C’est le risque quand on s’en prend aux Américains : qu’ils ripostent ! Ce lundi 27 janvier 2020 plusieurs avions de combat américains ont mené un raid aérien contre une base de l’organisation terroriste Al-Shabaab sise dans le sud de la Somalie. Les aéronefs de l’US Air Force auraient causé de gros dégâts et tué plusieurs combattants djihadistes. Un mystère demeure encore actuellement : est-ce l’œuvre de F-16C/D Fightning Falcon ou de F-15E Strike Eagle ?

Ce qui est sûr en revanche c’est que les avions ont décollé de la corne de l’Afrique. Depuis plusieurs jours les deux modèles d’avions de combat sont présents à Camp Lemonnier, les installations permanentes américaines à Djibouti. Officiellement ils participent à des exercices dans la région.

Cependant plusieurs facteurs plaident en faveur de l’emploi du McDonnell-Douglas F-15E Strike Eagle lors de ce raid aérien. D’abord il a été conçu pour cela. C’est un chasseur-bombardier de pénétration parfaitement adapté à ce type de mission. Ensuite son rayon d’action lui permet de le mener sans avoir à mobiliser un trop grand nombre de ravitailleurs en vol. D’ailleurs il peut parfaitement aller frapper le sud de la Somalie depuis Djibouti sans être ravitaillé en vol. Les Boeing KC-135R Stratotanker ou les McDonnell-Douglas KC-10A Extender pourraient n’avoir comme utilité que le vol retour.

Comme à son habitude le Pentagone est resté très discret au sujet de ce raid aérien, les autorités somaliennes un peu moins. Elles ont rapidement communiqué dessus, arguant que les Américains avaient travaillé en commun avec les Somaliens. En gros ces derniers ont du être vaguement tenu au courant, le «gouvernement somalien» n’ayant jamais réussi à tenir l’intégralité de son territoire depuis des années.
La preuve la région du Jubbada Dhexe où ce raid aérien a eu lieu est aux mains des Al-Shabaab depuis 2012. Ces djihadistes, affiliés à Al-Qaïda, y font régner la charia (la «loi» islamique) tout en rançonnant et pillant ses 350 000 habitants. Les crimes de guerre y seraient monnaie courante selon plusieurs ONG.

À Jilib, la ville ciblée par les Américains, les avions de combat ont frappé une série de stocks d’armements, mais également un centre de communication et un camp d’entraînement militaire. Une dizaine de combattants djihadistes a au moins été tuée.

Pas besoin d’être devin pour savoir ce qui a motivé le Pentagone à une telle mission : la vengeance ! Froide, calculée, méthodique. Et surtout totalement logique et même justifiée. Les terroristes d’Al-Shabaab ont revendiqué l’attaque contre une base militaire au Kenya début janvier. Plusieurs ressortissants américains y avaient été tué ou blessé. C’est donc la réponse du berger à la bergère.
Reste à savoir si on peut craindre une escalade dans la région, la réponse nous viendra d’elle-même dans les semaines prochaines.

Photo © US Air Force.

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2 COMMENTAIRES

  1.  » D’ailleurs il peut parfaitement aller frapper le sud de la Somalie depuis Djibouti sans être ravitaillé en vol. Les Boeing KC-135R Stratotanker ou les McDonnell-Douglas KC-10A Extender pourraient n’avoir comme utilité que le vol retour.  »
    Cela veut dire qu’il ne peut faire le vol Djibouti-Somalie-Djibouti sans ravitaillement … non ?

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