Le moins qu’on puisse dire c’est que l’US Navy ne fait pas les choses à moitié en mer d’Arabie. Depuis que Donald Trump a annoncé déployer au large de l’Iran des forces aériennes et navales conséquentes la marine américaine a pris sa menace au pied de la lettre. Résultat c’est actuellement rien moins qu’une dizaine de navires de guerre américains qui sont sur zone, le tout articulés autour du porte-avions USS Abraham Lincoln et du porte-aéronefs USS Kearsarge. Au total ce sont donc plus de 120 avions et hélicoptères américains qui se trouvent actuellement, sans compter ceux de l’US Air Force.

Les USS Abraham Lincoln et Kearsarge naviguant de conserve en mer d’Arabie.

Pour autant l’US Navy joue une certaine retenue vis à vis de l’Iran. Aucun de ses principaux navires de guerre n’a franchi le détroit d’Ormuz. Dans le même temps l’USS Abraham Lincoln et l’USS Kearsarge demeurent à bonne distance des eaux territoriales de la république islamique. Pour autant leurs aéronefs embarqués, Boeing F/A-18E/F Super Hornet et EA-18G Growler pour le premier et McDonnell-Douglas AV-8B Harrier II pour le second, enchaînent les sorties. De jours comme de nuit les avions de combat américains mènent des missions de patrouille au plus près de l’espace aérien iranien, sans cependant jamais le violer.

Et l’aéronavale américaine n’a jusqu’à présent jamais rencontré l’aviation iranienne. En fait on a l’impression que le bras de fer entre Washington et Téhéran est bien plus diplomatique et politique que réellement militaire. La marine américaine gesticule en mer d’Arabie, fait des vagues (au sens propre autant que figuré) et brûle le carburant de ses aéronefs mais au final sans que cela ne change rien à la situation. La marine et les gardes-côtes iraniens contrôlent toujours, logiquement, le détroit et n’empêchent pas les quelques navires battant pavillon américains à le franchir.

Les opérations du quotidien se poursuivent à bord du porte-avions américain.

Néanmoins les vols des Northrop-Grumman E-2D Hawkeye ont lieu 24 heures sur 24. Les AWACS embarqués sur l’USS Abraham Lincoln ne faiblissent pas, et opèrent presque plus que les autres modèles d’avions. Le besoin de renseignement est permanent pour les marins américains. Même si honnêtement on se demande bien si tout cela à un sens.

Photos © US Navy.

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6 COMMENTAIRES

  1. J’ai l’impression que les États-Unis sont bien plus grande gueule qu’autre chose. Déjà il y a deux ans, Trump menaçait de « feu et fureur » la Corée du Nord. Quelques mois plus tard, plus rien.
    Là ils menacent de mettre une « fin officiel a l’Iran ». Ce sont quand même des mots forts. Dans l’histoire on ne sais plus qui est la nation la plus dangereuse. Les USA renforcent leurs pressions sur l’Iran pour le forcer à modifier des accords et traités. Et leurs meilleur manière c’est d’envoyer un porte-avion et quelques bombardiers pour montrer les muscles. Et si l’Iran ne plie pas c’est quoi la suite ? Attaque sous fausse bannière ?

    • De mémoire, il me semble que Trump menaçait la CdN de « feu et fureur » si (!!!) cette dernière s’attaquait à la CdS ou au E-U. C’est bien différent d’une promesse gratuite.
      En ce qui concerne l’Iran, il me semble pas avoir lu que Trump ou les E-U aient dit qu’ils allaient finir officiellement l’Iran sans une condition plus ou moins raisonnable.

      Par contre sur le fond je suis d’accord avec vous. OK les E-U font de la posture militaires … mais l’Iran fait le parie (je pense gagnant) qu’il n’y aura pas de guerre. En d’autre termes, cette posture ne changera selon moi rien au résultat.

  2. Je ne te savais pas aussi critique envers les américains Arnaud, qu’est-ce qui te permet de qualifier cela de gesticulations? Les iraniens sont un danger pour l’occident, Trump a raison de leur mettre le paquet. Tu t’aligne sur Macron ou quoi maintenant?

    • La technique de négociation de Trump est de menacer et montrer les muscles mais maintenant elle est connue mais dans ce cas en utilisant des armes de guerre cela peu déraper.

  3. Comme je le pressentais lors des précédents articles sur le déploiement de l’Abraham Lincoln et des 4 B-52H, du vu, revu, et déjà vu. En Corée du Nord naguère, situation similaire : exercices vigoureux, déploiement massif, Tweets vindicatifs, on craint une escalade… et pschitt !… Un sommet avec Kim plus tard (qui peut-être n’aurait pas eu lieu sans ces tensions), le soufflé est retombé. Heureusement d’ailleurs.

    Le duo classique de la « diplomatie militaire » américaine (groupe aéronaval + bombardiers lourds) est donc en position, prêt à agir, réalise des missions de routine sur zone pour faire acte de présence et maintenir les personnels alertes (en plus de l’adversaire sous pression), mais ne nous y trompons pas : la technique du contre-pied devenue habituelle avec Trump (Tweete une chose, fait monter la sauce, puis fait son contraire ensuite) prévaudra à mon sens. Heureusement d’ailleurs (encore).

    D’où le terme « gesticulations » on ne peut mieux choisi, Dutertre, car en l’occurrence la Navy fait des ronds dans l’eau et les avions US brassent du vent. C’est être objectif que de constater cela, nul besoin d’en faire grief d’ordre politique ou personnel au rédacteur 😉 .

  4. Gesticulations certes … mais pas seulement.

    La dissuasion conventionnelle n’est pas une vue de l’esprit et elle reste un usage fréquent et fort utile de la puissance militaire lorsqu’on en dispose comme les USA.
    La question réelle n’a jamais été de savoir si une entrée en guerre était sur le point de subvenir … les USA ne rentreront pas en guerre contre l’Iran (ou la Chine …) sans que ne survienne d’abord un évènement fort justifiant officiellement cette guerre. Cette nécessité n’a rien à voir avec le droit international, c’est uniquement une question de politique intérieure US (surtout pour le cas de l’Iran … nation sur laquelle on éduque les enfants américains en rappelant à loisir l’attaque terrible de l’ambassade US de Téhéran).

    Par contre, il y a une question d’autorité et la capacité à menacer d’escalade une force venant exercer une influence stratégique potentielle sur une région extrêmement sensibles. Car le détroit d’Ormuz ce n’est pas la Mer de Chine, c’est bien plus sensible pour les USA que les ilots artificiels chinois. Il s’agit de maintenir la libre circulation et donc de faire prédominer la doctrine économique et culturelle souhaitée.

    La message américain est ici très clair : Si les iraniens entravent ne serait ce qu’un peu la libre circulation du détroit … il y aura une action militaire immédiate et unilatérale des forces armées US pour punir les forces impliquées (qui auront de fait renié les traités internationaux).

    On parle souvent du vrai courage américain après les menaces plus ou moins délirantes du « mad men » Trump …. voyons si l’Iran de son côté à quelque chose dans la culotte et ose agir sur le détroit. Quand on se rappelle comment les iraniens ont paniqué après le 11/09, promettant sur tous les canaux à Washington qu’ils n’y étaient pour rien … je crois qu’on a une réponse assez certaine. On va avoir un joli statu quo …. sauf si quelqu’un fait l’imbécile sans réflechir.

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