Les passionnés d’aviation que nous sommes toutes et tous ici se demandent souvent comment finissent les avions militaires que nous aimons tant. Si certains ont la chance de trouver une retraite bien méritée dans un musée ou au sein d’une collection privée d’autre en revanche terminent tristement leur carrière sous les mâchoires d’acier des ferrailleurs. Une petite minorité a également pour fin de servir de cible aux pilotes des autres avions ou bien aux artilleurs et tankistes. Tel fut récemment le cas d’un ancien Dassault Mirage F1-CE appartenant à l’Ejército del Aire.

Une fraction de seconde avant l’impact…

À la limite il s’agit d’une fin honorable pour un avion ou un hélicoptère militaire de terminer percé d’impacts de canons et/ou de mitrailleuses ou bien pulvérisé par une bombe guidée ou un missile air-sol. Le jeudi 13 décembre 2018 c’est ainsi qu’un des quarante-cinq ex-Mirage F1-CE espagnols a fini sa carrière. Il a été l’objet du tir d’un missile AGM-65 Maverick de facture américaine lancé depuis un McDonnell-Douglas F/A-18A Hornet également l’Ejército del Aire. Évidemment le pilote espagnol a fait coup au but. Ainsi s’achevait la carrière de ce vieux soldat volant.

En fait se servir d’engins déclassés pour la formation ou en l’entraînement en continue des militaires est un concept remontant bien avant l’invention de l’aviation. Déjà sous l’Ancien Régime les artilleurs français n’hésitaient pas à viser des pièces d’artilleries prises à l’ennemi ou bien encore de simples chariots. Avec l’avènement de l’arme aérienne les chariots se sont transformés en automobiles, camions, véhicules blindés, et bien entendu aéronefs.
Ainsi par exemple en France d’anciens hélicoptères Bell 47 ou Sikorsky S-58 ont ainsi été tirés comme des lapins (immobiles les lapins en question !!!) jusque dans les années 1990 sur les champs de tir de l’Armée de l’Air et/ou de l’ALAT. En même temps que de vieux blindés  comme les AMX-13, AMX-50 ou encore, AML. Aujourd’hui ils ont été remplacé par des AMX-30 ou encore des les plus anciennes versions des camions GBC.

… et la fraction de seconde d’après !

Pour mémoire les Espagnols possèdent encore une quinzaine de vieux Mirage F1 monos et biplaces. De quoi faire encore quelques beaux feux d’artifice… et garantir du travail pour les démineurs de l’Ejército del Aire.

Photos © Ejército del Aire

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5 COMMENTAIRES

  1. Pas banal sous nos latitudes !
    Ce F1 avait l’air d’avoir déjà bien souffert, éclopé et sans dérive qu’il était, l’achever de la sorte était un acte de charité.
    Par contre, le quad a disparu dans le nuage de l’explosion, peut-être a-t-il été laissé un poil trop proche ?… 😀

    Petite vidéo d’un F18 espagnol tirant un Maverick début Décembre, vraisemblablement au même endroit (on reconnait cette longue piste en terre) : https://www.youtube.com/watch?v=p4hXfsOJDlE

  2. Tous ces aéronefs, étudiés par les meilleurs ingénieurs, construits et entretenus avec soin, essentiellement constitués de matériaux nobles et coûteux ne devraient pas être « tout simplement » détruits. Les pilotes et mécaniciens ont développé un « lien affectif » avec ces machines.
    Les idées ne manquent pas pour le recyclage. La plupart des pièces pourraient être utilisées pour la fabrication d’autres objets utilitaires moins sophistiqués, pour des objets de décoration, des bijoux (exemple des montres Bristol).
    Je trouve que c’est une triste fin que de terminer sous un missile autrement que pour défendre des valeurs ou une idéologie.

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