Parfois une simple majuscule ou un « s » bien placé peuvent faire toute la différence. Depuis plusieurs semaines j’ai remarqué que la rigueur journalistique n’était pas forcément de mise quand il s’agissait d’aéronautique, et plus particulièrement canadienne. De nombreux auteurs d’articles semblent confondre l’avionneur Bombardier avec le bombardier, cet avion d’arme dont le rôle est de délivrer une charge de bombes au-dessus du champ de bataille. Du coup petit cour de rattrapage à l’attention de ces messieurs dames de la presse généraliste.

Et dans ce cas précis soyons très clair : personne n’est bon. Que ce soit la presse écrite, de droite autant que de gauche, ou encore les chaînes d’information en continue. À croire qu’ils se sont passés le mot pour tomber dans la médiocrité la plus totale.
Oui oui de la médiocrité. Soit si on en croit les éditions Larousse et leur fameux dictionnaire : « Qui est très au-dessous de la moyenne, qui est insuffisant. Qui est sans éclat, sans grand intérêt. » Les journalistes généralistes tombent donc de nouveau dans cette médiocrité confondante que les caractérise dès lors qu’on parle des choses de l’air. Ça me rappelle un coup de gueule de Gaëtan tout ça !!!

Dernier exemple en date de cette médiocrité journalistique : le cas Bombardier. Le récent drame vécu par un avion militaire E-11A américain a mis en lumière les graves méconnaissance des femmes et des hommes censés nous dispenser l’information. Combien de médias français ont écrit des unes du type : « accident d’un bombardier E-11 américain ». Un titre forcément faux puisque l’E-11A est un avion de guerre électronique et non un bombardier. Oubli de majuscule ? Sûrement pas non car ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Donc si jamais un ou plusieurs journalistes venaient à nous lire voilà un petit récapitulatif.

Le mot Bombardier avec une majuscule est un nom propre car c’est une raison sociale, il ne s’accorde donc ni en genre ni en nombre. Le mot bombardier sans majuscule est lui un nom commun et désigne un avion de guerre qui transporte et lance des bombes et le cas échéant des missiles de croisière ; lui s’accorde en genre et en nombre.
Pour mémoire cela s’apprend au CE1, vers 7 ans ! Et vous avez de la chance Bombardier n’a produit aucun bombardier, c’est déjà ça.

Alors pour être sûr que vous nous compreniez bien, rien de mieux que le choc des images après le poids des mots.

Le jet d’affaire Bombardier Challenger 300.
L’avion de ligne Bombardier CRJ 700.
L’avion régional Bombardier Dash 8.
Le jet d’affaire Bombardier Global 5000.
Le jet d’affaire Bombardier Learjet 60.

Voilà pour les avions du constructeur canadien Bombardier. Place désormais à trois célèbres bombardiers de l’aviation américaine.

Les bombardiers stratégiques B-52H Stratofortress, B-1B Lancer, et B-2A Spirit.

Désormais vous comprenez l’importance de la majuscule quand on écrit : « un Bombardier E-11A américain ». Bon si après ça vous n’y arrivez toujours pas, perso je n’y peux plus rien.

Photos © Wikimédia Commons.

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15 COMMENTAIRES

  1. Bien envoyé ! j’espère que tu sera lu par les journalistes en question !
    Merci pour la rapidité de tes articles lorsque un évènement grave ou heureux se produit dans le monde.

  2. Je plains nos amis Canadiens de la région de Montréal ! Je dois avouer avoir lu sur internet un de ces articles et m’être demandé c’est quoi cet avion ? renseignement pris ( merci google ), effectivement c’était bien un Bombardier, mais bon pour les journaleux, du moment que c’est Américain, cela lâche des bombes !

  3. Beaucoup trop de standardisation de l’information chez les journalistes (copier-coller des dépêches sans vérifier, etc.), absence d’esprit critique ou du moins de curiosité, sans doute lié au rythme effréné où ils doivent sortir les informations : cela amène à voir se balader des erreurs grotesques dans la nature malheureusement.

    D’où la tentation de se spécialiser sur un sujet, s’informer soi-même. Merci à des gens comme vous de prendre la peine d’écrire, et d’informer sur votre propre passion qui devient expertise. Continuez !

  4. Eh ben moi je pense que Bombardier a fabriqué un bombardier, Les Dash 8 n’auraient-ils pas une version bombardier d’eau ? On est pas obligé de lâcher des bombes ou des missiles pour être catégorisé dans les bombardiers

    • Ah il faut toujours un troll et c’est vous Philippe qui jouez ce rôle. Et désolé de vous décevoir mais non les bombardiers d’eau ne sont pas des bombardiers au sens strict du terme. Ce sont d’ailleurs généralement des avions civils, à quelques très rares exceptions. Mais bon il faut bien que vous existiez, alors vous trollez.

  5. C’est bien de relever la paille qui est dans l’œil des journalistes, mais pour cela il faudrait ne pas avoir dans le sien la poutre d’une maltraitance assez systématique de l’orthographe dans ce magnifique site pour les passionnés d’aviation. En particulier l’emploi de l’infinitif à la place du participe passé, les accords qui vont avec, sans parler de ceux des adjectifs… La qualité du fond ne saurait aller sans celle de la forme au risque de décrédibiliser l’information diffusée…
    Désolé,m ais ça faisait trop longtemps que je n’en pouvais plus à ce sujet… Au-delà de la critique, s’il faut aider en relisant les articles avant publication , je suis prêt à le faire.

    • Et le propre du troll est de s’enfoncer ! Vous en faites ici la démonstration flagrante, merci Philippe.
      Les ayatollahs de l’orthographe comme vous sont légions, ils savent qu’ils ne peuvent pas nous tacler sur le fond alors ils nous attaquent sur la forme. La vache, je me demandais combien de temps vous tiendriez avant de sortir l’argument imparable du rôle de correcteur. Je suis déçu, vous avez été trop rapide. Du coup crédibilité du gars : zéro puisque vous aussi vous avez fait des fautes d’orthographe sur vos deux commentaires. Quand on reprend les gens aussi bêtement que vous le faites, le tout c’est d’être irréprochable. Ce que vous n’êtes pas Philippe. Dommage.

    •  » La qualité du fond ne saurait aller sans celle de la forme au risque de décrédibiliser l’information diffusée…  »

      Un article ayant une bonne forme mais qui présente une information fausse par négligence ne la rends pas plus crédible…

      En terme de journalisme généraliste, c’est n’est même pas une question de qualité du fond, mais de sa véracité, les exemples d’articles écrits par des journalistes bourré d’approximations et d’erreurs, qu’une simple vérification sur Google aurai pu éviter sont légion.

      Nous sommes donc face à des journalistes qui ne prennent aucune peine de vérifier leurs sources et la véracité de leurs informations, et qui ont ensuite tribune libre pour publier leurs articles sur des media vus de la France entière (et d’autres pays). Mais comme c’est bien écrit et bien conjugué, alors c’est un bon article…

      Etes-vous écrivain ou journaliste ? votre travail est-il d’abord de rapporter une information vraie et vérifiée, ou bien d’écrire des informations possiblement fausses mais bien écrites ?

      Il est plaisant de lire des phrases accrocheuses et bien montées, mais dans ce cas je vais lire un livre. Pour moi, l’important d’un article, c’est l’information qu’il apporte. La façon dont elle est apportée vient en second. Evidemment si on peut avoir les deux, c’est super, mais à choisir je préfère un bon fond qu’une bonne forme, de très loin.

  6. Super article, et m’intéressant à d’autre domaines que l’aéronautique, ce genre d’approximation journalistique se produit partout ! laissant la plupart des auditeurs/lecteurs/téléspectateurs qui connaissent pas le sujet dans le faux.

    Et si les journalistes généralistes laissaient des domaines spécifiques aux journalistes spécialisés, au lieu d’étaler des bêtises qu’ils n’ont même pas pris la peine d’aller vérifier juste sur Wikipedia…

  7. J’ai peur d’ouvrer ma geule! Je suis Irlandais du Nord, et apres plus de 8 ans ici, je suis encore en train de meutre la langue! Je suis completement en d’accord avec vous Arnaud, et c’est pas seulement les Francais qui connais pas leurs sujets. Je parle meiux de j’encrite Francais, mais avec la c’est l’accent, qui cofus tous le monde. Continuée de parle sense Arnaud, et torpiller les trolls, qui tirer ue balle dins (oups – cha chest le ch’ti encore biloute, hein?!) leurs pieds. Desolée ecore pour parler Francais comme un bulldogue manchant une guepe!

    • Toujours heureux de lire un Irlandais, un petit coin d’Europe pour lequel j’ai depuis des années et des années un attachement très personnel. Bravo pour votre français Paul. 🙂

      • Merci Arnaud. Maintenant le France est chez moi. J’ai enconntré une Chtimie seductrice sur FB, et sur notre anniversaire de mariage 9 avril, j’aller envoyer la demande pour naturalisation francaise. C’est peut’etre pas parfait ici, mais avec le politics d’irlande et le UK, je prefer a d’etre francais. Quand je suis un gamin mes reves sont apropos volaint les Spits ou Hurris, et au’jourd’hui ils sont apropos D 520s, ou Nieuports. Slainté (santé). Bon apèro. Après un peu plus de huit ans d’apprentissage en français « basique », dans les 59, depuis la mi-novembre il est temps de confondre les bretons, à Vannes, et en espérant voir plus d’activité aérienne sur le Morbihan.

  8. J’ai eu du mal à comprendre à la lecture du titre ! Des journalistes confondent des BOMBARDIERS avec des AVIONS BONBARDIER* … heu c’est pas la même chose ? Arnaud fait peut référence aux bombardiers et au chasseur bombardier (autrement dit omnirôle / multirôle) ?

    Et non, à la lecture de l’article, c’est bien la marque et le type d’avions que certaines personnes confondent visiblement. O_O
    Cela titille ma curiosité, quelqu’un aurez t il un exemple d’un tel article ?
    Et ne pourrait on pas dire à ces personnes qu’il y a des BOMBARDIER qui roulent sur des railles ? !

    * certes, le S qui manque aurait du m’alerter.

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