Il n’y a pas que dans le domaine de l’aviation de combat que les Indiens tentent de se moderniser. Fin février l’état-major de l’Indian Air Force a officiellement reconnu s’intéresser de près au nouvel avion de transport tactique d’Antonov : l’An-132. Le programme pourrait concerner jusqu’à soixante avions et résulte des très bonnes relations diplomatiques entre l’Inde et l’Ukraine. Ces avions permettraient de remplacer les plus anciens des Antonov An-32 actuellement en dotation, ceux n’ayant pas été transformés au standard An-32RE.

Pour mémoire l’An-132 a été développé par Antonov avec l’aide de capitaux mais aussi d’ingénieurs saoudiens afin de permettre une percée sur des marchés plus internationaux. Avec ce nouvel avion l’Ukraine vise clairement les clients occidentaux ainsi que le monde arabo-musulman. Pour autant l’Inde s’est déclarée en faveur de lui.

Les médias indiens ont aussi souligné que l’Indian Air Force est déjà engagé sur la voie de l’Airbus Defense & Space C-295. Mais cet avion, qui pourrait être produit localement par la branche aéronautique du géant Tata, est destiné en fait à la succession d’un autre avion. C’est en effet les vieux Hawker-Siddeley HS-748 que devront remplacer les avions européens. Les Antonov An-132 eux ne seront concernés que par les An-32 et rien d’autre.

Mais surtout cet intérêt pour l’avion ukrainien est une très mauvaise, pour ne pas dire une horrible, nouvelle pour la Russie. En effet Moscou comptait sur l’Inde comme client de lancement à l’export de son futur Ilyushin Il-276, un biréacteur de la même classe que l’Embraer KC-390 brésilien mais dont le programme est beaucoup plus en retard.
Trop d’ailleurs aux yeux de bon nombre de généraux indiens qui verraient d’un bon œil l’abandon définitif de la participation indienne.
Le premier vol de cet avion russe, prévu initialement pour 2020 a d’ores et déjà été reporté à 2023 au plus tôt. Ce qui recule d’autant l’entrée en service des premiers avions de série.

Antonov pourrait donc tirer son épingle du jeu et bénéficier de ces retards pour imposer son An-132 qui lui vole déjà depuis près de deux ans. L’Indian Air Force deviendrait le deuxième client de l’avion après la Royal Saudi Air Force qui attend son premier exemplaire pour cette année.

Photo © AFP

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