L’Aviation Légère de l’Armée de Terre se modernise à vitesse grand V et ça commence à vraiment se voir. Même si les hélicoptères de conception ancienne sont encore bien présents les appareils de nouvelle génération sont de plus en plus présents au sein de la force Barkhane chargée en Afrique du nord de traquer les terroristes des groupes djihadistes. C’est ainsi que désormais quatre Tigre et trois Caïman sont intégrés au sein du groupement tactique interarmes aéromobile déployé par la France, notamment à Gao au Mali.

Alors certes il ne faut pas tomber dans l’angélisme les SA-330 Puma et SA-342 Gazelle demeurent les hélicoptères français les plus représentés dans cette mission très éprouvante avec respectivement six et quatre exemplaires au sein du GTIA. Mais après tout que pourrait encore bien faire l’ALAT sans ces vénérables machines dans un environnement aussi rude ?

La montée en puissance cependant des Tigre HAD / HAP et des Caïman révèlent une véritable volonté de déployer dans la bande sahélo-saharienne (ou BSS) des matériels de dernier cri. Les hélicoptères de combat permettent aussi de diminuer l’engagement des avions de combat tout en conservant une capacité aérienne de porter le feu.
Après tout comme l’a très bien théorisé un général américain de la guerre du Vietnam ce n’est pas en conservant chez nous nos matériels les plus récents que l’on démontrera au monde entier leur efficacité et surtout que l’on servira la cause de nos combattants sur le terrain.

Le Caïman à Gao au Mali.
Le Caïman à Gao au Mali.

Car ne nous y trompons pas. Les Caïman engagés sur ce théâtre d’opérations ont aussi pour mission de communication, presque de publicité. Ils doivent démontrer aux futurs clients de l’hélicoptère européen ses capacités réelles. En gros qu’il n’est pas qu’une formidable machine de sauvetage en mer et de lutte anti-sous-marine, mais aussi un hélicoptère apte à déposer des troupes au plus près du champ de bataille dans des conditions climatiques épouvantables.
Pour faire simple après l’engagement des appareils italiens en Afghanistan ces Caïman français dans la BSS finalisent le combat proven de l’appareil.

Pour la petite histoire ces deux modèles d’aéronefs ne sont pas les seuls matériels de pointe que l’Armée de Terre a envoyé dans la région. Deux batteries de chacune deux canons Caesar de calibre 155mm ont aussi été déployés. Un peu à la manière de la force Wagram en Irak ces artilleurs assurent l’appui au sol des troupes engagées avec leur impressionnante puissance de feu.
À n’en pas douter le mélange Tigre et Caesar doit causer bien des tourments aux chefs des groupes djihadistes de la région.

Le Caesar en action, avec son increvable VAB à ses côtés.
Le Caesar en action, avec son increvable VAB à ses côtés.

Mais cette montée en puissance progressive révèle aussi que la mission de la force Barkhane n’est certainement pas prêt de s’arrêter. Pourtant dans le même temps, en fait cette semaine, la France a mis fin à son engagement en Centrafrique au travers de la mission Sangaris. Elle pourrait donc bien se recentrer sur la traque des djihadistes alors que notre pays se prépare à commémorer le premier anniversaire des attaques contre le Bataclan, les terrasses de bistrots, et le Stade de France. À des milliers de kilomètres de notre pays nos soldats, dans les airs autant que dans le sable et la caillasse, participent eux-aussi à notre réponse face à ce terrorisme pseudo-religieux aveugle.

Photos © ministère de la défense.

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