaster, ce dernier appartenant comme l’avion au squadron VMM-265. Pour mémoire ce MV-22B Osprey était en fait basé sur le porte-aéronefs USS Bonhomme Richard mais son équipage était formé à se poser sur des bâtiments de la classe de l’USS Green Bay.

Une vaste opération de recherches de l’épave et de sauvetage des trois personnels a été lancé. Devant l’impossibilité de les retrouver vivants c’est désormais officiellement une mission de récupération des dépouilles des marines en questions. Le navire hydrographique australien HMAS Melville a repéré ce lundi 7 août 2017 au matin l’épave de l’avion gisant à une cinquantaine de mètres de profondeur. L’US Navy n’ayant pas dans la région de plongeurs spécialisés dans cette mission très technique de récupération des corps ce sont des hommes et des femmes de la Royal Australian Navy qui vont s’en charger.

Cet écrasement en mer est le dixième accident majeur d’un Osprey (CV-22A et MV-22B confondus) opérationnel depuis le début des années 2010. Et nombre d’entre eux se sont soldés par la mort de tout ou partie de l’équipage et des passagers. Ce qui explique que le convertiplane réalisé en coopération par Bell et Boeing n’a pas forcément bonne publicité parmi les députés et sénateurs américains, des deux bords respectifs. Cet accident tombe au plus mal pour l’US Marines Corps à quelques semaines d’une importante discussion au Sénat sur son budget pour les années 2019-2022.

Photo © US Navy

5 COMMENTAIRES

  1. Tragédie, à titre personnel j’ai toujours trouvé ce « convertiplane » absolument inutile et inapte au combat. Mais ceci n’est que mon point de vue.

  2. Un de plus, cet appareil est tellement complexe que les accidents se succèdent.
    Actuellement l’industrie de défense américaine est dans une boucle de faire du matériel dont les technologies ne sont pas totalement maitrisées; c’est cher, pas opérationnel malgré les déclarations « bon pour le service » et pas fiable.

    • Le souci c’est que comme le convertiplane est une technologie que seuls les Américains maîtrisent (au niveau industriel j’entends) dès qu’un incident ou un accident intervient il concerne une machine américaine. Les Russes ont renoncé depuis plus de 30 ans car ils n’ont jamais eu les compétences et le programme européen AW.609 fait du sur-place depuis plusieurs années.

  3. Petite réflexion qui m’est personnelle. Je trouve pour ma part l’appareil utile, opérationnel et somme toute plutôt fiable compte tenu de la jeunesse du concept, car ne l’oublions jamais c’est après tout le premier appareil de sa catégorie.
    Les gains opérationnels sont bien connus et comblent un gap entre avions et hélicoptères militaires (vitesse / rayon d’action d’un avion, avec capacité ADAV des hélicos), le revers de la médaille c’est qu’il est de notoriété publique très délicat à piloter, et techniquement la plus complexe des machines volantes actuelles. Les conditions d’ utilisation militaires ne ménageant pas non plus les appareils, ces derniers subissent fatalement un taux d’attrition supérieur aux appareils civils, et parfois même une loi des séries. C’est particulièrement le cas du V22, la moindre défaillance humaine / environnementale / technique ne pardonne pas, on le voit encore avec cette tragédie.
    Mais malgré les accidents / incidents, cet appareil s’en sort plutôt bien sur le terrain depuis sa mise en service, et si j’ose me permettre maladroitement l’adage (car malheureusement des vies ont été perdues), l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs dans le domaine de la conquête aéronautique. Cela s’est vérifié maintes fois depuis le temps des pionniers du siècle passé jusqu’aux avancées majeures actuelles (premier vol / biplan / monoplan / hélico / réacteur / supersonique / commandes électriques et j’en passe…).
    Cela dit, comme le souligne Arnaud, un unique type d’appareil opéré pour l’instant par un unique pays, forcément les statistiques sont contre lui. Si l’on compare avec des hélicoptères ou avions de combat archi-classiques et répandus dans le monde (j’entends par là utilisés par plusieurs pays), les statistiques ne sont pas si alarmistes que cela pour un appareil aussi jeune et complexe.
    Si l’on tient compte de tout cela, le V22 connaît certes moult turbulences depuis sa création, mais est loin d’être un échec « stricto sensu ».

    De toute façon, quels que soient nos points de vue, cela reste une affaire américano-américaine, et je ne pense pas que le programme soit menacé pour l’instant, malgré une certaine défiance de l’opinion publique (les accidents sont pour le V22 sont ce que les coûts / retards sont au F35 ^_^ ).

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