Le feuilleton est loin d’être terminé. Ce lundi 16 décembre 2019 le constructeur américain Boeing a fait une annonce fracassante : aucun 737 Max ne sera produit entre janvier et mars 2020. Depuis le début du scandale touchant l’avion sa production était au au ralenti mais fautes d’autorisation de les livrer les appareils assemblés s’entassent sur les parkings aviations autour du site de production. Une décision qui n’est pas sans répercussion pour l’industrie aéronautique française.

Jusque là donc l’avion était produit à hauteur de quarante-deux exemplaires par mois, contre cinquante-deux en temps normal. Une réduction de dix exemplaires rendue obligatoire par l’interdiction totale des vols signifiée par les autorités fédérales américaines. Mais au bout de neuf mois de production sans livraison c’est un peu plus de 400 avions qui sont en attente sur les parkings, et ça commence à prendre une place énorme. Car ils doivent voisiner avec les autres Boeing 737 Max qui eux aussi attendaient déjà leur tour tout autant qu’avec d’autres modèles de l’avionneur américain.

Pour mémoire tout est partie de deux catastrophes aériennes : celle de Lion Air en octobre 2018 et celle d’Ethiopian Airlines en mars 2019. Et surtout c’est la découverte de graves failles dans la conception du logiciel MCAS et de son utilisation via le simulateur de vol des avions qui explique ces deux écrasements tragiques.

La décision d’interrompre totalement la production des Boeing 737 Max est donc historique. Surtout elle intervient quelques jours seulement après la présentation officielle du nouveau 737 Max 10, le «grand de la famille». Deux mois et demi à trois mois durant lesquels donc l’activité industriel sera stoppée avec à la clef un chômage partiel pour les ouvriers et ingénieurs de l’avionneur.
Mais également une période de vache maigre pour les sous-traitants du Boeing, et en premier lieu le motoriste franco-américain CFM International. Celui-ci fournit le réacteur de nouvelle génération Leap-1 qui assure la propulsion du célèbre monocouloir. C’est à Melun-Villaroche en région parisienne qu’ils sont produits.

Aux États-Unis et en Europe beaucoup d’experts voient dans cette décision un début d’enterrement du Max et au-delà de l’ensemble du Boeing 737, un avion développé rappelons-le au milieu des années 1960. Surtout une accélération du programme NMA, pour New Midsize Airplane qui devrait assuré sa succession et que l’on n’hésite de moins en moins à appeler Boeing 797 même si pour l’instant cette désignation n’a rien d’officielle.

Les premières projections donnent donc, au mieux pour l’avionneur, une reprise de la production en allure lente (soit quarante-deux avions par mois) à partir du 1er avril prochain. Mais celles-ci donnent également à voir que tous les Boeing 737 Max actuellement en attentes sur les parkings de l’avionneur devraient y demeurer au moins jusqu’à l’été 2020 voire l’automne. La galère est donc loin d’être terminée pour Boeing et ses sous-traitants.
Et en attendant c’est Airbus qui engrange les contrats

Photo © Wikimédia commons.

 

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3 COMMENTAIRES

  1. 2019 sera vraiment à oublier pour Boeing…
    Etant donné les reports de décision de lancement incessants du NMA qui semble attendre le retour à la normale de la situation du 737 Max, j’ai un doute sur une accélération prochaine de ce projet.
    Surtout avec la décision récente de United d’acheter des A321 XLR pour remplacer ses 757-200 alors que c’était une compagnie fortement intéressée par le NMA.

  2. Le plus important reste le passager, qui a prix équivalant, préfèra Airbus a Boeing désormais
    (Pour ceux qui ne s’en foutes pas royalement…)
    Les accidents arrivent, les plus graves, même au « meilleurs »
    Reste que Boeing et la FAA ne sont pas au niveau sur ce coup…
    je suis déçu par leur focalisation sur la communication au lieu de faire ce qu’il faudrait (un mea culpa avec une remise en question profonde et reel)
    Perso, je volerais toujours avec plaisir sur un boeing, tant que ce n’est pas un 737MAX, même si le nouveau mcas était révolutionnaire
    La tournure des événements aurait dû être aussi sévère que celle de Concorde même si elle est loin d’être tendre…

  3. 400 avions en souffrance à 100 millions de dollars pièce, ça fait 40 milliards de dollars qui dorment sur les tarmacs et autant de cash en moins pour Boeing et ses sous-traitants.

    C’est dément.

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