Il y a huit ans déjà nous vous proposions un article sur ce sujet, depuis la situation a peu évolué. En ce mardi 10 août 2021 des feux de végétations ravagent les si belles montagnes de Kabylie causant déjà la mort de cinq personnes. Dans le même temps on apprend que l’Algérie n’aligne qu’une douzaine d’hélicoptères bombardiers d’eau et aucun avion ! Pourtant en mai dernier une initiative avait été lancée afin de remédier à cette carence seulement voilà l’Algérie demeure un pays très administratif, rarement capable d’agir dans l’urgence.

Il est assez peu croyable qu’un pays comme l’Algérie, un des plus riches d’Afrique du nord n’aligne pas le moindre avion bombardier d’eau. Sa seule capacité aéroportée de lutte contre l’incendie réside dans douze hélicoptères : quatre appartenant aux forces aériennes algériennes, six à la Protection Civile, et deux appareils civils privés loués pour l’occasion.
Les hélicoptères militaires sont des biturbines Eurocopter AS.355 Écureuil 2 tandis que les deux appareils loués lors des saisons d’été sont deux monoturbines Eurocopter AS.350B Écureuil. Chaque appareil emporte sous élingue un Bambi bucket.

Le plus gros des moyens aéroportés de lutte contre l’incendie en Algérie réside dans les six AgustaWestland AW139 qui dépendent de la Protection Civile. L’un d’eux est représenté ci-dessus. Ces appareils disposent d’une capacité d’emport de 1000 litres chacun, assurant aussi bien l’attaque à l’eau qu’au retardant. En service depuis l’été 2017 seuls quatre sont au maximum configurés comme hélicoptères bombardiers d’eau. Deux doivent rester apte aux missions d’évacuation sanitaire médicalisée.
Indubitablement les AW139 sont des hélicoptères parfaitement adaptés à ce rôle, mais comme première attaque pas comme moyen principal.

Car c’est là que le bât blesse : en 2021 l’Algérie n’aligne aucun avion bombardier d’eau ! C’est presque incroyable mais c’est ainsi. Malgré les excellentes relations entre Alger et Moscou aucun Beriev Be 200, ou même à la rigueur des Be 12 déclassés et transformés comme tels, n’a été vendu à ce pays maghrébin. Au cours de la décennie précédente l’avionneur canadien Bombardier avait bien tenté d’y placer des CL-415 ou des Dash 8 mais là encore sans succès. En fait les autorités algériennes n’ont pris que très récemment la mesure de l’urgence. Trop tard sans doute malheureusement.

En mai 2021 madame Ilhem Kabouya, sous-directrice de la Direction Générale des Forêts, présentait à Alger un plan réclamant l’achat le plus rapidement possible d’avions de lutte contre les feux de broussailles et de forêts. L’affaire semblait alors faire consensus. Trois mois plus tard les autorités en sont encore à débattre sur la pertinence de telle ou telle machine. Le mois dernier madame Kabouya insistait sur la nécessité de louer dans un premier temps un petit lot d’aéronefs très rapidement disponibles.
À ce jour on sait que l’Algérie a envoyé des demandes d’informations, via ses ambassades, à des constructeurs américains, canadiens, japonais, et russes.

En attendant la montagne kabyle brûle. Le feu tue. Cinq civils au moins sont d’ores et déjà morts dans ces feux d’une ampleur inédite. Tout comme la Croatie ou la Grèce l’Algérie doit désormais s’en remettre à ses bonnes relations diplomatiques avec certains de ses voisins. À la différence près que les deux pays européens cités ci-dessus disposent eux de leurs propres bombardiers d’eau.

Photo © Keypublishing

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