C’est un accident fort heureusement assez rare de nos jours qu’a connu la Royal Jordanian Air Force ce lundi 5 décembre 2016. Un jet de combat General Dynamics F-16A Fighting Falcon s’est écrasé dans l’est du pays lors d’un vol d’entraînement tuant son pilote, un officier expérimenté de 38 ans. Certaines données semblent assez floues dans ce drame, notamment quant à la nature du vol d’entraînement.

En effet certaines sources locales laissent sous-entendre qu’en fait l’avion réalisait un vol de reconnaissance armée au-dessus de l’Irak. Il faut dire que la ville d’Azraq à proximité de laquelle s’est crashé l’avion de combat n’est distante que de trente kilomètres de la frontière avec ce pays. Or la Jordanie a été un des premiers pays arabes à s’engager dans la guerre contre l’autoproclamé État Islamique aux côtés des forces de la coalition internationale.

L’un des mystères concerne la mort du pilote, le major Ayed Ahmad Nassar Daajah. Il semble que celui-ci n’ait pas engagé la procédure d’éjection de son siège. Alors ce dernier n’a t-il pas fonctionner ? Le pilote était-il déjà mort ? Et si les causes de cet écrasement n’étaient pas accidentelles. Autant de questions auxquelles les enquêteurs américains et jordaniens devront répondre dans les semaines qui viennent.

Ce drame va relancer en Jordanie la polémique autour de la quarantaine de General Dynamics F-16A/B encore en service. Il faut dire que ces avions sont tout à la fois un mix d’avions livrés neufs par les États-Unis entre 1994 et 1997 et aussi d’avions de seconde main acquis auprès des Pays-Bas. Certains d’entre eux ont été modernisés par la Turquie entre 2008 et 2009.

Cependant l’état général de ces avions de combat laisse fortement à désirer et beaucoup envisageraient là-bas qu’ils soient remplacés dans les années à venir par des avions plus modernes comme le Dassault Rafale, l’Eurofighter EF-2000, ou encore le Lockheed-Martin F-35A Lightning II. Au moment des contrats égyptiens puis émiratis pour l’avion français,  la presse jordanienne avait envisagé que le Rafale puisse lui aussi voler sous la cocarde de ce pays. Après tout durant plusieurs années la Royal Jordanian Air Force vola sur Mirage F1. Néanmoins les finances de ce pays ne sont pas actuellement en phase avec de telles ambitions.

Photo © Wikimédia Commons.

Publicité

3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    Un petit rectificatif d’abord; il s’agit de Lockheed-Martin F-16A(MLU), General Dynamic n’existe plus.
    Petites précisions ensuite. Les Jordaniens ont également acheté des F-16MLU à la Belgique au début des années 2000. Il s’agissait d’avions juste sortis d’upgrade chez SABCA mais dont la Belgique n’avait plus l’usage vu la politique de réduction des effectifs de l’époque. Ces avions volent énormément, mais il est vrai que la qualité et le suivi de leur maintenance laisse fortement à désirer.

    • Certes General Dynamics n’existe plus et son action aéronautique a été reprise par Lockheed-Martin comme auparavant General Dynamics avait repris Convair, mais iriez-vous Sylvain appeler le F-106 du coup General Dynamics (voire même Lockheed-Martin) F-106 et non Convair F-106 ? Bien sûr que non. Ces F-16A et B jordaniens furent construits par General Dynamics, c’est donc dans un souci de réalité historique qu’ils sont désignés sous cette raison sociale et non celle de la société qui assemble désormais les F-16C et D.
      Quand au principe du F-16A(MLU), ces trois lettres signifiant Mid-Life Update ce qui dans une langue plus compréhensible se traduit par « remise à niveau à mi-vie », cela demeure bien des F-16A certes modernisés par une industrie aéronautique extérieure.

      • D’autant plus que LM avait probablement gardé la majorité de l’équipe qui oeuvrait sur ce programme donc on peut dire l’esprit General Dynamics est conservé

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom