Les soucis s’accumulent pour l’avionneur de Boeing. Depuis environ trois semaines une trentaine d’avions de ligne Boeing 737-700 et 737-800 étaient interdits de vols au Brésil, en Corée du sud, et aux États-Unis. On apprend désormais que ce sont une cinquantaine de machines qui sont concernés également en Australie, en raison de graves fissures découverte au niveau de l’emplanture des ailes. Pour autant cela n’a rien à voir avec le scandale lié au 737 Max et à son logiciel MCAS.

En fait tout découle d’une découverte faite début octobre par des équipes de Boeing sur des 737-800 en cours de conversion au standard 737-800BCF. Des fissures plus ou moins conséquentes sur une pièce de l’emplanture nommée la fourchette à cornichons (j’avoue avoir appris ce terme en réalisant cet article) durant la dépose de la voilure. Pour mémoire l’emplanture supporte les forces de l’aile sur le fuselage, c’est donc un élément essentiel de l’avion.
La Federal Aviation Administration, qui rappelons-le gère toute la partie administrative de l’aéronautique aux États-Unis, a alors ordonné une inspection de tous les Boeing 737NG ayant accumulé plus de 30 000 cycles de vol. Une mesure jugée excessive par certains responsables de l’avionneur américain.

Les Boeing 737-600, -700, -800, et -900 sont donc concernés à partir du moment où ils ont atteint ce niveau. Sauf que la semaine dernière la compagnie aérienne australienne Qantas a annoncé avoir découverte de telles fissures sur un de ses Boeing 737-800 n’ayant accumulé «que» 27 000 cycles de vol. Autant dire que les compteurs sont remis à zéro et que la FAA va devoir revoir sa copie si elle veut garantir la sécurité des vols.

En parallèle l’US Department of Defense se dit préoccupé par cette affaire.
C’est en effet un utilisateur très important de ces Boeing 737NG. Et ce au travers des C-40 Clipper qui assurent le soutien logistique et le transport d’autorités dans les rangs de l’US Air Force et l’US Navy ou encore au sein de cette dernière la patrouille maritime avec les P-8 Poseidon. Les militaires américains observent donc de très près cette mini-crise en devenir.
Sans compter qu’à l’export le 737NG est également à la base de l’AWACS de nouvelle génération E-7 Wedgetail récemment commandé par la Royal Air Force.

Un peu partout dans le monde désormais des compagnies aériennes engagent des procédures d’inspections de leurs Boeing 737NG. Pour autant beaucoup se veulent rassurantes comme Southwest Airlines aux États-Unis, un des principaux transporteurs évoluant sur 737NG, qui n’a repéré que des fissures mineures sur deux de ses machines.
Il s’agit en fait de ne pas créer plus de malaise autour du célèbre monocouloir américain qu’il n’en existe actuellement. Et nous le rappelons ce phénomène n’a jusqu’à preuve du contraire aucun lien avec les ennuis du 737 Max !

Photo © Wikimédia Commons.

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1 COMMENTAIRE

  1. « une mesure jugée excessive par certains responsables de l’avionneur américain » les dirigeants de Boeing devraient plutôt faire profil bas.
    Les études pour un remplaçant du B737 devraient plutôt être lancé, la conception de la cellule de cet avion date de 1967.
    L’argent mis dans la R&D sera un meilleur investissement pour Boeing que dans les poches des actionnaires après il y a la vision court terme des dirigeants actuels et long terme de leurs prédécesseurs.

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