C’est actuellement un des principales flottes, si ce n’est la plus importante, de transport militaire en Europe. La Royal Air Force a décidé d’uniformiser un peu ses capacités de projection autour de deux avions de transport et d’un de ravitaillement. Pour cela ses Lockheed-Martin Hercules C.4 vont disparaitre d’ici à deux ans. Un plan qui s’inscrit dans la même logique que celle qui appelle à la disparition programmée des jets d’entraînement Hawk T.1.

Connu comme C-130J-30 Super Hercules les Hercules C.4 sont les seuls avions de cette famille encore en dotation dans les cadres de la RAF. Elle possède bien un unique Hercules C.5 à fuselage court (ou C-130J) mais cet avion vole très peu et sert surtout de plastron au sol pour la formation des mécaniciens et des équipages. Au total donc ce sont quatorze avions à remplacer, treize à fuselages longs et un unique à fuselage court.
Sauf que pour cela aucune commande d’un nouvel avion ne sera passé, la politique de rationalisation des moyens passe tout bonnement par l’abandon définitif de l’Hercules dans les rangs britanniques. Pour mémoire le premier Hercules C.1 (ou Hercules C Mk-1 comme on l’écrivait alors) est entré en service en 1967. C’est dire si cette famille d’avions a marqué l’histoire aéronautique britannique.

À l’horizon 2023 donc la flotte de transport militaire britannique s’articulera autour de trois types de machines différentes, deux de transport pur et une de ravitaillement en vol et de soutien logistique. Il s’agira (à terme) de vingt-deux Airbus DS Atlas C.1, de Boeing Globemaster C.1, et de dix Airbus DS Voyager KC.2/KC.3. Un total de quarante aéronefs parmi les plus modernes de leur époque.

Pourtant l’annonce de ce chantier de rationalisation ce lundi 22 mars 2021 n’a pas été accueilli que par des applaudissements. L’opposition travailliste souligne que dans le projet du gouvernement de Boris Johnson il est désormais question de se couper du transport tactique à moyen tonnage. Ce qui, rappelons-le, a toujours été le talon d’Achille de la Royal Air Force. Enfin depuis un bon demi-siècle en réalité. Pour les détracteurs de l’abandon de l’Hercules il est clair qu’aussi formidable que soit l’Atlas C.1 il n’est nullement un avion de transport tactique classique, il se rapproche trop d’un avion pré-stratégique. Comment imaginer que la RAF emploie ces avions pour transporter efficacement des charges moyennes sur des distances courtes ? Beaucoup y voient en fait une future ouverture du transport tactique britannique au privé, ce qui serait à coup sûr une perte de souveraineté nationale au profit d’entreprises n’ayant comme seul et unique but que le profit.
Et les députés travaillistes prennent l’exemple de l’Armée de l’Air et de l’Espace et de l’Ejército del Aire qui entretiennent des flottes d’avions de plus petit tonnage depuis toujours. Aujourd’hui des CN-235 pour la première et des C-295 pour la seconde. Personne n’imaginerait les Espagnols ou les Français confier les missions de ces deux avions à des A400M Atlas.

On le voit donc au Royaume-Uni la question de la Royal Air Force est toujours aussi sensible, et sa modernisation toujours problématique. La disparition des Hercules va t-elle avoir comme conséquence une baisse de ses qualités et de sa capacité de réaction ? Nous le saurons d’ici deux à trois ans.

Photo © Royal Air Force.

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1 COMMENTAIRE

  1. Très bon article Arnaud. Tout est résumé. Et moi qui croyais nos amis anglais plus pragmatiques que nous !
    Il est dommage de se séparer de ces appareils, bêtes de somme à tout faire.
    Et pourtant les Anglais font des Opex comme nous. Donc, ils connaissent bien , eux aussi les problèmes rencontrés sur le terrain ?
    Au contraire de l’Allemagne qui va en avoir 6, en commun avec les nôtres, les Anglais s’en séparent !! Bizarre.

    Voilà une bonne occasion d’en racheter quelques uns pour renforcer le pôle franco-germanique à

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