Que les habituels adeptes du bashing anti-américains calment tout de suite leurs ardeurs il n’est ici nullement question de placer le chasseur multirôle furtif Lockheed-Martin F-35 Lightning II. L’administration Trump a développé un programme d’assistance militaire à destination de pays disposant encore de matériels ex-soviétiques dans leurs arsenaux. Sont en ligne de mire les camions, véhicules blindés, et hélicoptères militaires en service dans les rangs de cinq petites forces européennes. Nommé ECAP, pour European Recapitalization Incentive Program, il est piloté par le Pentagone.

Il s’agit en fait autant de couper l’herbe sous le pied des Européens que de placer un peu plus l’industrie américaine d’armement auprès de ces cinq pays : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine du nord, et Slovaquie. Elles sont toutes très différentes les unes des autres. Les forces aériennes croates et slovaques sont les seules des trois à disposer d’une composante de chasse. Et toutes n’appartiennent pas à des organismes internationaux, hors de l’ONU.
La Croatie et la Slovaquie (encore elles) sont membres de l’OTAN et de l’Union Européenne, tandis que l’Albanie appartient a la première et demande depuis plusieurs mois à rejoindre la seconde. La Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du nord ont toutes les deux fait la demande de rejoindre l’OTAN mais pas encore l’UE.

En fait un des rares points communs dans ces pays, au niveau militaire, en 2019 réside dans un modèle d’hélicoptère : le Mil Mi-8/Mi-17. Cette robuste machine de transport et d’assaut sert en fait depuis les années 1980 et date de l’époque où ces pays étaient placés sous le joug de Moscou. Or fautes de pièces de rechanges accessibles à des prix convenables beaucoup sont souvent cloués au sol. C’est le cas des deux Mi-8 albanais qui ne volent plus du tout depuis l’automne 2015. Il faut dire que les relations diplomatiques entre chacun de ces cinq pays et la Russie n’est pas forcément actuellement au beau fixe. On peut même dire que depuis l’accession au pouvoir du duo Medvedev-Poutine elles se sont sensiblement tendues avec l’Albanie, la Croatie, et la Slovaquie.

Pour palier à cet état de fait l’administration Trump a décidé de débloquer une enveloppe de 170 millions d’euros. Le programme ECAP vise donc à la « recapitalisation européenne ». De la novlangue pour dire que les Américains visent à remplacer les Mi-8/Mi-17 Hip par des hélicoptères de facture locale. Le Sikorsky UH-60 Blackhawk semble le plus prometteur compétiteur même s’il ne faut pas rayer d’un trait le toujours très concurrentiel Bell 412.

En fait on sent bien que le Pentagone tient à prendre de vitesse les constructeurs européens Airbus Helicopters et Leonardo sur ce petit mais finalement juteux marché. Ce qui n’est en fait pas forcément gagné pour Washington. En effet l’Albanie aligne déjà six Eurocopter AS.532UL Cougar dont elle est très heureuse, et qu’elle aimerait agrémenté de machines nouvelle. On sait que depuis fin 2017 le gouvernement bosniaque négocie avec l’Allemagne l’achat de dix à douze Airbus Helicopters H215 Super Puma.

Il semble pourtant que l’administration américain actuelle soit prête dans un futur proche à augmenter l’enveloppe alloué au programme ECAP. Non pas que le Pentagone veuille augmenter les subventions apportées aux bénéficiaires mais plutôt en trouver de nouveaux. On parle notamment de la Bulgarie, l’Estonie, la Géorgie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Tchéquie voire carrément de l’Ukraine ! Un dernier pays qui risquerait de faire grincer quelques dents à Moscou. Chaque forces aériennes de ces pays aligne en effet des avions de servitude ou des hélicoptères de transport de facture ex-soviétique qui faut remplacer… avant Airbus Helicopters et Leonardo.

Photo © Keypublishing.

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4 COMMENTAIRES

  1. C’est un modèle d’économie libérale planifiée étatique, modèle dont l’Europe devrait s’inspirer, elle est trop souvent dogmatique et coincée.
    Blagues à part, l’ultra libéralisme se sert de l’outil étatique sans complexes pour faire avancer ses intérêts,surtout quand il est aux manettes.

    • Vous ne trouvez pas que vous exagérez un petit peu Dimitri en comparant cela à un « mini plan Marshall » ? Pour mémoire le Pentagone met moins de 200 millions d’euros sur la table, ça serait alors plutôt un « nano plan Marshall ». 😉

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