On pensait que la Chine dirigerait l’exportation de ces avions, c’est finalement le Pakistan qui gère ce dossier. Il n’aura pas fallu six mois aux Argentins pour faire connaître leur intérêt pour le chasseur Chengdu/PAC JF-17 Block 3 Thunder. Cet avion permet, grâce à des équipements chinois, de contourner l’embargo britannique sur les équipements de défense suite à la guerre des Malouines. Il est désormais question d’une commande imminente de douze chasseurs pour une somme de 664 millions de dollars US, armement compris.

Depuis juin 1982 et la fin de la guerre des Malouines le Royaume-Uni a placé l’Argentine sous un très strict embargo militaire. Aucun équipement de défense conçu et/ou fabriquer en Grande Bretagne ne peut être vendu, hormis en seconde main, aux forces argentines. Cela inclut bien évidemment les sièges éjectables créés par la société Martin-Baker et que l’on retrouve chez presque tous les avionneurs du globe.

On aurait pu penser qu’en près de quatre décennies Londres avait pu s’assagir sur la question, et alléger un peu la décision prise à l’époque par le très conservateur gouvernement de Margaret Thatcher. En fait ce fut bien le cas sous Tony Blair en 2000, notamment sur les dits sièges éjectables ainsi que sur certains équipements liés aux missions recherches et sauvetages en mer. Seize ans plus tard Theresa May, qui n’a jamais caché son admiration pour la dame de fer, décida de revenir aux fondamentaux de cet embargo en le durcissant au même niveau qu’il était en juin 1982. Boris Johnson, actuel locataire du 10 Downing Street, demeure sur la même ligne dure vis-à-vis de l’Argentine.

C’est ainsi que récemment l’Argentine se vit dans l’impossibilité de commander dix chasseurs légers ultramodernes KAI FA-50 Fighting Eagle. L’idée germa alors dans la tête des décideurs chinois et pakistanais de se rapprocher de ce pays sud-américain.

Sauf que les JF-17 Block 3 Thunder utilisent normalement des sièges zéro-zéro fournis par Martin-Baker. Or la Chine n’est pas cliente de l’industriel britannique, préférant utiliser des équipements de production locale. Il s’agit d’anciens sièges soviétiques construits sous licence depuis les années 1980. En théorie il était prévu de vendre le chasseur sino-pakistanais avec un maximum d’équipements occidentaux. La situation argentine étant ce qu’elle est c’est donc vers des avions beaucoup plus rudimentaires que ce pays va se diriger. La majorité de l’armement air-air et air-sol sera également fournie par Pékin.
Pour autant c’est le Pakistan qui a la main sur le contrat d’exportation.

Désormais les Argentins annoncent une signature de contrat avant la fin de l’année civile. La somme de 664 millions de dollars US étant budgétée, à défaut d’être réunie, l’accord a été trouvé. Il concerne dix monoplaces et deux biplaces. Ces derniers sont dédiés à la transformation opérationnelle avant tout. L’Argentine deviendra ainsi le troisième client export de ce chasseur-bombardier après le Myanmar et le Nigeria, le premier en Amérique du sud.

Photo © ministère pakistanais de la défense.

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6 COMMENTAIRES

  1. Quelle bévue de la Grande-Bretagne ! Pousser l’Argentine dans les bras de la Chine plutôt que poser un geste magnanime… C’est de notoriété, le bulldog n’est pas reconnu pour son intelligence.

    • Bonjour, serait-ce possible d’avoir des commentaires un minimum structuré. Je vous rappelle qu’en français une phrase c’est sujet-verbe-complément. Là on en est super loin avec le vôtre.
      D’avance merci.

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