Si vous passez par la côte est des États-Unis et qu’au-dessus de votre tête vous croyez voir voler des avions de combat russe ça ne veut pas dire que Moscou tentera une nouvelle provocation. Simplement vous viendrez d’apercevoir un des avions de l’escadron VFC-12, certainement la plus originale des unités d’Agressors de l’US Navy. Ses McDonnell-Douglas F/A-18 Hornet portent en effet des livrées qui pourraient aisément les faire passer pour des Sukhoi de la famille Flanker. Ça tombe bien, c’est fait exprès !

Un F/A-18B croisé avec un Su-30 ? Ça donne un Sukhoi Hornet !

Avec cet escadron VFC-12 inutile d’espérer croiser des Northrop F-5E Tiger II hors d’âge maquillés comme les «MiG-28» du film Top Gun ! Cette unité aligne effectivement des chasseurs biréacteurs mais ce sont là des McDonnell-Douglas F/A-18A/B/C Hornet. Avec le retrait de ces avions de la premier ligne dans l’aéronavale américaine seule désormais cette unité peut permettre de voir des «Legacy Hornet» sur le pont d’un porte-avions américain. En effet tous les pilotes de l’unité conservent leur qualification à l’appontage et il n’est pas si rare que ça de voir un de ces Hornet sur un bâtiment croisant en Atlantique nord.

Ou comment pousser le détail très loin ?

Si ce n’est que par rapport aux autres avions embarqués de l’aéronavale des États-Unis ces F/A-18 Hornet détonnent. Et pour cause : ils ressemblent étrangement aux meilleurs chasseurs en service en Russie : Sukhoi Su-27, Su-30, et même Su-35. Excusez du peu. Bon en même temps quand on veut simuler l’ennemi ce n’est pas la peine de lésiner sur les moyens. Et force est de constater que niveau peinture les mécanos américains se sont éclatés.
Même à Hollywood ils ne feraient pas aussi bien.

Petite particularité de l’escadron VFC-12 ses monoplaces F/A-18A Hornet ont été portés au standard F/A-18A+ avec un radar AN/APG-73 en lieu et place de l’AN/APG-65 d’origine. Autre particularité, même si des monoplaces F/A-18C existent dans l’unité les seuls biplaces actuellement en dotation sont des F/A-18B… dotés eux de l’AN/APG-65. On n’est pas à un paradoxe près chez les Agressors de la côte est.

Et dire qu’actuellement ils sont sollicités n’est pas une vue de l’esprit. Avec la multiplication des interceptions d’avions russes au-dessus de l’Atlantique nord ou bien à proximité des côtes européennes les pilotes de l’escadron VFC-12 ont plus que doublé leur nombre d’heures de vol entre 2016 et 2018. Désormais même l’US Air Force fait appel à eux pour aider à former leurs pilotes. Il faut dire que les femmes et les hommes de cette unité de l’aéronavale ont littéralement décortiqué les procédures de vol des pilotes russes. Sans le savoir à chaque fois qu’ils survolaient un navire de guerre américain ou bien européen les aviateurs envoyés par Moscou offraient de la matière aux personnels du VFC-12. On pourrait appeler cela un retour de bâton.

Un souci du détail totalement bluffant.

De ce fait aujourd’hui même si elle n’est pas la plus connue des unités d’Agressors l’escadron VFC-12 est certainement celle qui aligne des avions simulant le mieux les appareils de combat russes que les marins américains pourraient rencontrer. Et pour des passionnés d’aviation comme nous ses avions sont un rêve de décoration, les maquettistes doivent eux-aussi sans doute apprécier ces machines hautes en couleurs.

Photos © Keypublishing.

Publicité

13 COMMENTAIRES

  1. Bel article!
    Je ne comprends pas trop l’intérêt de « En effet tous les pilotes de l’unité conservent leur qualification à l’appontage et il n’est pas si rare que ça de voir un de ces Hornet sur un bâtiment croisant en Atlantique nord. » Pourquoi donc continuer à investir dans cette qualification (coûteuse) pour un avion et même un type d’avion qui ne fera plus jamais rien en opération sur un porte-avions? Est-ce pour garder l’esprit de corps?
    Si quelqu’un sait ou a une théorie, n’hésitez pas à la partager.

  2. Est-ce qu’ils poussent le réalisme à apprendre à parler russe ? Sur la radio, un Russe parlant en Anglais, ça doit être folklo à entendre – au point qu’un peu d’entrainement lors des interceptions avec le VFC-12 ne serait probablement pas de trop 😛

    • Déjà les touristes russes à Paris qui essayent de parler anglais ou français c’est un cauchemard alors dans une radio d’avion de chasse, ça doit etre super drole.

        • On va peut-être arrêter là les appréciations des uns et des autres sur les facultés supposées ou réelles de telle ou telle nationalité à parler une langue étrangère car c’est hors-sujet et totalement inintéressant !

  3. Bien,au contraire car les russes sont archis doues pour les langues étrangères eux c’est pas le cas des francais qui sont à la traîne dans ce domaine et la risée des touristes.et savent écrire sans fautes de français s’il vous plaît!. arrêtons de pratiquer le franglais et apprenons déjà à dire Lidl, Kelly et Kenny tout simplement car prononcer ces 3 mots à un anglais ils ne vont pas vous comprendre.

    • Juste un truc Souliko comme ça en passant. Si vous voulez donner des leçons de français à qui que ce soit évitez de votre côté de faire autant de fautes. Sans rire ça pique les yeux de vous lire.

  4. Ceci dit voir des F-18 servir dans l’aéronavale russe serait intéressant!

    Bien que je doute que les usa soit prêt à vendre du matériel à la Russie, mais bon les usa emploient bien des avions d’origine russe, donc qui sait!

  5. Étant fan de la BD Buck Danny, le numéro 44 était consacré aux Agressors. C’est l’un des meilleurs épisodes de la série.

    • Ouiiii, avec Joe « Bronsky » le faux transfuge et son Mig-29, en effet, c’était un bon épisode.
      Cependant les Agressors que l’on y voyait représentés volaient avant tout sur montures ex-soviétiques et des F5 (dont celui de Tumb abattu par un Aim-9 tiré depuis le Mig-29, un comble !!).

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom