La pression internationale a été trop forte pour le gouvernement iranien qui a finalement reconnu les faits ce samedi 11 janvier 2020. Téhéran vient d’admettre publiquement que le Boeing 737-800 de la compagnie Ukraine International Airlines avait bel et bien été abattu par un de ses missiles sol-air. Pour autant la république islamique tente de se couvrir en arguant de la menace que les États-Unis faisait alors planer sur elle. Au final c’est donc bien une bavure de sa DCA.

Trois jours. Il aura fallu tout ce temps pour que les militaires et les officiels iraniens reconnaissent leur implication dans la mort des 176 passagers et membres d’équipage du biréacteur commercial. Et non 180 comme nous vous l’avions annoncé par erreur. Et en trois jours la pression a été considérable sur l’Iran.
Car dès le départ la piste d’un tir accidentel de missile sol-air avait été avancée. Il faut dire que des images amateures, certes de mauvaise qualité, existent. Et surtout elles ont fait le tour du monde via les réseaux sociaux. D’autres éléments étaient à charge pour l’Iran.

Et notamment celles montrant un site de crash sans aucune trace d’écrasement. Les images (visibles sur notre article du 08/01/20) montraient bien des débris éparpillés mais rien ne pouvant prétendre qu’un avion de ligne avait heurté le sol avant de se disloquer. Là on voyait clairement que le Boeing 737-800 n’était déjà plus en un seul morceau quand il s’est écrasé.
Ces images rappelaient fortement celles de la zone de crash du vol MH17 au-dessus de l’Ukraine. Un drame aérien aujourd’hui totalement imputé à Moscou via ses milices séparatistes. Sauf que ces derniers n’ont jamais reconnu leur implication, à la différence des militaires iraniens dans le cas présent.

Mais tout n’a pas été si simple. Car dans un premier temps Iraniens ont nié. Ils ont même tenté d’inventer une histoire de demi-tour du Boeing 737-800, une thèse rapidement démontée par de nombreux experts et journalistes étrangers. Finalement le pouvoir islamique s’est rétracté et a reconnu son implication dans ce drame. Et fait exceptionnel c’est Hassan Rouhani lui-même qui a présenté ses excuses au nom de son pays.

Il faut dire que le chef d’état iranien subissait une pression diplomatique très forte. Ses homologues canadiens et ukrainiens le pressaient heure par heure. Le premier ministre Justin Trudeau fut en effet le premier a officiellement accusé l’Iran d’avoir abattu l’avion de ligne. Il faut dire qu’avec 63 victimes le Canada est le pays le plus durement touché par ce drame après l’Iran. Ce dernier pays comptait 82 ressortissants à bord de ce vol Téhéran-Kiev. Les autres étaient de nationalités afghanes, allemandes, britanniques, suédoises, et ukrainiennes.

Et pour l’instant les explications iraniennes autour de ce tir accidentel sont pour le moins confuses. Les généraux se cachent derrière ce que le ministre iranien des affaires étrangères a qualifié d’«aventurisme américain». En gros si les servants de la DCA ont utilisé un de leurs missiles 9K330 Tor de facture russe (ou SA-15 Gauntlet pour l’OTAN) c’est parce qu’ils ont confondu ce Boeing 737-800 ukrainien avec un avion militaire américain. À la différence près que ce biréacteur venait tout juste de décoller de l’aéroport international de Téhéran.
Officiellement l’Iran possède une petite trentaine de batteries de missiles de ce type, un des systèmes d’armes les plus efficaces de la planète quand il s’agit d’abattre un avion de combat. Et donc visiblement aussi un simple avion de ligne.

Photo © Wikimédia Commons.

 

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21 COMMENTAIRES

  1. Cet appareil a été intentionnellement descendu, il est impossible qu’il-y-est eu une erreur de cible. Le Boeing était parfaitement identifié par son transpondeur fournissant numériquement sur le radar une étiquette avec le n° de vol, le type d’aéronef, provenance/destination, taux de montée et Fl (niveau de vol). Ils ont attendu que le l’aéronef soit aux environs de Fl120 (4000m) au-dessus des montagnes environnant Téhéran pour que la cible se détache bien des échos fixes.
    Pour expédier ce missile il faut un radar d’acquisition, qui va identifier l’objectif en gisement (avec le transpondeur impossible de se tromper de cible) et un radar de poursuite pour guider le missile après son tir. Celui-ci est déclenché après verrouillage de la cible et introduction d’une clé de sécurité gardée par l’officier chargé du commandement.
    Une pierre, trois coups::
    – une mise en garde pour les américains, s’ils tentent de s’attaquer au territoire iranien.
    – un petit cadeau à leur principal allié, la Russie, dont l’ennemi juré est l’Ukraine
    – aux passagers d’origine iranienne qui ont décidés d’aller vivre autre part qu’au paradis islamique iranien, chez le grand Satan.

    • Rien ne vous permet, en dehors d’une boule de cristal, de prétendre que l’Iran a intentionnellement descendu cet avion civil. Absolument rien, du coup dans votre prose qui en découle, ne paraît sérieuse. Bon après ce n’est que mon avis.

      • Il y a quand même des choses qui ne sont pas très claires… Le vol décolle de Téhéran avec un transpondeur en parfait état de marche, donc parfaitement identifiable..
        Sans pour autant aller jusqu’à la préméditation (laquelle ne peut toutefois pas être exclue) ça paraît douteux et nébuleux.
        Après est-ce que le SA-15 possède un mode automatique de poursuite et d’engagement (comme l’Aegis) ; est-ce que ce mode était actif à ce moment ; y avait-il un exercice en cours ; un test ; est-ce qu’il y a eu un défaut ; une erreur humaine de procédure, si oui, laquelle … La missile a-t-il été tiré dans le cadre d’un exercice, d’un contrôle ? Le tir était accidentel ? Ou pas ?
        Cela fait beaucoup beaucoup de questions avant de parvenir à la manifestation de la vérité..
        ( ce n’est bien sûr que mon avis).

    • Votre commentaire est confu et prête à confusion, car vous mélangez des procédés d’identification liés aux règles de vols internationnales (vols contrôlés) existant en europe et sur d’autres continants, mais pas dans certainnes autres zones du monde, avec des procédures militaires.de tirs de missiles et en particulier type de missiles ( guidage radar ou à infrarouge).

  2. Pour mémoire: destruction du vol 655 Iran Air en 1988 par un missile tiré du croiseur américain Vincennes. Erreur d’identification!!!! Bilan 290 morts et toujours pas d’excuses des USA.

    • Mémoire sélective visiblement, puisque l’US Navy elle-même a présenté ses excuses dans cette triste affaire dès la clôture de la commission parlementaire d’enquête en 1992. Mais bon tout est bon visiblement pour certains pour taper sur les Américains, y compris la malhonnêteté intellectuelle.

  3. À cette annonce, les dirigeants de Boeing ont dû pousser un soupir de soulagement ! La plupart des victimes canadiennes avaient une double nationalité iranienne. Aussi, plusieurs jeunes iraniens à bord de cet avion retournaient étudier au Canada. Quelle tristesse…

  4. Les dirigeants iraniens ont fait amende honorable avec je pense de la compassion envers les victimes alors que personne n’a encore assumé ses responsabilités pour le MH370 abattu par l’Ukraine ou la Russie ? En France nous ne savons que peu de choses à propos de la Caravelle Ajaccio/ Nice. L’URSS en son temps avait avoué avoir abattu le 747 de Korean Air Lines. Que conclure sinon que chacun balaie devant sa porte avant de porter des jugements définitifs. Il semble aussi que sans preuve formelle personne n’est prêt à avouer ses erreurs ou accepter de prendre des responsabilités. A mesure que le temps passe l’humanité sombre dans le mensonge, la médiocrité et la lâcheté.

    • Pour information vous confondez les vols MH17 et MH370. Ce dernier a disparu au-dessus de l’océan indien. C’est le MH17 qui a été abattu par les forces russes.

  5. Pardonnez moi j’ai oublié l’essentiel : et que dire de la douleur des familles des victimes qui ont perdu des êtres chers dans un conflit déclenché par des irresponsables qui probablement dormiront cette nuit sans états d’âme pour la plupart

  6. Bon au moins cela prouve une chose, ces missiles russes sont efficaces. Car le gros de l’armement russe n’a pas a ce jour prouvé quoi que ce soit en dehors de combats contre des milices sous armées en Syrie ou dans l’est Ukrainien.

  7. Pour répondre à Richard, je sais parfaitement ce que je dis.
    Pourquoi cet avion et pas le précédent, ou le suivant.
    Ce genre de missile est uniquement guidé par radar et équipé pour la phase finale d’un système autonome composé soit d’un système électromagnétique de guidage terminal, soit d’une caméra I.R. ou vidéo. Un système pyrotechnique de proximité le fait explosé à courte distance de sa cible en éjectant pour le plus souvent des billes d’acier. Les systèmes uniquement I.R. sont des missiles de courte et très courte portée. Ici nous avons affaire à un missile de moyenne portée.
    L’Iran possède un radar ultra moderne sur cet aérodrome, je vous invite à jeter un œil sur cette page:
    https://parstoday.com/fr/news/iran-i80268-l%E2%80%99iran_d%C3%A9voile_un_nouveau_radar
    En ce qui concerne le transpondeur et sa corrélation en étiquette sur le scope radar que j’ai évoqué est une technologie qui est utilisée en France depuis une cinquantaine d’années et qui s’appelle CAUTRA (contrôle automatique du trafic aérien.)
    Le cheminement utilisé par le Boeing s’appelle un SID édité sur des cartes spécialisées et utilisés dans les système RNAV des avions de ligne. C’est un départ obligatoire en fonction de votre destination qui vous sépare du relief environnant et des autres arrivées et départs. Pour un aérodrome comme Téhéran situé en zone montagneuse.son suivi est indispensable. Donc connu et fréquenté..
    Pour l’équipement de l’avion, l’O.A.C.I. recommande l’équipement du Transpondeur et du TCAS associé (quand l’O.A..C.I. recommande dans la réalité elle l’impose), l’I.A.T. et le Règlement de la Circulation Aérienne l’impose..
    Sont obligatoire pour effectuer un vol de transport publique passagers (T.P.P): un plan de vol IFR, 2 transpondeurs, un T.CAS, 2 équipements radio etc… et cela partout dans le monde. Une panne d’un de ces systèmes impose une annulation du vol.
    Depuis la dernière fois nous avons l’apparition surprise d’un missile américain (Tomahawk??) qui au lieu de pénétrer la défense adverse en suivi de terrain (entre 10 et 30m sol) se retrouve à environ 4000m d’altitude éclairé par tout les radars du coin et qui aurait brouillé les radio-communications (ça c’est nouveau, à ma connaissance), qui serait sur le chemin du retour (le cap) peut-être n’ayant pas trouver sa cible il retournait sur sa base (why not), qui aurait affiché le même transpondeur, utilisé le même SID et la même altitude que le Boeing Ukrainien (ils sont forts ces américains.) et qui aurait brouillé les ondes radio !!! Si je résume ils pensaient intercepter un missile américain qui brouillait par des contre-mesures électromagnétiques toutes les ondes de l’espace environnant sauf celles des radars d’acquisition et de poursuite.
    Damned!.

  8. L’hypothèse du tir intentionnel est évidemment absurde, notamment parce qu’elle n’a aucun mobile : on ne voit pas ce que l’Iran, déjà économiquement exsangue, pourrait gagner à abattre des avions de lignes, provoquant un boycott de ses aéroports par la plupart des compagnies.

    Néanmoins on peine à comprendre la logique consistant à installer des batteries de missile sol-air sur l’axe de la piste du principal aéroport du pays.

    J’en suis venu à me demander (et pour le coup c’est une hypothèse gratuite) si un appareil US (drone par exemple) n’aurait pas pu se trouver effectivement dans le secteur et avoir été visé par la DCA qui aurait verrouillé le mauvais avion…

    • En fait, elle n’est pas absurde du tout. Le tir peut être intentionnel pour plusieurs raisons.
      On peut envisager qu’ils aient abattu le boeing en parfaite connaissance de cause (c’est très peu probable).
      On peut envisager qu’ils aient eu l’intention d’abattre une cible non identifiée (Peu probable qu’il y ait eu tir sans identification formelle, on lâche pas des missiles au hasard).
      On peut envisager qu’ils aient eu l’intention d’abattre une cible identifiée par erreur (L’identification est défaillante).
      On peut envisager qu’ils aient pris la cible pour autre chose (un missile de croisière ?) , une possibilité, mais les profils de vols n’étant pas les même, ça reste discutable.
      Ce soir là, la DCA était aussi sur les dents et en « état de guerre » dans l’attente d’une attaque US. Ce genre de situation, le stress sont des multiplicateurs d’erreur.
      Si quelqu’un se croit attaqué, ou qu’il l’est véritablement, les temps de décision entre repérage et ordre de tir se comptant en secondes, on peut vite entrer dans ce genre de scénario.

  9. Peut-on envisager des dissensions politico-militaires au plus haut niveau de l’état iranien dans un contexte de luttes d’influence afin de déstabiliser le pouvoir en place? Mais à mon avis ce n’est qu’une lamentable erreur qui est l’apanage de la plupart des forces militaires du monde et qui malheureusement se reproduira à plus ou moins long terme

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