Réelle volonté industrielle et politique de relancer un secteur industriel moribond ou bien énième coup de bluff de la propagande d’état ? La question mérite d’être posée quand on connait un peu le rapport malsain qui existe entre la république islamique et son industrie aéronautique. Toujours est-il que le pouvoir iranien a annoncé très officiellement le lancement de la production en série de l’avion de combat HESA Kowsar. Une machine qui présente bien plus que des similitudes avec la version biplace du célèbre Northrop F-5 Freedom Fighter américain. Il faut dire que l’Iran avait acquis ce modèle au début des années 1970, c’est à dire avant la chute du shah.

Beaucoup d’aérophiles ont en mémoire en effet le ridicule Qaher 313 présenté par la propagande d’état iranienne comme équivalent aux meilleurs chasseurs américains et européens, et de surcroit totalement furtif. Sauf que l’avion n’était qu’une maquette à l’échelle 1 assemblée de bric et de broc.
Du coup ce Kowsar est-il plus ou moins crédible ? En fait les deux.

Clairement l’Iran a les compétences et les capacités pour développer et construire ses propres aéronefs, nous en avons la preuve avec le chasseur HESA Saeqeh construit en petite série et actuellement en service dans le pays. Mais est-ce que pour autant ce Kowsar est vraiment un chasseur de quatrième génération comme l’annonce très officiellement la presse étatique iranienne, personnellement j’en ai des doutes.

Il semblerait plutôt qu’il soit à classer dans la catégorie de ce que les anglo-saxons appellent des lead-in fighters. C’est à dire des chasseurs légers d’entraînement avancé, conçus en partie sur le principe des Agressors américains. Pourquoi en venir à une telle déduction ?
Simplement parce que l’avion tient beaucoup plus du vieux Northrop F-5B Freedom Fighter que de toute autre machine. Et surtout que l’Iran n’aurait aucun intérêt à aligner réellement cet avion face aux avions les plus modernes du moment : ceux de l’US Air Force toujours considérée comme l’ennemi juré !

Alors indubitablement se pose la question du nombre. Combien de ces Kowsar seront ou pourront être construits ? Plusieurs experts estiment que si l’Iran réussit à en construire entre vingt et vingt-cinq ce sera déjà une belle réussite.
Pour autant pas de quoi inverser l’équilibre des forces dans la région.

Photo © BBC.

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