On pensait que le gouvernement allemand allait moderniser ces quadrimoteurs, finalement c’est l’option du retrait du service qui est adoptée. Ce mercredi 17 juin 2020 le Bundeswehr a annoncé que d’ici cinq ans les huit avions de patrouille maritime Lockheed P-3C Orion quitteront les rangs du Marineflieger. Dans le même temps Berlin fait savoir qu’il examine les avions de trois constructeurs différents : Airbus DS, Boeing, et Leonardo. C’est la capacité de lutte anti-sous-marine qui fera la différence entre les avionneurs en question.

Achetés de seconde main en 2006 les huit Lockheed P-3C Orion appartiennent au Marinefliegergeschwader 3. Et en 2025 quand ils quitteront le service ils n’auront donc que dix-neuf de service sous la cocarde allemande. Cela peut paraître faible mais il ne faut pas oublier qu’avant cela ils avaient volé entre 1982 et 2005 pour le compte de la Marineluchtvaartdienst, l’aéronavale néerlandaise.
En 2025 ces quadrimoteurs accuseront donc tout de même plus de quarante ans de service actif.

Et pour les remplacer le Bundeswehr compte acquérir des avions neufs, comme du temps des Breguet Br.1150 Atlantic que les P-3C Orion remplacèrent. Trois assez différents les uns des autres vont donc se retrouver en compétition : l’Airbus DS C295MPA, le Boeing P-8A Poseidon, et enfin le Leonardo ATR-72MPA. Deux bimoteurs à turbopropulseurs et un biréacteurs.
Bien entendu ces trois avions ne sont pas au même prix, l’appareil américain étant à l’unité bien plus onéreux que les deux modèles européens.

En fait actuellement l’Allemagne a avant tout besoin d’un avion capable de protéger son littoral contre les risques sous-marins et la pollution marine. À la différence de la Marine Nationale, de la Royal Navy, et de l’US Navy le Marineflieger mène peu de missions en dehors de la zone géographique nationale. Or justement c’est la lutte anti-sous-marine qui risque de faire la différence entre les trois avions. Le P-8 Poseidon est évidemment totalement adapté à cela, sans doute bien plus encore que les ATR-72MPA et C295MPA. Sauf que ces deux derniers modèles ont su s’adapter grâce notamment à l’ajout d’un détecteur d’anomalies magnétiques ou encore à l’emport de torpilles de nouvelles générations.

Lockheed P-3C Orion aux couleurs allemandes.

Le gouvernement fédéral allemand compte également prendre attache avec deux de ses voisins : le Danemark et la France. Depuis plusieurs mois les autorités de Berlin cherchent un moyen de mutualiser ce type de moyen au sein d’une structure européenne. Cependant il n’est pas sûr que les orientations allemandes et françaises soient similaires dans ce domaine.

Photos © Bundeswehr.

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