C’était un géant de l’aviation française et un grand passionné des choses de l’air. Ce vendredi 21 mars 2020 l’ancien pilote d’essais Jean-Marie Saget est décédé à l’âge de 91 ans. Il totalisait plus de 20 000 heures de vol. Il passa le plus clair de sa carrière aéronautique chez Dassault.

Initié au pilotage sur planeur dès 1946, à seulement 17 ans dans une France d’après-guerre en pleine reconstruction, Jean-Marie Saget est ensuite entré dans l’Armée de l’Air. Après avoir volé sur des chasseurs à moteurs à pistons comme le North American P-51 Mustang et le Republic P-47 Thunderbolt il est parmi les premiers jeunes pilotes français à voler sur avions à réaction. Après une rapide formation sur De Havilland Vampire de facture britannique il est transformé sur Dassault Ouragan en 1952 au sein du prestigieux Escadron de Chasse 2/2 Côte d’Or.
Le 29 août 1954 il remporte la coupe Saint-Exupéry récompensant le meilleur pilote d’Ouragan lors d’une course aérienne entre Creil et Cannes. Il est alors remarqué par Marcel Dassault lui-même. En 1955 il est embauché par l’avionneur français comme pilote d’essais.

Commence ainsi une carrière riche en émotions et en premiers vols. Ou presque puisque Jean-Marie Saget ne sera réellement pilote d’essais que deux ans plus tard. Entre temps il doit apprendre. C’est donc en 1957 qu’il devient ce pourquoi il est aujourd’hui mondialement connu. Un an plus tard, le 21 mai 1958 il réalise le premier vol du chasseur embarqué Étendard IV. Ensuite il participera au développement et aux vols d’essais de machines aussi légendaires que le Mirage III V, le Mirage F1, ou encore le Mirage G8. Sur ce dernier avion il réussit l’exploit le 13 juillet 1973 d’atteindre la vitesse de Mach 2.34 à 15000 mètres d’altitude. C’est alors la plus grande vitesse jamais atteinte par un pilote européen. Excusez du peu.

Le 26 octobre de la même année il réalise le vol inaugural de l’Alpha Jet 01, le prototype du célèbre biréacteur d’entraînement franco-allemand. L’actuelle monture de la Patrouille de France. Deux ans plus tard le 28 octobre 1975 à bord de l’Alpha Jet 02 il réalise une démonstration au cours de laquelle il pose son avion sur un tronçon de l’autoroute A11 entre Paris et Le Mans, et en redécolle ensuite. Le 4 novembre 1977 il livre lui-même le premier avion de série à l’Armée de l’Air.
Le 9 mars 1979 il réalise de nouveau un premier vol, celui du Super Mirage 4000, un chasseur malheureusement demeuré sans suite.

Sans en être le pilote d’essais attitré il participa également au développement de plusieurs autres avions comme le Super Mystère B2, le Milan, le Super Étendard, ou encore le Mirage 2000. Sa spécialité sur ces avions était lié à la manœuvre de vrilles et à leurs capacités la concernant. Saget prit sa retraite de pilote d’essais en 1989 et sa retraite tout court de l’avionneur trois ans plus tard.
Pour autant l’homme n’arrêta pas de voler. C’est désormais sur Cap 10 de voltige aérienne qu’il œuvrait, transmettant au passage ses connaissances. On le rencontrait aussi au détour de meetings aériens sur jet De Havilland Vampire.
Jean-Marie Saget était un sage toujours disponible pour discuter d’aviation et transmettre sa passion. Une chance pour celles et ceux qui l’approchèrent. J’ai eu la chance d’en faire partie étant jeune.

Monsieur Saget fut un sacré bonhomme de l’aviation, une vie animée par sa passion devenue son métier. Il manquera forcément. Mais il était déjà de son vivant au panthéon de bon nombre de passionnés.

Photo © Dassault Aviation.

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4 COMMENTAIRES

  1. Un grand monsieur de l’aéronautique française, témoin et acteur de sa renaissance. Une vie passionnante à en faire saliver et rendre les autres envieux dont moi évidemment. J’admire ce genre de personnage.
    https://youtu.be/7ImDzZUROag
    J’aime beaucoup cette vidéo. Jean-Marie Saget avait 32 ans et effectuait des vols d’essais sur Mirage III à Istres, le tout dans un français parfait autant pour Jean-Marie que pour le journaliste. Malheureusement en voie de disparition de nos jours.

  2. Il a rejoint les étoiles, avec André Turcat, Saint Exupery et tant d’autres.

    De grands hommes, courageux, de vrais talents dont la France peut être fière.

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