Une page se tourne dans l’aventure aéronautique canadienne. Après cinquante-cinq années de bons et loyaux services le dernier Sikorsky CH-124 Sea King a quitté le service actif ce lundi 17 décembre 2018. La dernière unité à voler dessus était le 443ème Escadron d’Hélicoptères Maritimes sis sur l’île de Vancouver en bordure de l’océan Pacifique. Une riche carrière qui a vu cet hélicoptère évoluer de la stricte lutte anti-sous-marine à plusieurs rôles très différents.

À l’origine en 1963 cet hélicoptère (alors ultramoderne) est entré en service en tant que Sikorsky CHSS-2 Sea King. Il n’a pris sa célèbre désignation de CH-124 Sea King que cinq années plus tard.
Et cette machine fut de toutes les missions anti-sous-marines durant la guerre froide, traquant les sous-marins soviétiques qui se hasardaient un peu trop près des côtes canadiennes en faisant route vers les limites des eaux américaines. À tel point même qu’ils s’étaient faits une véritable spécialité de cette pourchasse des submersibles ennemis, devenant même un adversaire redouté des équipages de ces derniers bâtiments.

Une fois l’Union Soviétique effondrée et la menace passée il fallut bien leur trouver de nouveaux rôles. Et ce fut logiquement, à l’instar par exemple des Aérospatiale SA.321 Super Frelon français, dans la mission de recherche et sauvetage à longue distance que cette seconde vie s’incarna. Sans pour autant que ces gros hélicoptères ne perdent leurs capacités offensives ! Que ce soit sur les côtes atlantiques ou pacifiques, par temps calme autant que par grosse mer les Sikorsky CH-124 Sea King prenaient les airs pour aller secourir les marins, plaisanciers, ou véliplanchistes en difficulté.
Il leur arrivait même parfois de participer à des opérations de police aux côtés de forces alliées.

Comme toute machine de guerre il s’est à un moment avéré que le Sikorsky CH-124 Sea King allait devenir obsolète et c’est vers le CH-148 Cyclone que les responsables canadiens se sont tournés. Un hélicoptère dernier cri dont la mise au point aura été longue et semée d’embûches, au point de devoir rallonger la carrière des grands anciens. Mais durant quelques semaines les deux modèles réussirent à servir ensembles… c’est désormais fini.
Gageons que dans les semaines ou mois à venir ces vénérables hélicoptères vont rejoindre divers musées aéronautiques plutôt que les mâchoires d’acier des ferrailleurs. On aimerait même qu’un d’entre-eux traverse l’Atlantique et vienne enrichir les collection du Bourget ou de Dax.

Photo © Aviation Royale Canadienne.

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1 COMMENTAIRE

  1. Les Sikorsky CH-124 Sea King laisseront un souvenir intarissable pour les marins et aviateurs canadiens. Certains prendront avec honneur le chemin des musées à l’exception du Sea King SK404 surnommé « Persian Pig » lors de sa participation à la guerre du golfe persique 1990-1991.

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