Quatre mois et demi que le porte-avions USS Abraham Lincoln fait des ronds dans l’eau au large des côtes iraniennes et la tension ne semble jamais avoir été aussi élevée que depuis quelques jours. Après la double attaque au drone contre les forages pétroliers saoudiens d’Abqaïq et de Khurais revendiquée par la résistance houtie mais attribuée par Washington à Téhéran l’US Navy a relevé son niveau d’alerte. Dans le même temps les autorités iraniennes annoncent qu’elles riposteront avec force à toute opération militaire des États-Unis. La crise est à son paroxysme.

L’US Navy sort les crocs.

Désormais donc les avions de surveillance et de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon opèrent donc au plus près du détroit d’Ormuz. Leurs équipages n’hésitent plus à flirter avec l’espace aérien iranien sans pour autant jamais le violer. Les marins américains ont sans doute encore en mémoire l’amère mésaventure de leur drone Northrop-Grumman MQ-4C Triton. On ignore actuellement si de tels avions sans pilote sont encore déployés dans la région par l’aéronavale américaine.

Mais c’est surtout depuis le pont d’envol du porte-avions USS Abraham Lincoln que se joue la partie militaire de la crise. Et dire qu’il y a peu on se demandait si ce navire avait encore une quelconque forme d’utilité à se trouver dans les eaux de la mer d’Arabie. Les attaques houties du samedi 14 septembre 2019 ont rebattu totalement les cartes et clairement redonné toute légitimité à l’US Navy pour demeurer dans cette zone ô combien sensible. Les services de renseignement des États-Unis mais aussi de plusieurs pays alliés y voient en fait clairement la marque du régime iranien. Selon la CIA les Houtis n’ont pas les moyens technologiques de mettre en œuvre une telle attaque coordonnée avec des drones contre l’Arabie-Saoudite.
Alors dans cette histoire l’Iran est t-elle un coupable idéal ou bien un bouc-émissaire tout désigné ? On ne le saura sans doute jamais, mais ces attaques de drones sont tombées au meilleur moment pour les Américains.

Les vénérables Grumman C-2A(R) Greyhound sont également de la partie.

Désormais donc les chasseurs multi-rôles embarqués Boeing F/A-18E/F Super Hornet et avion de guerre électronique EA-18G Growler décollent les ailes chargées de munitions… bonnes de guerre. Bombes guidées GBU-12 et GBU-31 JDAM, missiles anti-radar, et missiles air-air : tout est bon pour montrer aux Iraniens que l’Amérique est prête à sa guerre. De jour comme de nuit les Northrop-Grumman E-2D Hawkeye de leur côté veillent sur le porte-avions et ses navires d’accompagnement. Les hélicoptères quant à eux font les rotations nécessaires au ravitaillement par VERTREP de ce géant des mers.
Et sous les mers les deux sous-marins de classe Los Angeles protègent également mais renseignent aussi.

Jusqu’à présent aucun accrochage avec la (pourtant redoutée) chasse iranienne. On pourrait croire que le régime islamiste joue l’apaisement, il n’en est rien. Mais à la provocation militaire il préfère répondre par les menaces et la provocation diplomatique. Sans doute est-ce moins dangereux pour son aviation que d’affronter en direct un porte-avions américain et tous ses aéronefs.

Boeing F/A-18F Super Hornet en mode nounou.

On est en droit désormais de se demander si ce n’est pas là l’origine d’une série de frappes aériennes ordonnée par le gouvernement américain contre l’Iran. L’US Navy semble plus que jamais sur le pied de guerre.

Photos © US Navy.

 

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6 COMMENTAIRES

  1. je crains aussi que les états unis aillent larguer des bombes sur l’iran, même si après le coup de la frappe annulé à la dernière minutes on peut-être en droit de garder quelques réserve sur cet agitation dans la région :/

    • par contre l’iran a un truc que n’a pas forcément les états-unis, le pouvoir de lâcher les fauves des milices chiite pour foutre le bordel dans la région pour les 20 prochaines années et la c’est à Trump de jouer sur ce point et de peser le pour et le contre dans ce merdier

  2. Et l’Arabie Saoudite dans tout sa, a t’elle mis son aviation en état d’alerte ? Car dans l’histoire c’est son territoire qui est touché par ces attaques et non le territoire américain et pourtant on a l’impression que c’est cette dernière qui s’excite dans tout les sens a attendre la bagarre.

  3. Je trouve cette attaque de drone particulièrement bien opportune ??? Quels sont les états qui disposent de cette technologie dans la région? Je suis pas un adepte des théories du complot, mais là j’avoue être très très troublé, hausse du pétrole, instabilité dans la région, à qui profite ces attaques??

  4. Qu’on se rassure, il n’y aura absolument rien AVANT les élections US. Et puis soyons réalistes: L’Iran n’est pas l’Irak ni la Syrie… ça fait réfléchir un peu plus. Quand à l’A.S, ce royaume rétrograde générateur de terrorisme claque des milliards et n’a aucune défense AA des ses sites sensibles… ça en dit long sur l’intelligence de ses dirigeants, et sur son avenir…

  5. C’est une jolie (ou vilaine…) partie d’échecs qui se joue dans cette région.
    Les dirigeants Iraniens ont besoin de victoires militaires pour « tenir » la population écrasée par les sanctions économiques.
    Ils ont dans leur collimateur Israël et l’Arabie Saoudite mais ont besoin d’un prétexte pour lancer une attaque lourde (nucléaire ??).
    Les pays occidentaux le savent bien mais ne peuvent pas leur donner ce prétexte tant qu’ils ne sont pas certaine de pouvoir les neutraliser à coup sur.
    Je menace le détroit d’Ormuz (Iraniens) pour provoquer une réaction occidentale qui donnerait un bon prétexte.
    Donc j’avance un pion que je me fais prendre (drone américain abattu) pour tester la détermination et les moyens Iraniens.
    Je simule une attaque de grande envergure (Américains), annulée au dernier moment pour tester les systèmes de défense.
    Je lance une attaque mineure (Iraniens) sur les outils saoudiens pour tester la détermination et les moyens de défense adverses. (les occidentaux et leurs alliés perdent encore une pièce), et tenter de déclencher le fameux prétexte.
    On pourrait penser qu’il y a déjà 2 à 0 pour l’Iran, mais comme dans une partie d’échecs, il faut savoir sacrifier quelques pièces pour préserver son objectif final.
    Le plus gros centre de production… Toutes les défenses tournées vers le sud… Quand la plus grosse menace est au Nord Est…
    Chacun cache ses cartes en essayant de voir celles de l’autre.
    L’Iran ce n’est pas un conflit asymétrique comme tous les derniers en date. Celui qui va les attaquer fera face à un pays déterminé puissant et bien armé.
    Donc soit victoire en trois jours (neutralisation des sites de lancement de missiles, neutralisation des défenses, neutralisation de l’aviation) soit conflit de haute intensité avec de très lourdes pertes des deux côtés type WW1 et WW2.
    Il vaudrait mieux ne pas trop se tromper….

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