SIPA S.10 / S.11 / S.12

SIPA S.10 / S.11 / S.12


Fiche descriptive

Appareil : SIPA S.10 / S.11 / S.12
Constructeur : Société Industrielle Pour l'Aéronautique
Désignation : S.10 / S.11 / S.12
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1945
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement et d'appui aérien rapproché

Histoire

SIPA S.10 / S.11 / S.12 :
En appui aérien au-dessus des djebels

Durant la guerre d’Algérie, la France fit un usage important des avions et hélicoptères d’appui aérien rapproché. Pour les premiers d’entre eux, il s’agissait généralement d’appareils datant de la Seconde Guerre mondiale armés à la va-vite de mitrailleuses et de paniers à roquettes et utilisés au-dessus des djebels pour rechercher les troupes du FLN. Parmi ces avions figurait un petit monomoteur léger directement dérivé d’un avion d’entraînement à succès, le SIPA S.10.

C’est en février 1944 que l’avionneur allemand Arado ordonna au constructeur français SIPA d’usiner dans ses ateliers de Bourges son nouvel avion d’entraînement, l’Ar 396. Celui-ci était directement dérivé du célèbre Ar 96, mais avec une avionique revue et corrigée, ainsi que des améliorations aérodynamiques. Cependant à cette époque l’avionneur allemand était en charge en priorité du bombardier rapide Ar 234, un projet jugé primordial par la Luftwaffe.

La SIPA, comme tous les constructeurs français, était alors placée sous la coupe des forces allemandes d’occupation. Ses ingénieurs et ouvriers reçurent donc les plans de l’Ar 396 et commencèrent la construction des trois premiers prototypes. A cette époque les personnels de la SIPA freinèrent des quatre fers l’usinage des avions allemands, surtout après le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944. En outre, les craintes de sabotages étaient importantes, et fondées, de la part des Allemands. Du coup le premier prototype ne fut réellement fini pour son premier vol qu’après l’arrivée des Alliés dans la région, et donc la libération de Bourges.

Immédiatement, l’Ar 396 vit sa désignation modifiée en S.10. Il réalisa son premier vol le 29 décembre 1944. Par rapport à ses contemporains c’était un avion plutôt moderne avec sa conception mixte en métal et contreplaqué. Dès le début de l’année 1945 la toute jeune Armée de l’Air renaissante s’intéressa à l’avion et passa commande pour 31 exemplaires. Devaient également s’y ajouter les trois prototypes. Pour les aviateurs français, il s’agissait alors de disposer d’un avion d’entraînement de base et intermédiaire de conception récente. La motorisation avait été confié à Renault, sous la forme de son 12S en ligne d’une puissance de 580 chevaux.

Dans les années qui suivirent la SIPA construisit le S.11 une version dotée de quelques amélioration, et construite à hauteur de cinquante exemplaires. Apparu également le S.111 une version renforcée du S.11 et apte à l’entraînement au tir grâce au montage d’une mitrailleuse MAC 34 de calibre 7.5 mm dans la voilure.

En mai 1951 apparue une version profondément modifiée, le S.12. Ses principales différences résidaient dans sa conception intégralement métallique et dans son nouveau moteur SNECMA-Renault 12S de 600 chevaux. Mais surtout le S.12 était totalement optimisé pour l’entraînement au tir air-sol grâce à ses deux mitrailleuses de voilure et à sa capacité de tirer des roquettes. Il était également apte à des missions secondaires d’appui aérien rapproché. Là encore cinquante appareils furent construits, suivis de 48 S.121 capables de lâcher des bombes légères et disposant d’équipement d’entraînement au vol sans visibilité.

En 1954, lorsque la guerre d’Algérie éclata le SIPA S.10 et ses dérivés figuraient parmi les principaux avions d’entraînement en service dans l’Armée de l’Air. Mais surtout cet avion avait démontré ses qualités de stabilité lors des tirs air-sol. C’est pourquoi les aviateurs français prirent la décision de les déployés en nombre en Afrique du nord. Armés de leurs mitrailleuses de calibre 7.5mm, mais également de bombes incendiaires de 50 kg, de bombes anti-personnel, ou encore de roquettes, ils furent employés dès les premières heures du conflit contre la résistance algérienne.

Au total, c’est près d’une centaine de ces avions qui fut utilisée durant tout le début du conflit pour mener des attaques au sol, aussi bien que des appuis rapprochés des fantassins et parachutistes français. Moins rapides que les Corsair de la Marine Nationale, moins maniables que les Bell  47 et Alouette II de l’ALAT, ils furent néanmoins parmi les appareils les plus utilisés au combat. En Algérie, les monomoteurs SIPA volaient au sein des trois GALA, les Groupes d’Aviation Légère d’Appui. En 1957, ils furent remplacés par les célèbres North American T-6 jaunes canaris, des avions disposant d’une autonomie et d’une charge offensive bien supérieure.

La majorité des S.12 et S.121 utilisés pour des missions d’attaques furent rappatriés en France où ils reprirent leurs missions classiques d’entraînement. Finalement retirés du service actifs au début des années 1960, une partie fut ferraillée pendant que d’autres, désarmés, se retrouvait sur le marché de l’entraînement civil dans les aéroclubs français, mais aussi européens. Néanmoins, le Centre d’Essais en Vol conserva six de ses S.121 jusqu’en 1968, les utilisant notamment comme avions d’entraînement et de liaisons rapides. Ils furent remplacés quant à eux par des Fouga CM-170 Magister à réaction.

Appareil mal connu des Français, qui nous ramène aux heures sombres de la décolonisation, le SIPA S.10 (mais aussi ses dérivés) représente pourtant bien cette industrie aéronautique française d’après-guerre qui tentait de se reconstruire tant bien que mal. De nos jours plusieurs d’entre eux volent encore dans des meetings, souvent « maquillés » en avions d’entraînement allemands de la Seconde Guerre mondiale.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : SIPA S.12
Envergure : 11.00 m
Longueur : 9.32 m
Hauteur : 2.45 m
Motorisation : 1 moteur en ligne SNECMA 12S-02
Puissance totale : 1 x 600 ch.
Armement : 2 mitrailleuses de 7.5mm
4 paniers à 12 roquettes de 38mm
ou quatre bombes de 50kg
Charge utile :
Poids en charge : 2320 kg
Vitesse max. : 360 km/h à 2250 m
Plafond pratique : 8000 m
Distance max. : 1000 Km à charge maximale
Equipage : 2
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du SIPA S.10 / S.11 / S.12

Profil Couleur

Profil couleur du SIPA S.10 / S.11 / S.12

Vidéo

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Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.