On le sait depuis quelques semaines industrie aéronautique et coronavirus Covid19 font mauvais ménage. Dernier écueil en date les très mauvais résultats financiers de l’avionneur Saab, constructeur du chasseur multi-rôle JAS 39 Gripen. Au cours des douze derniers mois l’industriel suédois a vu son chiffre d’affaire reculer de près d’un quart. La sous-traitance locale est notamment pointée du doigt par les experts financiers scandinaves.

Et ces résultats sur l’exercice financier compris entre le 1er octobre 2019 et le 1er octobre 2020 sont presque paradoxaux. En effet dans le même temps que le chiffre d’affaire de Saab a reculé d’un peu plus de 23% par rapport à l’année précédente son avion phare, le monoréacteur de combat JAS 39 Gripen, n’a cessé de faire parler de lui. D’abord en entrant en service au Brésil sous la désignation F-39 puis en étant le seul compétiteur non-américain dans le programme canadien de remplacement des chasseurs CF-188 Hornet.
D’ailleurs il se dit en Suède que ces mauvaises annonces de Saab pourrait desservir le Gripen auprès de l’Aviation Royale Canadienne. Jusque là rien ne semble aller dans le sens de ces inquiétudes, bien compréhensibles cependant.

Mais alors pourquoi donc le Gripen est t-il ainsi en péril ? En fait ce n’est pas directement Saab qui en est à l’origine, le constructeur n’est qu’une victime collatérale des ennuis connus par les sous-traitants. Une victime qui a cependant aussi son lot de responsabilités.
Dans l’aéronautique contemporaine les sous-traitants travaillent bien souvent en flux tendu, n’ayant pas suffisamment de liquidités pour demeurer longtemps sans activité. Or la crise pandémique du Covid19 a fait stopper l’activité industrielle durant des semaines, mettant dans le rouge toutes ces entreprises qui œuvrent au service de Saab.

Et c’est justement là l’un des soucis déjà pointé du doigt depuis plusieurs années par les Suédois : la fragilité du tissu industriel aéronautique local. En effet celui-ci repose à plus de 80% sur des PME-PMI qui n’ont souvent comme quasi seul client que Saab. Quelques sociétés réussissent à sortir la tête de l’eau via des partenariats avec Airbus, Boeing, ou encore Leonardo mais ce n’est pas la majorité. De ce fait quand Saab ne réussit plus à vendre son Gripen ces entreprises se retrouvent de facto privées d’activité, et donc de finances.

Est-ce donc la fin de Saab ? Heureusement non car l’avionneur suédois peut s’appuyer sur le programme du jet d’entraînement T-7A Red Hawk développé conjointement avec Boeing pour le compte de l’US Air Force. Par contre clairement l’industriel est actuellement fragilisé par la crise sanitaire. Du coup on pourrait se demander si un tel cas de figure pourrait exister en France autour du Rafale ?

En théorie oui et en pratique non. Car même si le Rafale se vend globalement moins bien à l’export que le Gripen le paysage aéronautique français n’est nullement comparable avec celui qui existe en Suède. D’abord la «Team Rafale» renferme trois géants du domaine : l’avionneur Dassault Aviation comme maître d’œuvre, le motoriste Safran et l’équipementier-armurier Thales. Sans compter que plusieurs dizaines de PME-PMI françaises assistent ces trois groupes tout en travaillant la plus part du temps sur d’autres programmes.
La stabilité économique de Dassault Aviation repose aussi sur les jets d’affaire de la famille Falcon, qui eux se vendent très très bien ! L’avionneur de Saint-Cloud n’a donc aucun risque de disparaitre actuellement.

Photo © Força Aérea Brasileira.

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4 COMMENTAIRES

  1. Je ne pleurerai pas une larme pour ce constructeur européen qui dépend des usa pour construire un avion qui est en fait le cheval de Troie des américains pour affaiblir l’industrie aéronautique européenne. C’est un avion moyen qui n’a pour seul intérêt que de disposer d’un vecteur du meteor.

  2. @Arnaud, actuellement, les Falcon ne se vendent pas si bien que ça, c’est actuellement le creux de la vague, heureusement, les ventes militaires sauvent un peu les meubles

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