Déjà il y a quelques semaines l’US Navy y faisait une véritable démonstration de force avec un porte-avions et un porte-aéronefs. Elle a réitéré la semaine dernière, en faisant encore plus fort puisque c’était cette fois trois porte-avions qui se trouvaient en Mer des Philippines. Accompagnés de leurs bâtiments d’escorte les USS Nimitz, USS Ronald Reagan, et USS Theodore Roosevelt ont engagé une série d’exercice aéronavales à l’aide de leurs avions et hélicoptères embarqués. C’est avant tout un signal fort envoyé à la Chine.

Une photo qui vaut tous les arguments possibles : les USS Nimitz et USS Theodore Roosevelt voguant de conserve.

Même si cette dernière n’a pas de débouchés côtiers sur la Mer des Philippines elle la considère comme une extension naturelle de sa zone d’influence. Les navires de guerre battant pavillons chinois ou bien les avions frappés de ses marquages y sont régulièrement aperçus. Aussi la présence de deux porte-avions et d’une dizaine de navires de guerre américains est forcément une mauvaise nouvelle pour Pékin.
Car qui dit USS Nimitz, USS Ronald Reagan, et USS Theodore Roosevelt dit forcément environ trois cents avions et hélicoptères qui croisent à proximité, en comptant ceux embarqués sur les croiseurs et destroyers d’accompagnement.

Les exercices se sont déroulés en deux temps : pendant toute la semaine dernière les trois porte-avions et leurs aéronefs ont enchainé les manœuvres en Mer des Philippines.  Dans un premier temps l’USS Nimitz avec l’USS Theodore Roosevelt, et dans un second temps le même USS Nimitz mais cette fois avec l’USS Ronald Reagan. Et selon l’US Navy à au moins deux reprises ils ont été approché par des avions de la marine chinoise, des Shaanxi Y-9 modifiés pour la reconnaissance stratégique. Les navires américains demeurant dans les eaux internationales l’aéronavale chinoise ne pouvait rien contre eux. Et coup de bol pour une fois ils volaient transpondeurs allumés. La peur du gendarme sans doute, un gendarme qui pour le coup prenait la forme de chasseurs embarqués.

Super Hornet au roulage durant les exercices.

Sur les ponts d’envols des trois porte-avions on ne trouvait rien d’extraordinaire : pléthore de Boeing F/A-18E/F Super Hornet de combat soutenus par leurs habituels EA-18G Growler tueurs de radars. Également forcément des Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye capable de voir loin tout ce qui vole ou flotte à proximité. Les hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk représentent eux-aussi une menace pour la marine chinoise, d’autant qu’on en trouve sur pratiquement tous les navires des deux flottilles.
En fait seuls les Grumman C-2A (R) Greyhound n’ont aucune raison d’inquiéter les autorités chinoises.

Les missions du quotidien : Vertrep réalisé par un H225 Super Puma opérant pour un contractor américain.

Alors oui à aucun moment l’US Navy n’a maintenu trois porte-avions en exercice en même temps en Mer des Philippines. Par contre elle possédait sur cette étendue d’eau salée ces trois bâtiments et leurs aéronefs simultanément. Et rien que ça c’est impressionnant. Avec un peu plus de cinq millions et demi de kilomètres-carrés, cela représente un joli terrain de jeux.

Quelques secondes avant le décollage de ce Boeing F/A-18E Super Hornet.

À l’issue de cette phase d’exercice été 2020 les trois porte-avions et leurs navires d’accompagnement se sont quittés. Ils ont repris leurs missions régulières. Pour autant ils sont demeurés dans la zone supposée d’influence de la Chine, c’est à dire une bonne partie du Pacifique et des mers avoisinantes. La pression ça ne se relâche pas aussi facilement.

Photos © US Navy.

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