Pour le moins ces militaires français ont eu un début d’année 2019 encore bien chargé. Au cours de ce mois de janvier les femmes et les hommes de l’Armée de l’Air ont été engagés dans une série d’exercices baptisée Marathon-Manfreid et visant à éprouver autant les corps que les machines aux vols de longue distance. Cela a notamment été l’occasion du premier déploiement ultramarin de l’Airbus A330MRTT Phénix, le nouveau ravitailleur en vol français. Les objectifs de l’exercice étaient Djibouti et La Réunion.

Rafale au-dessus d’un décor typiquement djiboutien.

La première phase intervenu le mardi 8 janvier a concerné les Forces Aériennes Stratégiques. Partis de la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier trois Dassault Aviation Rafale B ont été rapidement rejoints par un Boeing C-135FR. Ce vénérable quadriréacteur de ravitaillement en vol avait décollé de son antre de la Base Aérienne 125 d’Istres.
Les trois avions de combat de l’Escadron de Chasse 1/4 Gascogne se sont ravitaillés au total quatre fois durant ces huit heures de vol nécessaires afin de couvrir les 5500 kilomètres qui séparent la France de la corne de l’Afrique.

Cet exercice a permis aux équipages de Rafale de simuler deux types différents de raids aériens de longue distance. Le premier consiste en un entraînement pour la composante nucléaire aéroportée. Pour autant ces avions n’emportaient évidemment pas de missile ASMP-A, ni même de maquette simulant cette arme de destruction massive.
Le second consiste en la préparation et l’exécution d’une mission de frappe longue distance sur une théâtre d’opération classé en haute densité. C’est exactement ce type de raid qu’avait mené l’Armée de l’Air lors de la première action de guerre contre les groupes terroristes armés au Mali en 2013.

Quelques jours plus tard deux des trois jets de combat biréacteurs français ont quitté la Base Aérienne 188 de Djibouti pour rejoindre le Détachement Air 181 de Saint-Denis. Le trajet entre la corne de l’Afrique et La Réunion s’est fait d’une traite, à l’aide de bidons de carburant.

C’était là la deuxième phase de Marathon-Manfreid. Car de métropole les a rejoint le mardi 15 janvier le nouveau biréacteur de ravitaillement en vol Airbus A330 MRTT Phénix, premier du genre dans l’Armée de l’Air. Un vol sans escale qui aura duré un peu moins de onze heures.
Depuis l’île ce nouvel avion a ravitaillé les avions de combat de l’Escadron de Chasse 1/4 Gascogne. Enfin le jeudi 17 janvier le Phénix accompagné des Rafale a repris le chemin de la métropole. Et là encore l’exercice n’était pas terminé.

Car la polyvalence de cet avion de nouvelle génération n’est pas un mythe. Lors de son transit de retour il accueillait 55 passagers et un peu moins de trois tonnes de fret sur palettes. Mais surtout il était en capacité de ravitailler en vol, et il ne s’en est pas privé. Quinze tonnes de carburant (sur un total emporté d’un peu plus de quatre-vingt-seize) ont ainsi été transféré aux deux Rafale.
Bien entendu ce vol s’est déroulé sans encombre.

Phénix et Rafale, une image qui va devenir très vite très commune en France.

L’intérêt de Marathon-Manfreid aura notamment été de valider l’emploi du Phénix depuis La Réunion tout en s’assurant que les équipages de Rafale des FAS soient toujours aussi efficaces dans les vols à long rayon d’action. Il en va évidemment de la sécurité de notre pays en matière de dissuasion nucléaire.

Photos © Armée de l’Air.

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4 COMMENTAIRES

  1. Bonsoir,
    J’ai vu atterrir deux Rafale et un ravitailleur Airbus 330 à St-Denis. Ils sont tous repartis deux jours après. Dans votre article vous semblez écrire, j’ai peut -être mal compris, que l’Airbus était arrivé après.

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