Cinq ans après la réception du premier exemplaire français l’Airbus Defense & Space A400M Atlas n’en finit pas de rajouter des cordes à son arc. De manière particulièrement discrète et modeste l’Armée de l’Air a réalisé en ce mois d’octobre 2018 une série d’essais permettant de valider l’emploi de l’avion-cargo européen depuis des pistes en herbe. C’est depuis le méconnu Détachement Air 278 d’Ambérieu-en-Bugey que cette série d’atterrissages et de décollages a été réalisée. Désormais donc le quadrimoteur à turbopropulseurs est encore un peu plus «tout terrains».

On le savait apte à se poser sur des terrains particulièrement sommaires comme les pistes africaines il pourra donc désormais opérer sur des pistes en herbe. Et contrairement à ce que beaucoup de néophytes peuvent penser, ce n’est pas une technique plus aisée que les sables et gravillons de l’opération Barkhane car une piste en herbe peut très rapidement se gorger d’eau et donc se transformer en véritable terrain de glissade. Le principe bien connu des automobilistes de l’aquaplaning, sauf qu’ici on parle d’un avion de transport. Mais les conséquences peuvent être tout aussi périlleuses.

Fort heureusement les essais menés par l’Armée de l’Air sur les 800 mètres de la piste herbeuse 02/20 du Détachement Air 278 se sont déroulés par temps clair et sans pluie. Il faut dire que le département de l’Ain, où se situe Ambérieu-en-Bugey connait actuellement un état de sécheresse inquiétant. Les équipages d’A400M Atlas, mais également les femmes et les hommes du détachement du 25ème Régiment du Génie de l’Air, ont ainsi parfaitement pu vérifier que l’avion et la piste étaient compatibles avec ce type d’atterrissages et de décollages. Ensuite il ne leur restait plus qu’à le démontrer à l’usage !

Mais alors pourquoi utiliser un avion-cargo tactique et/ou pré-stratégique comme l’A400M Atlas sur des pistes en herbe ? Le concept de guerre centre-Europe est mort depuis plus d’un quart de siècle et donc on peut raisonnablement se poser la question. En fait l’utilisation de telles pistes semble plutôt dévolue aux exercices et manœuvres interarmes ou bien aux opérations humanitaires dans des zones touchées par des catastrophes naturelles comme l’ouragan Irma l’an dernier aux Antilles française. De ce fait les A400M français pourraient opérer depuis des terrains d’aviation habituellement destinés aux aéroclubs et dont les infrastructures plus légères pourraient être moins impactées que des aérogares plus modernes.

La preuve en est que nos aviateurs ne se reposent pas sur leurs lauriers et cherchent sans arrêt à augmenter les capacités opérationnelles de leur nouveau camion volant.
N’empêche que ça doit surprendre de voir atterrir un Atlas dans une prairie…

Photos © Armée de l’Air.

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5 COMMENTAIRES

    • Oui Massaguel sauf que vous abordez le cas du constructeur alors que l’article parle d’un client, en l’objet l’Armée de l’Air. Les procédures sont forcément différentes.

    • Bonjour Asix Rafale si vous relisez bien cela à déjà été relevé avant vous et j’avais répondu à Massaguel qu’il s’agissait d’essais par le constructeur et non par l’Armée de l’Air. Du coup je vous refais la même réponse.

      À qui le tour ?

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