Cette fois le programme du remplacement à venir des Sikorsky CH-53G Stallion est bel et bien lancé en Allemagne. Le Bundeswehr annonce avoir présélectionné deux modèles d’hélicoptères, tous deux américains, afin de satisfaire aux exigences de la Luftwaffe. Une décision dictée par l’urgence qui de ce fait exclut définitivement une participation européenne au marché, puisque ni Airbus Helicopters ni Leonardo ne possède d’hélicoptère lourd dans son catalogue. Le gouvernement fédéral table sur une livraison des premières nouvelles machines d’ici deux ans, fin 2020.

Pour mémoire ce sont soixante-six CH-53G Stallion qui sont aujourd’hui en service dans les rangs de la Luftwaffe. Ces hélicoptères remplissent aussi bien des missions de transport lourd que de recherches et sauvetages au combat. Rappelons qu’avant janvier 2013 ces gros appareils volaient au sein de la Heersflieger, l’aviation de l’armée allemande. À l’origine ils avaient été acheté en juin 1968 afin de remplacer les Piasecki CH-21 et Sikorsky UH-34 alors en dotation.

Désormais c’est donc lui qui est sur la sellette. Et pour le remplacer deux machines sont en compétition : le Boeing Vertol CH-47F Chinook et le Sikorsky CH-53K King Stallion. Cependant aux yeux de beaucoup d’observateurs ce second hélicoptère a toutes les chances d’être sélectionné. Actuellement en cours de déploiement dans les unités de l’US Marines Corps pour qui il a été initialement conçu le King Stallion est actuellement ce qui se fait de mieux en matière d’hélicoptère lourd, un véritable concentré de technologie et de savoir-faire en la matière. Mais surtout depuis quelques mois Lockheed-Martin, maison-mère de Sikorsky, réalise une opération de séduction à destination des décideurs civils et militaires allemands.
Et un facteur est souvent souligné en Allemagne : en 1968 le Chinook, alors en version CH-47B, avait perdu face au CH-53 Stallion. Ce qui ne fait pas vraiment de lui un favori.

Mais surtout ce marché signe définitivement un échec : celui de l’industrie aéronautique européenne. Que ce soit Airbus Helicopters ou Leonardo aucun des deux grands hélicoptéristes ne construit de machine pouvant satisfaire aux exigences allemandes. L’AW.101 Merlin et le H225M Caracal sont largement trop légers. Et ils sont les plus gros appareils de chacun des deux industriels.

La décision finale de Berlin sera connu dans le courant de l’année prochaine, et les premières livraisons attendues pour le second semestre de 2020. Ce marché est annoncé aux alentours de cinq milliards et demi d’euros pour entre cinquante-cinq et soixante-cinq hélicoptères. Au niveau tarifaire il faut savoir que le CH-53K est annoncé environ 80% plus onéreux à l’unité que le CH-47F. Reste à savoir si cela permettra d’influencer les Allemands en direction du birotor. Pas sûr en fait… réponse dans quelques semaines.

Photo © Lockheed-Martin.

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1 COMMENTAIRE

  1. Un échec de l’industrie aéronautique européenne est une conclusion hâtive car pour lancer une nouvelle machine, il faut qu’il soit possible d’en vendre assez et les besoins européens sont faibles pour un hélicoptère de cette taille ainsi que les prospects d’exportation.

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