C’est une bonne semaine qui vient de s’achever pour la branche défense de l’avionneur américain Boeing. L’US Department Of Defense vient de donner ce jeudi 28 février 2019 son feu vert pour la fourniture de l’avion de patrouille maritime P-8A Poseidon aux forces néo-zélandaises et sud-coréennes. Il s’agit au total de dix avions, quatre pour la première et six pour la seconde. Et dans les deux cas il s’agira de remplacer le même type d’avion : le Lockheed P-3 Orion, une machine datée de la guerre froide.

La Royal New Zealand Air Force espère recevoir ses deux premiers avions entre fin 2021 et début 2022 pour une pleine dotation opérationnelle à la mi-2024. À cette époque les quatre Boeing P-8A Poseidon seront les seuls avions d’armes en service dans ce pays, la Nouvelle-Zélande ayant fait le choix d’un désarmement massif depuis plusieurs années maintenant.
Il ne lui reste plus que des avions et hélicoptères armés destinés à la défense de son important espace maritime.
Le programme d’achat des biréacteurs avait été discuté entre Boeing et le gouvernement néo-zélandais entre juin 2016 et mai 2017.

En Corée c’est la Republic Of Korea Navy, l’aéronavale, qui mettra en œuvre les six avions commandés. Ceux-ci sont attendus un peu plus tard que les précédents. Ils ne remplaceront pas la totalité des seize P-3 Orion en dotation mais juste les huit P-3C acquis au milieu des années 1990 et fort peu modernisés depuis. Les P-3B rachetés d’occasion à l’US Navy il y a une dizaine d’années et transformés au standard P-3CK ne seront eux pas retirés du service après l’arrivée en dotation des P-8A Poseidon.
Avec les récurrentes menaces chinoises, nord-coréennes voire russes, ces avions seront avant tout en charge des missions de lutte anti-sous-marine.

Dix avions confirmés dans la même semaine c’est une très bonne nouvelle pour les employés autant que pour les actionnaires de Boeing. Surtout cela confirme la très bonne santé du P-8 Poseidon. Il faut dire qu’en l’absence d’une concurrence européenne voire même chinoise ou russe le biréacteur dérivé de l’avion de ligne 737-800 est seul sur ce marché de la patmar. Boeing peut donc envisager l’avenir sereinement.
Les avions de surveillance maritime dérivés de jets d’affaire ne lui font aucune ombre, ils n’évoluent simplement pas sur le même segment de marché.

Photo © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud,
    Bonne nouvelle effectivement pour Boeing… et effectivement, les autres avionneurs brillent par leur absence.

    si cela n’a pas déjà été fait, j’ai une petite idée d’article : quelles sont les différences de doctrine d’emploi ASM entre un avion de PATMAR « traditionel » (ATL2, P3 Orion…) qui travaille plutôt lentement au ras de l’eau, et ces nouveaux bireacteurs (P8 Poseido, Kawasaki P1…) qui volent vite et haut ? Comment vont-il trouver et tracker les sous-marins ?

    Encore merci pour tous tes excellents articles

  2. Il me semble qu’Aibus propose sa solution concurrente au P-8 Poseidon avec son A320 Maritime Patrol Aircraft. Il y a également la solution pratiquée en Italie de transformer des ATR en patrouilleur maritime.
    Note le Kawasaki P1 est un quadriréacteur et non un biréacteur.

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