Une drôle de période de Noël pour le Sukhoi Su-57. Ce mardi 24 décembre 2019 un des tous premiers Sukhoi Su-57 Frazor s’écrasait, heureusement sans faire de victime, dans l’extrême orient russe. Deux jours plus tard son constructeur a commencé à faire fuiter des informations relatives à l’exportation possible de l’avion vers l’Algérie. Un contrat qui pourrait avoisiner les 1.8 milliards d’euros.

Sur l’accident en lui-même peu de choses à dire la Russie étant comme à son habitude peu loquace quand il s’agit des «problèmes» au sein de ses forces de défense. Tout juste sait t-on que l’avion voisinait avec Komsomolsk-sur-Amour, une ville de l’extrême orient russe non loin de l’océan Pacifique, qui abrite un des principaux centres techniques de l’avionneur Sukhoi. Selon plusieurs sources c’est même là que serait construit le chasseur furtif russe.

Quelques éléments pourtant incriminent le Sukhoi Su-57, et c’est le ministère russe de la défense qui l’annonce lui-même. Une transparence qui a de quoi surprendre quand on connait un tantinet la culture du secret dans ce pays, culture héritée autant de son passé impérial que de l’époque soviétique.
L’avion de présérie aurait donc subi une avarie ou bien un incident technique au niveau de la dérive de profondeur, ce qui aurait conduit a la perte de son contrôle. S’en est donc suivi l’éjection de son pilote et l’écrasement. Une thèse qui si elle est avérée mettrait donc plus l’index sur Sukhoi que sur le pilote.

Une situation qui pourrait s’avérer assez inconfortable pour l’avionneur qui actuellement négocie avec l’Algérie. Ce pays africain cherche en effet à acquérir entre douze et vingt-quatre exemplaires de la version Su-57E. Entre commande ferme et commande avec option d’achat, le cœur des Algériens hésite. Cependant la majorité des experts internationaux estime cette commande comme pouvant s’élever à deux milliards de dollars américains (soit environ 1.8 milliards d’euros au taux de change actuel) minimum. Mais surtout ce serait la première exportation avérée de l’avion russe, si souvent décrié pour son côté rustique (certains diront approximatif) et les retards catastrophiques de son programme. Une signature du contrat est attendue pour 2020.
De plus cette vente ferait de l’Algérie le premier pays africain à disposer d’avion furtifs et replacerait donc le pays dans sa course face à l’Afrique du sud et à l’Égypte pour le titre de première puissance militaire continentale. Un titre purement anecdotique quand on connait le très faible niveau de militarisation de certains pays de la région.

Espérons donc pour Sukhoi que ce crash n’ait pas d’incidence sur ce premier contrat à l’exportation de son chasseur furtif. L’avenir nous le dira dans quelques semaines, sans doute.

Photo © Keypublishing.

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17 COMMENTAIRES

  1. « Retard catastrophique du programme »….. Pas tant que ça, il a fallut 15 ans au F-35 entre sont premier vol et la mise en service opérationelle, 16 ans pour le RAFALE, 10 ans pour l’Eurofighter. Cela ne fait « que » 9 ans que le premier prototype T-50 a volé…. Ils sont dans la norme…

    • Attention à ne pas confondre démonstrateur et prototype.
      Le programme Rafale a été relativement rapide. Le démonstrateur Rafale A a volé en 1986. Le programme Rafale a débuté en 1988. Les prototypes C, M et B ont respectivement volé pour la première fois en 1991, 1991 et 1993 pour une mise en service en 2002 pour la version M et 2006 pour les versions B et C. Le Rafale aurait même pu entrer en service bien avant mais c’était trop tôt pour les besoins des armées. En effet la version M a attendue que le PA Charles de Gaulle soit lancée pour entrer en service et pour l’armée de l’air les Mirages 2000 n’étaient même pas arrivés à mi-vie et les Mirages IV et Jaguar était encore en service. Les versions B et C ont donc attendus que les Mirages IV et Jaguar soient retirés du service pour qu’eux même fassent leurs arrivées.
      On peut donc dire qu’il s’est passé moins de 15 ans entre le début du programme et la mise en service.

      • Quelques soient les causes, j’ai mis en parallèle le temps qu’il a fallut entre le vol du premier démonstrateur et la mise en service opérationnelle. Peu importe les raisons, quelles soient techniques, financières ou opérationnelles.

        • Oui peu importe Flanker puisque les Su-57 actuellement « en service » ne sont que des avions de présérie et non des avions de série. Donc encore une fois Moscou est dans l’enfumage permanent.

        • Il n’y a aucun enfumage, le SU-57 n’est pas encore en service, il n’est d’ailleurs même pas livré, ni même construits. Je disais juste qu’il en sont à 9 ans depuis le premier vol du démonstrateur et que donc comparativment aux autre programmes d’avions de combat ils ne sont pas plus en retard que les autres.

        • Non, ils ne sont pas livrés, le déploiement en Syrie était une expérimentation en milieu opérationel avec l’un des protoypes dans le cadre des essais du système d’arme. Ce n’était pas un déploiement opérationel, et il n’a d’ailleurs pas été présenté comme tel
          Pour le moment, les premiers avions de présérie qui devaient être livré dont le premier s’est évrasé doivent servir à la qualification opérationnelle. Ce n’est qu’une fois cette étape fanchie que les avions seront déclarés opérationnels. C’est à dire qu’il y en a encore pour 1 à 2 ans avant qu’ils soient officiellement admis au service.

        • ????? C’est quoi cette remarque ? C’est à peu près le même processus pour tout le monde donc je ne vois pas vraiment ce qui vous pose problème !

    • Pour l’instant aucune source officielle en Algérie ou en Russie ne confirme cette commande. Donc désolé Stéphane mais ça relève encore de la supputation.

  2. Bonjour Arnaud,
    Un terme m’interpelle dans votre article; dérive de profondeur.
    Bien que gouverne de direction ou volet de profondeur sont souvent usité pour définir les organes d’un avion, c’est la première fois que j’entends ceci.

  3. Entre le pro américanisme inconditionnel et la russianophobie, manifeste l’auteur a semble t-il choisi. les deux.
    Coté mépris des pays africains on est un peu limite aussi.
    De mon point de vue ce site d’information objective ne mérite pas que l’on y laisse transparaître une idéologie politique quelle qu’elle soit.
    Soit dit sans méchanceté, en espérant que l’auteur lise et prenne en compte 🙂

    • J’avais oublié que critiquer Sukhoi c’est de la russophobie (et non de la russianophobie) pour les gens comme vous Palou. La critique avec vous ne doit se faire que dans le sens qui vous arrange, « soit dit sans méchanceté ».

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