L’action opérationnelle du plus récent des avions de combat américains est définitivement désormais une réalité. Depuis le début de ce mois de décembre 2018 des Lockheed-Martin F-35B Lightning II déployés à bord de l’USS Essex participent à la sécurisation de la région du Golfe. Aux côtes des avions de combat embarqués sur le porte-avions USS John C Stennis ils réalisent des missions de protection de la paix et de stabilisation aux abords de la très stratégique mer d’Oman. Et à chacune de ces missions les avions de combat de l’US Navy et de l’US Marines Corps sont armés.

Appontage d’un MV-22B Osprey sur le pont de l’USS Essex.

Pour mémoire la mer d’Oman (aussi parfois appelée mer d’Arabie) est un espace maritime vaste et très important stratégiquement autant qu’économiquement parlant. D’est en ouest elle va de l’Inde à la Somalie et on retrouve sur sa partie nord les côtes d’Oman, du Pakistan, ou encore du Yémen. Autant dire que le trafic maritime international y est particulièrement dense, notamment avec les super-tankers chargés de pétrole à destination de l’Amérique du nord et de l’Europe. Mais surtout cette mer de 3.6 millions de km² (contre «seulement» 2.5 millions pour la Méditerranée) est fréquentée très régulièrement par des hordes de pirates plus ou moins affiliés au terrorisme islamiste.
Autant dire que l’US Navy s’y sent comme chez elle !

Et ce n’est donc pas pour rien si l’état-major de la marine américaine a déployé dans la région deux de ses plus puissants bâtiments avec l’USS John C. Stennis et l’USS Essex.
On retrouve à bord du premier les quatre-vingt-dix avions et hélicoptères du Carrier Air Wing 9. Ceux-ci sont principalement les avions de combat multirôles Boeing F/A-18E/F Super Hornet des escadrons VFA 14 Tophatters, VFA 41 Black Aces, VFA 97 Warhawks, et VFA 151 Vigilantes. Ils sont directement soutenus au combat par les avions de guerre électronique Boeing EA-18G Growler de l’escadron VAQ 133 Wizzards, les avions de guet aérien Northrop-Grumman E-2D Hawkeye de l’escadron VAW 117 Wallbangers, et les avions de transport et de soutien Grumman C-2(R) Greyhound de l’escadron VRC 30 Providers.
À bord du géant des mers la composante voilure tournante du Wing est composée des escadrons HSC 14 Chargers évoluant sur Sikorsky MH-60S Knighthawk et HSM 71 Raptors volant de son côté sur Sikorsky MH-60R Seahawk.

Growler et Super Hornet sur le pont de l’USS John C. Stennis. Au fond le destroyer USS Decatur.

Forcément on retrouve (beaucoup) moins d’aéronefs à bord de l’USS Essex. Hormis les six Lockheed-Martin F-35B Lightning II de l’escadron VMFA 211 Bastion Defenders y sont embarqués douze convertiplanes de transport Bell-Boeing MV-22B Osprey appartenant à l’escadron VMM 166 Seaelk.
Des hélicoptères de combat Bell AH-1Z Viper, d’appui rapproché UH-1Y Venom, et de transport Sikorsky CH-53E Super Stallion complètent ce déploiement à bord à hauteur d’un total de douze voilures tournantes.

Ils sont accompagnés de divers bâtiment d’assistance et/ou de protection comme pèle-mêle le destroyer USS Decatur, le croiseur lance-missile USS Mobile Bay, ou bien encore le navire de soutien USS Anchorage. Et à bord de tous se trouvent des hélicoptères embarqués.

Un F-35B Lightning II se prépare à décoller du pont de l’USS Essex.

Mais alors à quoi peut bien servir un tel déploiement de force ? En premier lieu à montrer la puissance de feu américaine et en second lieu la détermination (ou supposée telle) de l’administration Trump à continuer de disposer de moyens de coercitions vis à vis de ceux qui voudraient en découdre avec ses intérêts. En fait les avions de combat embarqués sur ces deux navires représentent surtout une capacité de réaction très rapide dans la région en cas de nécessité.
Il faut savoir que si l’Iran ne borde pas la mer d’Oman ses côtes n’en sont pas franchement éloignées. Or les relations entre ce pays et les États-Unis se sont considérablement tendues depuis la fin de l’administration Obama. Donald Trump pointe souvent du doigt la république islamique comme étant le pire ennemi de l’Amérique actuelle. Déployer de ce fait un porte-avions et un porte-aéronefs à portée de son espace aérien n’a rien d’anodin.

Alors officiellement bien sûr les Lightning II et Super Hornet servent surtout à stabiliser la région, représentant une menace claire et indiscutable pour les factions djihadistes qui pullulent entre la Somalie et le Yémen. Ils pourraient également, en renfort des hélicoptères Seahawk apporter une puissance de feu non négligeable face à des navires pratiquant la piraterie maritime dans cette immense mer.
Ils doivent également participer début 2019 à une série de manœuvre avec l’Indian Navy.

Lightning II et Super Hornet volant de conserve, une patrouille encore peu commune.

En gros et même si Donald Trump prétend le contraire dans un de ses récents tweets l’Amérique continue à jouer à son jeu favori : le gendarme du monde. Autrement il faut bien trouver une occupation aux femmes et aux hommes vivant à bord des navires de la marine américaine.

Photos © US Navy

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12 COMMENTAIRES

  1. J’imagine que sur la troisième photo d’illustration, le pod que l’on voit en ventral sous le F-35 est le canon ?
    Je ne sais pas si c’est une illusion ou une ombre, mais au-dessus de l’entrée d’air, légèrement en retrait, on devine une ouverture…
    Malgré toutes les critiques (justifiées ou non, ce n’est pas le propos) c’est une sacrée machine qui entre en service aux sein du Marines Corps. Ça doit les changer des Harrier …. 😉

    • Oui les modèles B & C dépendent entierement du pod externe (+220 obus de 25′) contrairement au A (+ 180 obus).
      Que cela change du Harrier tout le monde est d’accord sur cela. Le débat est sur ce que cela a couté pour en arriver là: $$$ ainsi que affaiblissement voir destructions des capacités aéronautiques de plusieurs pays « alliés ».

  2. Ce qui me choque le plus c’est que de base il n’y a que la version A qui a été conçu avec le canon en interne. Les versions B et C doivent emporter un pod externe pour en jouir (4 secondes de tir) quitte à dégrader son aérodynamisme (donc augmentation de consommation) et sa furtivité passive. Drôle de conception. J’ai l’impression que l’armée américaine revient 50 ans en arrière quand ils avaient rajoutés un pod canon de 20mm à leurs F-4 phantom II première génération. Et encore à cette époque on ne se souciait pas du concept de furtivité.

    • Oui, ça rappelle que ce débat qui a encore lieu de nos jours… À juste titre car les engagements au canon entre deux chasseurs sont désormais rarissimes. L’évolution (et les stats) du combat aérien sur les 50 dernières années sont riches d’enseignement à ce propos.
      Le canon peut se voir comme une assurance-vie : on espère ne pas avoir besoin d’en faire usage, sinon ça signifie que la mission s’est barrée en cacahuètes…
      Oui, le clin d’oeil de la cocarde sur le capot relevé de la soufflante est sympa 😉

      • Déjà au Viet Nam, les américains avaient finit par se dire que le canon était inutile. ça leur a couté cher et ils ont étés contraint a rééquiper leurs appareils de canon. Aujourd’hui l’armée se pose encore une fois la même question. Les missiles ont tellement été développés que le canon n’a plus d’utilité. Certes. Mais sait-t-on jamais, si un conflit de grande ampleur éclatait, si celui ci ne retrouverait pas une utilité circonstancielle. Ne serait-ce pas reproduire l’erreur du Viet Nam que de l’enlever a nouveau ?

        • Votre propos à mon encontre a évidemment été modéré, je pense que vous n’en serez pas surpris Eowya. Il fut un temps où vous aviez des commentaires argumentés mais ça c’était avant, désormais vous n’êtes plus que dans l’attaque ad-hominem et dans le trolling pur jus. Du coup retour vers la case modération pour la majorité de vos commentaires.

      • Après les attentats du 11 septembre, les avions étaient plutôt armés avec les caissons de munitions des canons pleins qu’avec des missiles AA. Afin de mieux contrôler la destruction en cas de force majeure d’un avion de transport civil; destruction des réacteurs pour limiter les débris tombants. Heureux que cela n’a pas été nécessaire..

    • Ainsi que les marques de bombes sur la trappe du train avant ! Au-delà du coup de com d’il y a quelques semaines, les F35 de la VMFA-211 n’ont donc pas frappé qu’une seule fois l’Afghanistan.

      Ceci mis à part, l’ancienne cocarde US est l’emblème d’unité de l’ancien VMA-211 (ils ont gagné le F dans l’acronyme avec la capacité air-air du F35), on le retrouvait systématiquement sur le nez de leurs Harriers, mais force est de constater que ces frivolités n’ont plus cours avec les F35B ;).
      Un Harrier pour illustrer : https://farm8.staticflickr.com/7578/16344901015_9e0a763e07_c.jpg

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