D’ici quelques semaines la Bangladesh Air Force possèdera donc une flotte d’avions-cargos totalement rénovée. En effet en mars prochain elle recevra son cinquième, et à priori dernier, Lockheed-Martin Hercules C5 en provenance de la Royal Air Force. Un modèle d’avion racheté de seconde main auprès du gouvernement britannique qui permet à ce petit pays asiatique de rénover en profondeur ses moyens logistiques. Et l’occasion pour les finances britanniques de réaliser une opération des plus intéressantes.

En fait tout s’est passé très vite entre le Bangladesh et le Royaume-Uni. En à peine un an et demi on est passé d’une commande de deux avions à un marché en représentant aujourd’hui deux fois et demi plus. Pour les pilotes bangladais qui volent désormais dessus le Lockheed-Martin Hercules C5 est un avion hors du commun.
Aujourd’hui connu comme C-130J Super Hercules cet avion permet de remplacer les vieux Lockheed C-130B/C-130E Hercules achetés de seconde main au tout début des années 1980 auprès des États-Unis. Bien que très bien entretenus, et particulièrement choyés par leurs mécanos, ces avions-cargos accusent leur âge. Ils ont en effet tous connu la guerre du Vietnam sous la cocarde américaine.

Les cinq Lockheed-Martin Hercules C5 ex-britanniques sont donc largement les bienvenus. Le quatrième exemplaire vient donc tout juste en tout début d’année 2020 d’être livré. Mais entre son retrait du service dans la Royal Air Force il y a quelques semaines et son arrivée en unité au sein de la Bangladesh Air Force l’avion est passé entre les mains de l’entreprise privée Marshall ADG. Basée sur l’aéroport de Cambridge dans l’est de l’Angleterre cette société est spécialisée depuis de nombreuses années dans la transformation des avions revendus par les militaires britanniques. Elle assure également des travaux spécifiques de peinture sur les fuselages et la voilure.
C’est ainsi que Marshall Aerospace & Defence Group a eu pour mission de déposer tous les équipements propres à la défense britannique ou à l’appartenance à l’OTAN mais également de donner une nouvelle livrée bangladaise à ces avions. C’est ce dernier travail qui est sans nul doute le plus visible, mais pas forcément le plus simple. Une fois terminé, l’avion peut enfin rejoindre l’Asie. Il va pouvoir y voler encore au moins une grosse vingtaine voire une petite trentaine d’années.

Est-ce donc à dire que la Royal Air Force ne possède plus aucun Super Hercules ?
Eh bien non, elle en aligne encore plusieurs. L’aviation britannique possède encore quatorze Lockheed-Martin Hercules C4, c’est à dire des C-130J-30 à fuselage rallongé. La décision de se séparer des Hercules C5 a été prise après l’arrivée en unité des premiers Airbus DS Atlas C1, des avions largement appréciés outre-Manche. Ils faisaient double-emploi, et les décideurs britanniques ont préféré conserver la version à fuselage long.

Photo © Royal Air Force.

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2 COMMENTAIRES

  1. C’est dommage pour nous. On a loupé l’occasion d’avoir de bons avions qui auraient bien servi pour nos Opex. Vu à la vitesse où sont livrés les A 400 M, ils auraient été très utiles. De toute façon, l’objectif initial de 50 A 400 M, me semble innateignable. L’Allemagne à baissé sa commande totale ainsi que l’Espagne. L’avion est en progrès constants, mais les finances publiques sont dans le rouge. On verra bien.

    • Sauf qu’à aucun moment le ministère des armées ne s’est positionné en faveur du rachat de ces avions d’occasion. L’Armée de l’Air n’a d’ailleurs pas la tradition d’acheter des avions tactiques de seconde main.

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