C’est un véritable évènement tant dans le monde des avions sans pilote que pour l’aviation militaire américaine. L’US Air Force vient d’annoncer avoir procédé au retrait du service opérationnel de ses monomoteurs General Atomics MQ-1 Predator, en service actif depuis près de 23 ans. Une carrière qui peut sembler assez courte mais riche en évènements et en controverses.

En effet dans l’histoire militaire contemporaine peu de systèmes d’armes auront fait couler autant d’encre que les drones General Atomics MQ-1 Predator. Encore trop souvent considéré comme un drone tueur du fait de son emploi, sous couvert de missions de la CIA, dans l’assassinat ciblé de djihadistes et de supposés soutiens du terrorisme mondial en Afghanistan et au Pakistan le Predator souffre d’une très mauvaise réputation.

C’est pourtant oublier bien vite que sa première vocation était, et a été durant toute sa carrière opérationnelle, le recueil du renseignement pour le compte des forces américaines. La capacité d’appui aérien rapproché et d’attaque de précision n’est venue qu’en 2001 et les premiers tirs de missiles antichars AGM-114 Hellfire.

Mais il est vrai que petit à petit le MQ-1 Predator a laissé la place à plus moderne que lui, sous la forme du General Atomics MQ-9 Reaper bien plus polyvalent dans la reconnaissance et l’attaque que son ainé. Pourtant depuis leurs shelters de Creech AFB les télé-pilotes américains continuaient jusqu’à très récemment d’utiliser leurs Predator au-dessus des zones Afghanistan-Pakistan et Irak-Syrie. Aussi bien pour repérer les troupes djihadistes que pour tenter de leur porter un coup fatal !

Pour autant cela ne marque pas la fin du service de tous les Predator, des exemplaires étant en service actif en Italie, au Maroc, et en Turquie. Certaines sources font également état de machines de ce type volant sous couleurs émiraties depuis l’an dernier sans pour autant que l’état-major de ce pays ne confirme clairement l’information.
Dans le même sens l’US Army utilise depuis 2009 le MQ-1C Gray Eagle, une version largement modernisée et adaptée à ses besoins du célèbre drone.

Le General Atomics MQ-1 Predator va donc désormais rejoindre les grands serviteurs du passé de l’US Air Force tels le North American F-86 Sabre Dog, le Boeing B-47 Stratojet, ou encore le Lockheed C-141 Starlifter. Un géant de la jeune histoire des drones militaires tire sa révérence.

Photos © US Department of Defense.

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7 COMMENTAIRES

  1. Il faut dire que ce n’est pas leurs dénominations qui vont améliorer leur réputations. Les noms des deux drones cités ici signifiants prédateur et faucheur. On comprend là qu’ils n’ont pas été conçu pour faire de l’humanitaire.

  2. Cette réputation dans les médias pour le Predator et le Reaper vient du fait qu’en Occident nous avons des médias qui aiment critiquer l’Occident. Si on compare avec ce que nos médias et les médias Russes font de l’intervention Russe en Syrie où, à ce que je sache, aucune victime civile n’a été reconnue même si les Russes ont un arsenal très dépassé en ce qui concerne le bombardement (toujours pas de pod par exemple ou encore des règles d’engagement très libre).

    • Aucune victime civile dans les actions russes en Syrie ? Vous plaisantez ou bien vous vous appelez Vladimir Poutine ? Vous faites quoi des bavures russes ? Comme Sputnik et RT vous les mettez sous le tapis et n’y pensez plus ?

      • Il est bien précisé « aucune victime civile n’a été reconnue » suivit de contres arguments je pense que c’est la com des médias qui est dénoncée, pas le fait que les Russes ont pas tué de civils ça on sait très bien que oui.

  3. C’est assez singulier cette réputation que se traine le Predator, alors que le Reaper a tout autant les « ailes sales » si l’on peut dire 😉 .

    Je me demande, du coup, s’il existe un marché de l’occasion pour ce genre d’appareils. Certes les drones et les systèmes de guidage à distance sont encore des matériels très sensibles, et n’en devient pas acquéreur qui veut, mais je me dis qu’il pourrait y avoir un marché de seconde main, notamment pour les pays utilisant encore ces aéronefs.

    • Là où il y a de l’argent à se faire il y a moyen de vendre tout ce que j’ai à dire (23 ans, c’est pas neuf non plus et je vois pas ce qui empêcherai les US de vendre ces drones à leurs « alliés »)

  4. Bonjour ,le vendre est possible encore faut t’il avoir les compétences techniques et matérielles pour ce type d’appareils , certains alliés n’ont pas été autoriser en n’acquerir , d’autant qu’ils ne partiront pas à la casse ;
    Certains ils iront dans les blacks programmes de la CIA ,NSA DARPA ,
    D’autres pour les forces spéciales en utilisations propres à eux seul et aussi pour les tests d’integrations De nouveaux équipements propres à claques armées US , liaison de données , armement ou reconnaissance .
    Et surtout certains seront cannibalises pour les pièces .
    Donc pas sûr que ce marché existe .

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