Je sais que certains l’attendaient, d’autres sûrement un peu moins : oui la polycopieuse est  revenue ! Sauf que cette fois-ci, et en attendant l’opus sur les hélicoptères soviétiques, elle s’intéresse aux aéronefs chinois. Et en fait là encore vous allez vous rendre compte que les services secrets n’y sont pas allés de main morte dans leurs différentes copies, pas toujours très fructueuses il faut bien le dire, de ce qui se faisait dans les pays occidentaux mais aussi en URSS !

Sauf que les Chinois ne sont pas les Soviétiques (ni même les Russes) et du coup de temps en temps quand ils avaient la flemme d’utiliser leur polycopieuse ils faisaient les choses dans les règles. Ce qui a parfois donné des avions surprenant comme les Chengdu J-7 et Xian Y-7, licences industrielles respectives des MiG-21 et An-24. Les hélicoptères n’ont pas été en reste avec notamment les Harbin Z-5 et Z-9 issus légalement des Mi-4 et AS.365 Dauphin 2. Fort heureusement, ils ont aussi su espionner et copier. Et là ça n’est que du bonheur !

Commençons assez sobrement avec l’échec cuisant du Harbin Y-11 et là franchement les espions chinois ne se sont pas foulés ils sont juste aller copier ce qui se faisait alors de mieux dans le genre bimoteur léger ADAC à savoir le De Havilland Canada DHC-6 Twin Otter qui une fois les pellicules développées donna naissance en Chine au Harbin Y-12. Objectivement pas le pire avion chinois, d’ailleurs. Loin de là.

Du grand nord canadien…

 

… aux steppes chinoises.

Puis voulant jouer dans la cours des grands les Chinois ont voulu se lancer dans la conception et l’usinage d’un avion de ligne. Et là forcément dans les années 1970 ils se sont inspirés (très très fortement) de celui qui régnait encore en maître sur les cieux du monde entier : le Boeing 707. Sauf que si le résultat de leurs copies ressemblait fortement au légendaire quadriréacteur américain force est de constater que dans la réalité ils avaient réalisé un véritable non-sens aéronautique, incapable de dépasser les 3000km… à vide. Résultat le Shanghai Y-10 ne fut produit qu’à trois exemplaires.

Du coup de génie…
… au plantage absolu !

Et puis pendant plus de 25 ans presque plus rien, les Chinois ne copiaient plus d’avion. Jusqu’à au début du vingt-et-unième siècle où ils se sont décidés à recommencer, surement histoire de rattraper leur retard technologique sur les États-Unis, l’Europe, et la Russie. Pour bien faire ils se sont attelés à copier un des meilleurs avions d’entraînement avancé du moment, l’Alenia-Aermacchi M-346 Master qui une fois cloné par les ingénieurs chinois a donné naissance à un avion très correct, le Hongdu L-15.

Le jet d’entraînement avancé italien…
… et son presque jumeau chinois.

Toujours très récemment les espions et industriels chinois ont voulu copier un des meilleurs avions de transport militaire du moment, le Boeing C-17 Globemaster III afin de doter leur aviation d’un avion stratégique. Et si esthétiquement ils semblent avoir réussi leurs travaux il faut bien remarquer qu’au niveau technologique le Xian Y-20 ne semble pas être une réussite, notamment en matière de motorisation. Espérons que cet avion ne connaîtra pas le même sort que le Y-10.

Là les différences sont assez criantes…
… surtout au niveau du nez et des réacteurs !

Mais il n’y a pas que les avions que nos chers amis chinois ont su copier, il y a aussi les hélicoptères. Et là franchement ils ont su mettre le paquet. À commencer par le jour où ils ont décidé de se doter d’un hélicoptère léger monoturbine capable de concurrencer ce qui se fait de mieux aux États-Unis et en Europe. Sans hésitation on peut dire que leurs ingénieurs ne se sont pas foulés ils ont juste recopié bêtement l’Eurocopter AS.350 Écureuil. En même temps pourquoi se fatiguer me direz-vous ? Le résultat n’est en fait pas à la hauteur de l’hélicoptère français, le Changhe Z-11 n’ayant apparemment pas les qualités du best-seller hexagonal.

On pourrait croire les deux hélicoptères…
… sortis de la même chaîne d’assemblage !

Vu que finalement ça semblait bien passer les industriels et espions chinois ont alors du se dire que pourquoi ne pas continuer ? Et puisque Eurocopter est un bon client allons-y franchement et copions leur fleuron à savoir l’EC-665 Tigre. Il faut dire que les Chinois ne possédaient pas de véritable hélicoptère de combat. Le résultat est assez bluffant d’autant que là il leur était impossible de récupérer un hélicoptère en toute discrétion pour le démonter et le reconstruire. Résultat quelques différences notables avec ce Changhe WZ-10 mais au final deux machines qui se ressemblent vraiment beaucoup !

Verrons-nous un jour un Tigre…
… et un WZ-10 s’affronter ?

Bon au bout d’un moment les Chinois ont du se dire que copier Eurocopter, ou actuellement Airbus Helicopters, ça allait vraiment se remarquer d’autant qu’il existe des programmes communs de développement d’appareils nouvelle génération tel le H175 appelé localement Avicopter AC352. Du coup ils sont allé voir du côté de l’Oncle Sam (et non de chez Swann) si l’herbe était plus verte. Il faut dire qu’ils voulaient développer un hélicoptère d’assaut et de transport. Et là encore ils ne sont pas allés bien loin puisqu’ils ont réussi à récupérer un Sikorsky S-70 pour le démonter, l’analyser, et enfin le reconstruire selon leurs propres critères donnant naissance au Harbin Z-20. Hormis les cocardes et codes de nationalité il est difficile de faire la différence entre les deux appareils.

Du Blackhawk…

 

… au Z-20.

Alors bien sûr certains n’hésiteront pas à nous rappeler qu’actuellement en Chine il y a plus d’ingénieurs aéronautiques qu’aux États-Unis et en Europe réunis sauf que bizarrement en ce moment ça ne se voit pas tant que ça. Bien entendu il ne faut pas prendre cet article pour autre chose que ce qu’il est : une étude humoristique et surtout pas une attaque en règle de l’industrie aéronautique chinoise. Évitez également le procès d’intentions sur un éventuel racisme, certains nous ont déjà fait le coup lors de la deuxième édition de la polycopieuse moscovite : on ne l’a pas bien pris et ils ont été immédiatement modérés, définitivement !

 

Publicité

12 COMMENTAIRES

  1. Ah Arnaud, tout ceci n’est que pure coïncidence! Tout comme les pâtés impériaux chinois qui sont des nems vietnamiens à l’échelle 2 voire 3! :o)

  2. Il y a des appareils occidentaux qui se ressemblent fortement aussi. L’A400m est un C17 avec turbopropulseur quoi-que légèrement plus petit. On peut dire aussi que le tigre est fortement inspiré du Agusta A139 mangusta italien et quasi jumeau avec le Denel Ah-2.

    • On ne peut pas franchement dire ça comme ça… Les capacités tactiques de l’A400M sont supérieures à celles du C17, qui lui a une nette supériorité stratégique en terme d’emport et d’allonge. Ce ne sont pas vraiment les même appareils.

      Ceci dit, la grande faiblesse des chinois c’est tout ce qui relève de la motorisation, les corps haute pression, les parties chaudes, l’usinage de ces composants complexes, leur fiabilité, la qualité des matériaux… C’est souvent ce qui explique le déficit de performances par rapport à l’orginale, mais ils progressent. Rome ne s’est pas faite en un jour.

  3. Bonjour Arnaud,
    Merci pour ce billet d’humour. Passion, humour, coup de gueule…continuez ainsi, c’est pour cela qu’on aime ce site.
    A bientôt de lire un nouvel article.

  4. Je vais me faire l’avocat du diable, mais pour le Changhe Z-11, c’est le résultat d’un partenariat avec eurocopter.
    Si les chinois avais voulu copier l’AS350, il ne l’aurait pas fait 20 ans plus tard, surtout que l’élément vendeur de cet appareil est la tête rotor « starflex ».
    Mais ce n’est pas le premier partenariat avec les Chinois que fait eurocopter, le Harbin Z-8 qui n’est rien d’autre qu’un bon vieux super frelon SA321 construit sous licence, puis copié (http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/le-super-frelon-renait-de-ses-cendres-mais-en-chine-04-02-2011-135681_53.php)
    Le H-160 sera assemblé à 100 exemplaires en Chine (https://www.capital.fr/entreprises-marches/airbus-va-fournir-100-helicopteres-a-la-chine-1082248), je n’ais pas retrouvé la source, mais il me semble que le gouvernement Chinois veut se doter de 1000 H-175 pour le public, para public et militaire, mais ça serait Harbin si mes souvenir sont bon.

  5. Un oubli, vous prenez les plans du F-35 suite à un hacking du Pentagone, vous mettez deux Klimov RD-33 et vous obtenez le Shenyang J-31..

  6. Concernant le Z-20, les ingénieurs chinois avait S-70 à domicile.

    Voici l’article que j’ai écrit il y a déjà 5 ans et qu’il faut vraiment que mette à jour sur l’ALAT chinoise :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Aviation_des_forces_terrestres_de_l%27arm%C3%A9e_populaire_de_lib%C3%A9ration

    « 24 Sikorsky S-70 C livrés en 1987. Au moins trois détruits en 2007. Malgré l’embargo occidental sur les armes décidé en 1989, ils sont opérationnels dans les années 2000. Utilisé par le 3e régiment d’aviation de Lhassa. »

    Sinon, je rappelle le Shenyang J-11, copie du Su-27 qui à fait hurler les médias russes mais pas trop les officiels.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom