L’information nous a été révélée par les grands médias généralistes nippons. En l’espace de 24 heures, entre ce mercredi 18 et ce jeudi 19 décembre 2019 au matin deux avions de ligne construits par Boeing ont été obligés de réaliser des atterrissages d’urgence sur des aéroports japonais. Alors que l’avionneur américain vit actuellement une de ses pires crises de défiance ce genre de faits est particulièrement mauvais pour l’image auprès du public. Alors qu’en fait il s’agit de deux incidents isolés.

Tout a donc commencé ce mercredi 18 décembre 2019 peu avant 9 heures 45 du matin quand le vol UA137 de la compagnie américaine United Airlines a prévenu le contrôle aérien japonais d’un problème sur le volet d’une de ses ailes. Il restait bloqué et obligeait le pilote à compenser en permanence pour éviter de perdre trop rapidement de l’altitude. Ce Boeing 737-800, immatriculé N37281 réalisait un vol régulier entre l’aéroport «américain» de Guam et celui de Nagoya au Japon.

Immédiatement le trafic aérien sur ce dernier a été dérouté et la piste 16/34 close en attente de l’avion de ligne. Les services de secours de l’aéroport l’attendaient de pied ferme, avec véhicules anti-incendies et ambulance en conséquence. Il faut dire que le Boeing 737-800 transportait 106 passagers et membres d’équipage.
Finalement à 10 heures 00 le pilote a réussi à poser son biréacteur sans trop d’encombres, avec une distance d’atterrissage relativement rallongée. Toutes les personnes à bord ont été évacuées par les toboggans d’urgence tandis que les soldats du feu veillaient. Aucun incendie ne s’est déclaré.

C’est la seconde fois en quelques jours que cet avion précisément était victime d’un incident de ce type. Ce samedi 14 décembre 2019 sur un vol retour Nagoya-Guam son équipage annonça une difficulté identique mais réussit à la compenser sans avoir à poser l’avion en urgence. Les autorités japonaises ont décidé d’immobiliser le Boeing 737-800 américain et d’en aviser l’ambassade des États-Unis ainsi que l’avionneur.
Il ne semble cependant pas que l’incident soit lié aux problèmes récemment découverts sur plusieurs 737-800.

Les contrôleurs aériens japonais auraient pu souffler un gros ouf de soulagement. Mais c’était compter sans cette satanée loi des séries. Car moins de 24 heures plus tard c’est un vol de la compagnie locale All Nippon Airways qui faisait parler de lui.

Le Boeing 767-300ER immatriculé JA606A (voir la photo en une d’article) venait de décoller à 9 heures 38 de l’aéroport de Fukuoka pour un vol intérieur vers celui de Tokyo avec 278 passagers et membres d’équipage à son bord. C’est alors que le commandant de bord a signalé une grave avarie sur le réacteur numéro 2. L’avion se trouvait alors à 2000 pieds. Immédiatement il a été pris la décision de le ramener au sol et de l’évacuer.

Le pilote a alors amorcé un demi-tour sur l’aile afin de permettre l’atterrissage d’urgence, informant minute par minute aussi bien la tour de contrôle que ses passagers. En cabine les personnels navigants commerciaux les rassuraient tout en rappelant les procédures d’urgence dans un pareil cas.
Là encore au sol les services de secours se tenaient prêts, en bordure de piste.

Le pilote a réussi finalement à poser son avion à 9 heures 52. Aussitôt le gros biréacteur immobilisé les pompiers aéroportuaires sont intervenus. Ils ont noyé le réacteur General Electric CF6 sous des centaines de litres de mousse.
Une enquête a été demandée par l’aviation civile japonaise, et là encore le constructeur doit y participer.

Même si ces deux incidents sont isolés l’un par rapport à l’autre ils rajoutent du stress inutile aux passagers. Ils ont lieu pile au moment où le scandale des 737 Max a jeté le discrédit sur les avionneurs vis à vis des passagers. Et Boeing au passage est égratigné un peu plus.

Photo © Wikimédia Commons.

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Il suffit d’étudier les stats d’accidents depuis deux décennies, par exemple sur 1001crashes.com (drôle de nom mais bon site) pour voir que Boeing est loin devant Airbus en nombre de crashes, bien que je ne m’en réjouisse pas non plus !

    • Vous nous excuserez Palou mais je pense que notre petite rédaction bénévole ainsi que nos lecteurs n’ont pas forcément l’obsession assez morbide d’aller « étudier les stats d’accidents depuis deux décennies ». Nous relevons ici juste un fait.

      • Bonjour Arnaud rien de morbide et pas de reproche non plus par rapport à cet article, je relève juste qu’Airbus semble bien plus sûr que Boeing depuis déjà longtemps.

  2. Palou,
    un peu d’honnêteté intellectuelle ne fait pas de mal, vous auriez pu noter que si Boeing est loin devant Airbus en nombre de crashes, c’est peut-être aussi parce qu’il y’a plus de Boeing que d’Airbus qui volent chaque jour et depuis plus longtemps.
    Pour exemple, en 1969-70, Airbus n’existait même pas dans les rêves les plus fous des européens que le Boeing 707 s’était déjà écrasé 10 ou 15 fois,…
    Mais ne vous inquiétez pas, d’ici 20 ou 30 ans, quand il y’ aurai plus d’Airbus que de Boeing (et ça arrivera très vite, vu le succès de l’A320), nul doute que le nombre de crash d’airbus va augmenter en flèche, soyez en certain.

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