C’est un peu la réponse du berger à la bergère. Ce mardi 19 novembre 2019 le porte-avions français Charles de Gaulle en opérations en Méditerranée a reçu la visite d’une délégation officielle américaine articulée autour du contre-amiral William J. Houston, actuel numéro 2 de la 6ème flotte de l’US Navy. Des échanges qui ont permis de confronter les différences mais également les points communs entre les deux aéronavales. Ce genre de visite n’est finalement pas si rare, c’est le rang du visiteur américain qui la rend assez exceptionnelle.

L’ambassadeur de France aux États-Unis (sur la gauche de l’image) visite l’USS John C. Stennis.

Mais au fait pourquoi un tel officier américain à bord du porte-avions français ? Tout simplement parce que quelques jours auparavant l’ambassadeur de France aux États-Unis, monsieur Philippe Étienne avait réalisé une visite similaire sur un navire du même genre. Le mardi 8 octobre 2019 le diplomate français s’était rendu sur la base navale américaine de Norfolk et avait pu visiter le porte-avions USS John C. Stennis. Un déplacement qui avait été pris comme une marque de confiance et d’amitié très forte par l’US Navy.
Celle-ci comptait bien rendre la pareille a sa consœur européenne.

Arrivé sur le navire français par hélicoptère le contre-amiral Houston a pu s’entretenir avec les officiers du bord. C’est le pacha lui-même qui a servi de guide à l’officier général américain. L’occasion d’ailleurs pour William J. Houston de s’asseoir dans le cockpit d’un Dassault Aviation Rafale M, une situation très inhabituelle pour lui qui ne vient pas du milieu aéronavale.
En effet le contre-amiral américain a fait toute sa carrière sous les océans. Il était sous-marinier, et a notamment commandé en second le submersible nucléaire lanceur d’engins USS Tennessee puis commandé en chef le submersible nucléaire d’attaque USS Hampton. Le porte-avions n’est donc à priori pas le type de bâtiment sur lequel il est le plus à l’aise.

Image rare : un sous-marinier américain dans un cockpit d’avion de chasse français.

Parmi les officiers qui l’accompagnaient on retrouvait par contre plusieurs membres de l’aéronavale américaine qui ont pu constater que les procédures d’utilisations du Grumman E-2C Hawkeye dans la Marine Nationale sont très proches des leurs. Enfin dans la mesure de ce que nos marins ont eu le droit de montrer, certains process demeurant classés secret-défense.

Comme souvent dans ces cas là les marins américains ont été surpris par la taille réelle du Charles de Gaulle, bien plus petit que leurs porte-avions. Pour autant de nombreux membres de l’US Navy louent les qualités du Rafale M qu’ils estiment très polyvalent malgré sa petitesse. Il faut dire que par rapport au F/A-18E Super Hornet le biréacteur français est considéré quasiment comme un chasseur léger. Alors qu’en fait il est juste un peu plus compacte.

Activité presque normale à bord du Charles de Gaulle, si ce n’est la présence américaine.

Si les visites de ce genre ressemblent beaucoup à de la courtoisie, à des rapports de bon voisinage, elles sont essentielles à la compréhension mutuelle entre alliés. Et surtout elles permettent de poser des bases solides en matière de doctrine. N’oublions pas que le lien entre les aéronavales américaines et françaises sont très fort, les jeunes pilotes de Rafale M se forment en effet aux États-Unis sur McDonnell-Douglas T-45C Goshawk.

Photos © Marine Nationale & US Navy.

 

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