Le président de la République Emmanuel Macron l’a annoncé personnellement ce jeudi 17 février 2022, en tant que Chef des Armées. Sous quatre à six mois il n’y aura plus le moindre militaire français déployé au Mali, qu’ils soient membres de l’opération Barkhane ou de la Task Force Takuba. La pression diplomatique de la junte militaire malienne et les risques de débordements des populations civiles locales ont eu raison de la détermination française. En coulisses c’est aussi un énorme travail de sape commandité depuis Moscou.

Aucun avion de combat Dassault Aviation Mirage 2000C et Mirage 2000D n’était basé au Mali. Tous décollaient depuis des bases situées en dehors de ce pays. À ce niveau là donc rien ne devrait changer. Pas plus que pour les avions de transport militaire ou les drones de reconnaissance et d’attaque General Atomics MQ-9 Reaper qui opèrent depuis la Base Aérienne Projetée au Niger. L’Armée de l’Air et de l’Espace n’est donc pas directement impactée.
Le vrai changement pour ses personnels va être la fermeture de l’espace aérien malien qui se dessine désormais. Une décision politique d’un «gouvernement de transition» qui compte désormais tout faire sans la France.

Par contre au niveau des équipements aériens les hélicoptères de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre vont eux connaitre une vraie nette différence. Plusieurs sont encore stationnés dans le pays. Des Eurocopter AS.532 Cougar Rénovés et Eurocopter Tigre ainsi que des NHIndustries NH-90 TTH Caïman et des Aérospatiale SA.342 Gazelle qui continuent de combattre les GTA, les fameux groupes terroristes armées. De la novlangue militaire pour parler des unités djihadistes qui pullulent encore au Sahel.

Car si le Mali tourne le dos à la France et à ses alliés européens la guerre contre le terrorisme islamiste est pour autant loin d’être terminée. Du coup les ministères des Armées et des Affaires Étrangères ont cherché des alternatives. Le Burkina-Faso a été un temps envisagé comme solution, il ne l’est plus. Ce pays a lui aussi subi un putsch militaire renversant le pouvoir démocratiquement élu.
Alors la France se rapproche encore un peu plus de ses alliés historiques dans la région : le Niger et le Tchad. C’est là sans doute que les hélicoptères de l’ALAT devraient prochainement trouver refuge.

Les relations avec l’apprenti dictateur, le «colonel» Assimi Goïta, sont au plus mal. Il faut dire que celui-ci a franchi le Rubicon en invitant à ses côtés le groupe militaire privé Wagner. Ce contractor russe est réputé très proche du pouvoir de Vladimir Poutine. Il est aussi connu pour son peu de respect de la valeur humaine et des préceptes mêmes des grandes démocraties. Il y a quelques semaines un officier malien très proche de Goïta réclamait que la France quitte son pays en laissant sur place les matériels militaires de pointe comme les blindés VBCI ou encore les hélicoptères Caïman TTH et Tigre. Une volonté complètement surréaliste soutenue par les médias locaux et par la rue malienne.
Au bout de quelques heures de buzz il semble que l’idée ait été abandonnée. Il faut dire qu’elle n’avait suscité aucun intérêt de la part de l’état-major français, la jugeant sans doute complètement ridicule et hors de propos.

Il reste que ce départ du Mali va forcer les forces aériennes et terrestres françaises à repenser leurs missions dans la région. Rappelons qu’en un peu plus de sept ans la force Barkhane a permis d’éviter l’implantation d’un khalifat djihadiste au Sahel et a facilité la réduction des poches de résistance des groupes islamistes. En cela elle a protégé l’Europe, et donc la France, du risque terroriste.
Pour mémoire 52 militaires français, tous corps et tous grades confondus, ont perdu la vie au Mali.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace.

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9 COMMENTAIRES

  1. On a là, malheureusement, un exemple parfait d’objectif politique obtenu via des tactiques « hybrides », mêlant opérations d’influence, désinformation, empreinte réduite relevant également des services de renseignements russes … encore une fois sans « qu’une balle » ne soit tirée, ou presque.
    Exactement comme l’exemple de la Crimée en 2014.

    Cela pose le réel souci de l’adaptation des sociétés civiles et des champs d’action en « source ouverte », des démocraties, trop perméables à ce genre de manœuvres hostiles

    (certes, on sort sur ce terrain-là largement du domaine aéronautique).

  2. Les maliens ont voulus faire comme en Afghanistan où les américains ont abandonnés la quasi-totalité de leur matériel lourd. A la différence près que ces derniers ont quitté l’Afghanistan dans l’urgence alors que la France peut prendre tout le temps qu’elle le souhaite.
    La France est intervenue en 2013 comme le sauveur du Mali alors que 9 ans après, même bien avant, elle se fait quasiment chasser. La campagne de désinformation et de diabolisation de la Russie contre la France, et mise en œuvre par la population malienne, à battue son plein.

  3. Apprenti dictateur..? Demandez aux maliens, descendez un peu de votre tour d’ivoire pour voir ce qu’il en est vraiment. La rivalité entre votre pays et la Russie est une chose, mais de là à traiter un pays qui veut et décide par lui-même sa propre voie d’une dictature, c’est normalement une réaction de jalousie.

    • DICTATURE [nom féminin] : Concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti, d’une classe. (Ex : Dictature militaire.)

      • On va en rester là avec les délires de monsieur Haido. Son précédent commentaire a d’ailleurs été modéré par mes soins car totalement hors sujet, complotiste, et foncièrement francophobe.

    • Bah oui Momo c’est un apprenti dictateur le petit Goïta. Et toi un de ses trolls au fin fond d’un cybercafé de Bamako.
      L’article dit bien la réalité de ce qui se passe au Sahel. J’espère une seule chose : si les barbus reviennent nos Rafale resteront à Mont de Marsan cette fois. Que les Maliens attendent leurs « amis » russes.

  4. Malheureusement pour les Maliens, et malgré tous les efforts, souffrances et sacrifices consentis, je prévois des lendemains qui déchantent pour ce pays. Certes le Mali et les Maliens ont le droit de disposer de leur propre destinée, mais c’est bien mal parti. Quel gâchis !

    • Surtout que Wagner c’est pas gratuit. Pour les 1500 mercenaires de Wagner aujourd’hui présent au Mali, l’état malien doit dépenser 9,5 millions € par mois.

  5. 53 soldats français morts pour porter secours au Mali à la demande des Maliens.
    Je penses à leurs familles et j’imagine leur sentiment quand on voit comment cela finit.

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