Ce n’est pas trop tôt. Ce jeudi 19 décembre 2019 le ministère des armées a révélé que des avions sans pilote MQ-9 Reaper français avaient réalisé plusieurs tirs de munitions guidées dans le cadre de l’opération antiterroriste Barkhane. Il ne s’agit pourtant pas de drones au standard Block 5 mais bel et bien de machines d’origine au Block 1. Pour mémoire elles ont été spécialement modifiées par General Atomics.

La bête, armée cette fois-ci.

Que les éternels inquiets se rassurent la France n’est pas entrée dans l’ère du robot tueur froid et déshumanisé à la Terminator. Ce sont toujours les mêmes General Atomics MQ-9 Reaper qui depuis plusieurs années maintenant sillonnent les cieux du Sahel. Et donc avec toujours les mêmes télépilotes installés dans leur shelter. Simplement désormais en plus du renseignement ces monomoteurs à turbopropulseur peuvent frapper ! Même si actuellement leur arsenal est plutôt très réduit.
En effet les MQ-9 Block 1 ont été adaptés à l’emport de bombes à guidage laser GBU-12 de facture américaine. Et uniquement à celle-ci, aucune autre munition n’est pour l’instant envisageable sur nos «vieux» avions sans pilote. Ça reste tout de même un très bon début.

C’est donc depuis la Base Aérienne 101 de Niamey au Niger que la tout nouvelle 33ème Escadre de Surveillance, de Reconnaissance, et d’Attaque met en œuvre ses drones armés. Et visiblement les personnels de l’Armée de l’Air ont été très bien formés puisque le ministère des armées annonce d’ores et déjà des tirs réels. On ignore si tous étaient expérimentaux ou si certains n’étaient pas destinés à des opérations réelles. La transparence et la communication ne vont pas jusque là.

La prochaine étape sera franchi dans quelques semaines avec l’arrivée des premiers MQ-9 Block 5, conçus ab-initio pour l’emport d’armement. Mais là encore nos aviateurs vont devoir se contenter de munitions made-in America. Des bombes à guidage mixte GPS et laser GBU-54 et des missiles légers AGM-114 Hellfire. Pour l’instant aucun armement de conception française ou européenne n’est envisagé. Ni le futur MHT ou même pas le moindre A2SM n’est pour l’instant envisagé.
On sent bien que si l’Amérique a consenti à nous vendre son drone vedette elle tient toujours la laisse !

Les militaires français aux petits soins. Un cliché qui rappelle les dimensions réelles de la machine vis à vis de l’homme.

Pour autant s’il devient avion (sans pilote) d’arme le MQ-9 Reaper n’en demeure pas moins le principal aéronef de reconnaissance de l’Armée de l’Air. Et à ce titre il continue ses missions du quotidien dans le cadre de l’opération Barkhane.
Après il est clair que voir enfin un drone frappé des marquages français emporter un armement, c’est classe !

Photos © Armée de l’Air.

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3 COMMENTAIRES

  1. On a 10 ans de retard mais mieux vaut tard que jamais…
    Est-il totalement autonome ? Je veux dire que comme la gbu-12 est à guidage laser, le reaper est-il équipé d’un équipement de désignation laser ou alors il faut encore que des FS soient au sol avec leurs désignateurs laser ?

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