Voilà bien un concept aéronautique né il n’y a que quelques années. C’est en fait à l’apparition dans les arsenaux du Lockheed-Martin F-35 Lightning II que l’on doit la découverte du principe de «furtivité dégradée». Il s’agit en fait grâce à des artifices techniques de rendre ces avions beaucoup plus faciles à repérer au radar qu’il ne le sont réellement. Mais pourquoi voudrait t-on rendre moins furtifs des avions de combat furtifs ?

En exercice les F-35I Adir israéliens opèrent toujours en furtivité dégradée.

Le principe d’un avion furtif c’est d’être le moins facilement détectable par les systèmes radars ennemis. Jusque là tout le monde est d’accord. Cela a été le cas avec le Lockheed F-117A Night Hawk puis avec le Northrop B-2A Spirit. Dans les années 1980/1990 la question du niveau de furtivité de ces avions est au cœur même de la défense américaine, et pour cause : aucun pays en dehors des États-Unis ne fait voler d’avion furtif. Les Soviétiques ont bien essayé mais sans y parvenir, et à cette époque là la Russie a d’autres chats à fouetter que d’essayer de singer les Américains dans ce domaine technologique.

La décennie 2010 allait changer la donne. Et c’est le programme du Joint Strike Fighter lancé quelques années plus tôt qui en fut à l’origine. Car pour la première fois avec les Lockheed-Martin F-35A/B Lightning II la furtivité allait s’exporter ! Jusque là le Pentagone avait toujours refusé de vendre ses avions furtifs à ses alliés. Même les plus fidèles comme le Japon ou le Royaume-Uni n’avaient pas été servi. Cela était donc appeler à changer.

Or dès l’apparition des premiers Lightning II d’exportation, en Italie, au Royaume-Uni, ou encore en Israël il devint évident que la signature radar de l’avion serait vite découverte. Il fallait réagir. C’est à ce moment là qu’est véritablement né le concept de «furtivité dégradée».
Bien sûr que les pays utilisateurs devaient connaitre la signature de leurs avions. Mais Lockheed-Martin et l’US Department of Defense allaient t-ils courir le risque que des pays comme la France, l’Inde, ou encore la Suède aient consciences de celle-ci. Peu de chances qu’ils achètent un jour le F-35. Et encore on parle là de pays alliés, en qu’en serait t-il de la Chine ou de la Russie ?

Il fallait donc les rendre moins furtifs lors des exercices internationaux ou bien au cours de salons aéronautiques. Et la meilleur des manières pour ôter la furtivité est d’accroitre la prise aux ondes radars. On est aux limites des lapalissades direz-vous en lisant ces lignes. Pour rendre plus visible il faut donc lui octroyer des excroissances. Et sur un chasseur furtif cela passe par des points d’emport sous voilure.
Seul hic, et pas des moindres, ceux-ci avaient été pensés à l’origine pour être les plus discrets possibles. Même là-dessus les ingénieurs américains avaient travaillé la furtivité. Qu’à cela ne tienne : en exercice et/ou en salons les F-35 Lightning II apparaitraient le plus fréquemment possibles avec des points d’emport… vides.

Les points d’emport de ce F-35A Lightning II ne servent ici qu’à assurer une furtivité dégradée.

Au départ l’apparition de ces points d’emport d’armement sans armement surprit. Puis petit à petit on comprit à quoi ils servaient : leurrer les radars en masquant la véritable furtivité des avions de combat. C’était la dégradation de furtivité ! Maintenant vous comprendrez sans doute mieux ce concept assez nouveau.

Photos © Heyl Ha’Avir & US Air Force.

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9 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud,

    merci pour ton article.

    je me permets un petit commentaire. je crois qu en déplacement non furtif. ils ajoutent aussi des réflecteurs de luneberg pour encore plus dégrader la furtivité.

    il faudrait que je retrouve l article.

    bonne continuation a toi.

    @+

  2. La technologie dite de la « lentille de Lüneberg » n’a jamais été confirmé sur F-35 Lightning II. Elle existe sur B-2A Spirit et dans une moindre mesure sur F-22A Raptor ainsi que sur certains navires de l’US Navy mais Lockheed-Martin semble lui avoir tourné le dos au profit des pylônes externes bien moins onéreux.

  3. Les points d’emport extérieurs servent aussi aux missions de convoyage (réservoirs externes) ou des armes pour les missions où une grande furtivité n’est pas requise

  4. Donc seul les F-35 de l’armée américaine sont furtifs.
    Pas ceux vendus à l’exportation.
    L’exportation pourrait leur enlever leurs points d’attache mais ne le font pas, parce qu’ils ont signé un contrat avec les Etats Unis.

  5. Le point faible d’un chasseur furtif sera toujours les ondes qu’il émet via son radar, un bombardier furtif ok, mais un chasseur devra toujours émettre pour engager. Ces ondes seront captées, localisées, et cela deviendra une cible pour un avion doté de capteurs capable de détecter ces ondes radar. Un missile fox3 a besoin d’une LAM.

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