De l’aveu même de l’Armée de l’Air et de l’Espace «tout s’est joué à quelques centimètres». Ce vendredi 9 octobre 2020 le ministère des Armées a réalisé un essai visant à valider le chargement et le transport du nouveau véhicule blindé de l’Armée de Terre à bord de l’avion-cargo européen. Pour autant un seul et unique VBMR Griffon peut être transporté à bord de l’A400M Atlas. Une capacité de plus donc pour le quadrimoteur de transport construit par Airbus Defence & Space.

Il n’y a pas grand-chose de trop de chaque côté du Griffon.

L’information n’a été révélée que dix jours après ce vol d’environ sept heures entre la Base Aérienne 188 de Djibouti et la Base Aérienne 123 d’Orléans. C’est donc dans la corne de l’Afrique que le nouveau blindé français a embarqué dans la soute de l’Airbus DS A400M Atlas porteur de l’immatriculation F-RBAP. À bord de l’avion-cargo de l’Escadron de Transport 1/61 Touraine se trouvait un équipage spécialement habilité. Trois pilotes et trois mécaniciens navigants auxquels s’ajoutaient les personnels de la Direction Générale de l’Armement membres de l’EM-ATT, l’Équipe de Marque – Avion de Transport Tactique.

Un chargement qui visiblement s’est fait avec une certaine tension tant le nouveau blindé est entré ric-rac. Il faut dire qu’avec une longueur de 7.58 mètres, une largeur de 2.54 mètres, et une hauteur de 3.50 mètres le VBMR Griffon n’est pas exactement un engin qui passe inaperçu. Dire qu’il prend de la place est un quasi pléonasme. Pourtant il est entré. Pour mémoire la charge marchande de l’A400M Atlas pour un vol sans escale entre Djibouti et la France est de 37 tonnes. Or le Griffon pèse 24 tonnes et demi. Donc là aussi pas de problème… en théorie. Car dans la réalité des faits le stress était forcément là, dans la tête des militaires français.

Mais au fait c’est quoi un VBMR Griffon ? Il s’agit d’un Véhicule Blindé Multi-Rôle assurant principalement le transport de troupes pour le compte de l’Armée de Terre. Ce gros camion à six roues motrices a la charge de devoir remplacer le mythique Véhicule de l’Avant Blindé en service depuis 1976 et aujourd’hui en voie d’obsolescence. Malgré tout le VAB continue de faire le job au Sahel, au Sud-Liban ou encore un peu partout où nos militaires en ont besoin.
Le VBMR Griffon a également été vendu à la Belgique où il remplacera le Mowag Piranha III de facture suisse. La Belgique qui également a fait le choix de l’A400M Atlas au sein d’une structure binationale.

Le futur ? Non le présent du ministère des Armées.

Le vol entre les bases de l’Armée de l’Air et de l’Espace s’est déroulé sans encombre. Son déchargement n’a d’ailleurs posé aucun problème aux militaires français qui l’avaient chargé quelques heures plus tôt.
Désormais donc on en est sûr : Atlas et Griffon peuvent travailler ensemble. Le quadrimoteur d’Airbus DS est d’ailleurs le seul avion en service en France à pouvoir embarquer le VBMR !

Photos © Armée de l’Air et de l’Espace.

Publicité

7 COMMENTAIRES

  1. Le côté sensationnel du titre est vraiment voulu ou alors vous êtes véritablement entrain de dire que le Griffon n’a pas été étudié en amont pour être compatible avec les autres équipements des armées françaises et que le test s’est joué avec la chance du hasard ?
    Un peu plus et on nous ressortait l’histoire des trains commandés par la SNCF trop large pour passer dans les quais qu’il avait fallu raboter de quelques centimètres.

    • Aucun sensationnel, tout au plus une pointe de sarcasme de ma part. Quand on étudie un engin comme le Griffon on s’assure qu’il rentre vraiment dans l’avion-cargo du principal pays utilisateur. Et pas au chausse-pied. Car là franchement on a vraiment l’impression que la DGA n’était pas sûre que l’avion allait réellement permettre l’accueil de ce blindé.

  2. Encore une forme d’ingénuité dont l’armée a le secret ! C’était pareil à la SNCF quand ils avaient commandé des train trop large pour les quais de gare ! L’effet nombril des administrations sans doute !

  3. Je me permets d’intervenir.
    La hauteur la plus basse de la soute de l’A400M est de 3,80m. Le GRIFFON transporté avait une hauteur de 3,52m soit 28cm de marge. Il mesure 2,54m de large pour une largeur de soute de 4,02m.. Ce n’est donc pas un chargement ric-rac ou un chargement au chausse pied comme vous le dites et les connaisseurs seront faire la part des choses.
    Votre titre l’A400M ATLAS APTE AU TRANSPORT DU GRIFFON ….DE PEU est exagéré. Ça ressemble à de l’A400M bashing!
    Il y a bien des matériels sur C160 et C-130 qui rentrent au chausse pied. Le chargement de l’unité de tir du Crotale sur C160, était largement plus ric-rac (7cm de marge en largeur) que le GRIFFON dans l’A400M.
    Le jour du chargement je vous assure, il n’y avait aucun stress de la part de l’équipage vu les marges qu’il y avait!
    La DGA a parfaitement rempli son boulot, et soyez en certain si le GRIFFON a été acheté pour les armées, c’est que la DGA a fait les simulations (numériques et sur maquette) pour valider les dimensions. Pour info, la DGA possède une maquette de soute du C160, C-130 et A400M. La DGA était sure de son coup!
    Une dernière précision, le vol a été réalisé par un équipage mixte EMATT (Équipe de Marque Avions de Transport Tactique – en charge de l’expérimentation) et Touraine. Le Touraine ne possède aucun avion. Tous les A400M appartiennent a la 61ème Escadre de Transport et mis à disposition du Touraine (ou du CIET, ou de l’EMATT) par l’ESTA 15-061, organisme en charge de la maintenance de cet appareil.
    Les personnels de l’EMATT appartiennent au CEAM et donc à l’armée de l’air et de l’espace et non à la DGA.
    Je suis un fan de votre site, et de vos articles d’une manière générale mais celui la a du mal à passer. Trop d’inexactitudes! Vous n’aviez sans doute pas les bonnes infos et je vous en excuse!
    Pour répondre à MAXX, le JAGUAR a été étudié ou sera étudié par la DGA et vous pouvez en être certain qu’il sera apte au transport en A400M.

    • Ah « l’A400M bashing », ça faisait longtemps que le procès d’intention de bashing ne nous avait pas été fait dès lors que l’on était pas en émerveillement béat sur l’avion européen. La dernière fois c’était quand l’avion s’est révélé totalement incapable de ravitailler en vol des hélicoptères alors même qu’il avait été pensé comme tel. Visiblement le « passionné » que vous êtes n’a lu que le titre et pas le texte, encore moins regardé les photos. Pourtant cette dernière action ne demande pas beaucoup de concentration et de travail intellectuel. En effet le « passionné » que vous êtes aurait alors vu que c’est bien plus le Griffon qui est ici critiqué que l’Atlas. Et puis lire les articles c’est tout de même plus contraignant et fatiguant que de réagir à chaud comme vous l’avez fait. Surtout en fait ça empêche souvent les commentateurs d’exister !
      Mais bon soit, c’est votre avis je le respecte. Permettez moi de ne pas le partager et de continuer à penser que ce Griffon est rentré au chausse-pied, même si cela vous dérange.
      Cordialement.

  4. Par-delà ce numéro de transport lourd, sur le somme toute modeste A-400M, digne d’un essayage de mocassins neufs avec chausse-pieds, il est cocasse de voir nos armées devoir louer à grands frais des avions de grand gabarit de type Antonov 124 dès que le mot OPEX ressurgit. Certes, c’est le courtier Avico qui gère l’affaire, mais ne serait-il pas temps de réfléchir à la création d’une mini-flotte européenne de très gros porteurs ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom