Pour le ministère britannique de la défense ce déploiement s’inscrit dans le cadre du Carrier Strike Group 21. Ce mardi 4 mai 2021 la Royal Navy a officialisé l’envoie de son porte-avions HMS Queen Elizabeth afin d’aller frapper les positions de l’organisation islamiste Daech. À son bord des chasseurs furtifs Lockheed-Martin F-35B Lightning II appartenant à la Royal Air Force et à l’US Marines Corps. Le bâtiment de guerre a quitté son port-base pour une durée minimum de vingt-huit semaines.

Lightning II, le poing armé du HMS Queen Elizabeth.

Cette mission va permettre au porte-avions de Sa Majesté d’être engagé au sein de l’opération Shader. Celle-ci est l’équivalent britannique de notre opération Chammal française. Elle vise donc à l’anéantissement de la menace terroriste de l’État Islamique en Irak et en Syrie. Pour cela l’ultramoderne HMS Queen Elizabeth va devoir rejoindre la Méditerranée via le détroit de Gibraltar.

D’ores et déjà cette mission entre dans l’Histoire. Avec dix-huit Lockheed-Martin F-35B Lightning II à son bord le HMS Queen Elizabeth devient le bâtiment de guerre qui en embarque le plus grand nombre jamais vu. L’autre inédit réside dans la nature même de ces chasseurs furtifs. Huit d’entre eux appartiennent au N°617 Squadron de la Royal Air Force, les fameux Dambusters. Les dix autres volent sous les couleurs de la VMFA-211 Wake Island Avengers de l’US Marines Corps. Il s’agit donc d’une flottille de chasse binationale, anglo-américaine.
Quatorze hélicoptères, tous britanniques cette fois les accompagnent.

On y trouve quatre Agusta-Westland Wildcat HMA.2 en charge de la protection des navires et des forces, notamment contre les menaces de surface. Ils sont soutenus par quatre Agusta-Westland Merlin HM.2 de lutte anti-sous-marines. Trois Merlin HC.4 de transport et de recherches-sauvetages au combat sont également embarqués. Mais surtout trois Merlin ASaC.2 Crowsnest assurent à bord le rôle d’AWACS. Le HMS Queen Elizabeth n’est en effet pas conçu pour pouvoir embarquer d’avions de guet aérien radar, à la différence des porte-avions américains et français.

Merlin Crowsnest, l’œil volant du porte-avions britannique.

En plus de sa mission de lutte contre la menace djihadiste en zone irako-syrienne le HMS Queen Elizabeth et ses trente-deux aéronefs embarqués vont assurer des missions dans l’océan indien et jusque dans le Pacifique. Il est attendu à l’automne au large des côtes japonaises. Ensuite ce devrait être le retour vers la Grande Bretagne, sans doute entre Noël et le réveillon de la saint Sylvestre.
Affaire à suivre donc.

Photos © Royal Navy.

Publicité

8 COMMENTAIRES

  1. Avec ce déploiement conséquent de Lightning II américains, j’ai une petite boutade à l’esprit

    « La différence entre l’Aéronavale et la Fleet Air Arm ?
    Quand le Queen Elizabeth est opérationnel et prend la mer en ce moment, une partie du groupe embarqué est Américain
    Quand le Charles de Gaulle est en immobilisé arrêt technique majeur de longue durée en 2018, une partie du groupe embarqué d’un porte avions américain est français »

    • pour ce qui est du CDG, c’est tous simplement afin de permettre au groupe embarqué français de s’entraîner sur un porte avions américains, et, de se familiarisé a des escadrons bi-nationaux, et ainsi, une meilleure interopérabilité entre nos 2 pays. cela va de même avec le groupe embarqué americains a bord du HMS Queen Elizabeth. et ainsi, se preparer, peut etre, a une prochaine guerre…

      • C’est justement une simple boutade sur l’état de la Fleet Air Arm (ou plutôt de la Royal Air Force), qui est minoritaire sur son propre porte-avions par des alliés

  2. Bien que n’étant pas parmi les supportes du Lightning II, j’ai hâte de voir ce que la version B anglaise va pouvoir donner en opérations.
    Décolleront ils avec des réservoirs supplémentaires ? Seront-ils ravitaillés en vol ? Ou du fait de leur faible rayon d’action, frapperont ils des cibles proches de la côte ?

    • A ma connaissance, même si le point d’aile interne est prévu pour l’emport d’un réservoir, pour l’instant aucun F-35, quelle que soit sa version, n’emporte de réservoir suite aux problèmes de développement rencontrés par LM. L’article de « The war-zone » date de 2019, il a peut-être eu des progrès depuis mais je n’ai rien vu. Arnaud en sait peut-être plus à ce sujet.

      • En effet pour l’instant les réservoirs externes de carburant ne sont pas à l’ordre du jour sur Lightning II. Le ravitaillement en vol est préconisé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom