Cette fois l’Ukraine visiblement a engagé les grands moyens pour contrer les flammes. Depuis une dizaine de jours les soldats du feu combattent un gigantesque incendie de forêt au plus près l’ex-centrale nucléaire soviétique de sinistre réputation. Et dans le ciel se succèdent les bombardiers d’eau et les hélicoptères, y compris les plus récents d’entre eux. Désormais le gouvernement de Kiev tire le signal d’alarme.

L’hélicoptère représente un excellent outil de guidage des soldats du feu.

Si on en croit les services de communication de la très sérieuse organisation Greenpeace le feu ne serait aujourd’hui plus qu’à un kilomètre seulement de l’arche renfermant le réacteur numéro 4. C’est celui-ci qui explosa le 26 avril 1986 en pleine nuit. L’Ukraine était alors encore placée sous le joug de Moscou.
Les activistes écologistes s’appuient sur une imagerie thermique réalisée par satellite à leur demande. Au départ les autorités ukrainiennes avaient annoncé que le feu avait été maîtrisé.

À présent plus question d’avoir recours à l’unique Antonov An-26 « Curl » des forces aériennes ukrainiennes gréé pour cette mission. C’est le service d’état des urgences qui a pris le relai depuis le 9 avril 2020. Et on peut dire qu’il a mis les moyens. Ses quatre bombardiers d’eau Antonov An-32P « Cline » accompagné d’un avion d’observation tous-temps et de commandement aéroporté Antonov An-30 « Clank » sont en charge des opérations. Ils opèrent depuis leur base aérienne de Nizhyn sise à une grosse centaine de kilomètre de la centrale nucléaire.

Image rare que celle de cet Antonov An-30 du ministère ukrainien de l’intérieur.

Sur place ils sont secondés par quatre hélicoptères : un antique Mil Mi-8 « Hip » de soutien doté d’un hérité de l’occupation soviétique et trois machines bien plus modernes. Deux Airbus Helicopters H225 Super Puma flambant neufs assurent comme le vieux Mi-8 la lutte anti-feu au moyen de Bambi-buckets tandis qu’un Eurocopter EC-145 réalise le guidage des bombardiers d’eaux en liaisons radios permanentes avec les pompiers au sol.
Et justement sur le plancher des vaches c’est la guerre, la fournaise, en un mot l’enfer.

H225 Super Puma, le fleuron des services de secours ukrainiens.

Les autorités ukrainiennes reconnaissent aujourd’hui que ces incendies, qui sont d’origine criminelle voire (selon la police locale) peut-être terroriste, ont déjà détruit 20000 hectares dans la zone d’exclusion sanitaire de Tchernobyl. Un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale nucléaire interdite d’accès et qui présente encore de très hauts taux de radiation.
Celle-ci a d’ailleurs grimper en flèche depuis la reprise des feux, contrairement aux premières déclarations qui se voulaient rassurantes. Si le feu semble désormais fixé, mais non éteint, à un kilomètre du réacteur numéro 4 son pouvoir calorigène se fait ressentir à environ 300 mètres seulement de son arche. La situation commence à devenir critique sur place.
Kiev annonce envisager de demander l’aide internationale, notamment auprès de l’Union Européenne toute proche.

Photos © ministère ukrainien de l’intérieur.

 

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