L’information a été révélée hier par le très sérieux média économique «La Tribune». L’engagement par la France de moyens défensifs auprès de nos partenaires du Proche-Orient réduirait grandement ses capacités en missiles air-air MICA. Ceux-ci, tirés par des Dassault Aviation Rafale F3-R / F4, sont actuellement employés pour descendre les missiles de croisières et munitions rôdeuses d’origine iranienne. Une potentielle future pénurie qui relance forcément le débat sur les moyens aériens à engager contre la menace des drones en tous genres.
Le jeudi 19 juin 2025 le site Méditerranée de la DGA Essais de Missiles était le théâtre du premier essai réussi d’un missile air-air MICA-NG. Cette évolution de la célèbre arme standard de l’Armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine Nationale doit arriver en dotation en 2030. D’ici là pourtant le ministère des Armées pourrait connaître un phénomène rare chez nos militaires sur ce type de munition : la pénurie.
Balard reste volontairement discret sur le nombre de missiles de croisières / missiles balistiques et de munitions rôdeuses que nos Rafale ont abattu depuis le début des actions défensives face à l’Iran. Déployés sur la Base Aérienne 104 d’Al Dhafra aux Émirats Arabes Unis nos avions de combat ont un armement finalement limité face à ces armes au fort pouvoir de destruction. Soit ce sont tout ou partie des 125 obus de calibre 30 millimètres du canon GIAT 30 soit ce sont des missiles air-air MICA. Il n’y a pas actuellement d’entre deux.
Le MICA (pour Missile d’Interception, de Combat et d’Autodéfense) est donc un missile air-air à courte et moyenne portée ayant remplacé à la fois les Matra Magic II et Matra Super 530 dans les rangs français. Il existe en versions EM et IR à respectivement guidages électromagnétiques et infrarouges. Avec une vitesse tournant autour de Mach 4 et une charge explosive de douze kilogrammes les MICA sont clairement fait pour envoyer au tapis à peu près n’importe quel avion de combat ennemi, ou même des aéronefs à haute valeur ajoutée.
Quid alors des drones, des munitions rôdeuses, et des missiles sol-sol iraniens ? Pour tous ceux là c’est donc la même réponse française : des missiles MICA EM/IR sont tirés par nos Rafale F3-R / F4 déployés au Proche-Orient. Sauf que ce sont là des méthodes un peu radicales. Une munition rôdeuse Shahed 136 revient à l’état iranien à environ 25 000 à 35 000 euros suivant le profil de mission tandis que les MICA EM et IR coûtent à la France entre 700 000 et 900 000 euros. Ces missiles air-air ont donc un coût estimé à entre vingt-cinq et vingt-huit fois celui des «drones tueurs» de la république islamique.
Depuis plusieurs mois maintenant un retour d’expérience de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine souveraine démontre que les avions de chasse peuvent représenter des armes anti-drones efficaces mais ô combien trop chères. L’engagement des Rafale français contre les Shahed 136 iraniens en est une preuve supplémentaires. Et cela apporte de l’eau au moulin des défenseurs d’alternatives moins onéreuses, basés notamment sur des avions turbopropulsés comme le Beechcraft AT-6 Wolverine ou l’Embraer A-29 Super Tucano voire sur des hélicoptères de combat. L’emploi de missiles air-air plus légers ou encore de roquettes en paniers permettrait également de réduire très sensiblement les coûts d’intervention.
Reste qu’en France les contingences entre les différentes armées de Balard sont importantes, et que parfois il existe des conservatismes qui pourraient freiner les évolutions. Et donc pendant ce temps là il ne restera que les avions de chasse et leurs missiles air-air.
Affaire à suivre.
Photo © Armée de l’Air et de l’Espace
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12 réponses
Autant que je me souvienne, lors des campagnes de tir air-air à Cazaux en Mirage III et F1, les pilotes faisaient des tirs canon sur une cible acoustique « Soulé » ou sur un panneau en filet… De nos jours avec nos Rafale 2.0 ce n’est plus possible ? Nos valeureux pilotes ont-ils oublié, ou alors c’est considéré « has been » ? Les Shaed remplaçants les anciennes cibles ? Bizarre, bizarre.
Quelqu’un pourrait-il m’éclairer ?
Les tirs au canon sont toujours possibles, ils sont même assistés par la trajectoire prévisibles des obus dans le HUD.
Le danger vient des débris de la cible que l’avion pourrait ingérer.
À l’époque, ils n’avaient pas le choix car ne disposant que de mitrailleuses et/ou de canons.
En 1944, les bombes volantes V1, qu’on pourrait qualifier d’ancêtres primitifs des drones Shahed XX, étaient abattus par soit par un barrage d’artillerie antiaérienne soit par les armes de bord de chasseurs genre Spitfire ou autres. 82 ans plus tard malgré la révolution des missiles guidés le monde se retrouve paradoxalement dans la même situation. Mettrons nous en œuvre les mêmes moyens pour lutter contre cette menace ? La multiplication des flottes d’avions de combat n’est pas trop à l’ordre du jour. Les hélicoptères ? Pourquoi pas, mais il va falloir les adapter davantage à la lutte antiaérienne avec ajout/perfectionnement de conduites de tir canon en mode air air et emploi de roquettes guidées à faible coût . A prévoir donc des coûts supplémentaires en ces temps de vaches maigres budgétaires.
Le pb ici est le nb de cibles à traiter, les Shahed sont envoyés par essaim.
Je n’ai rien à redire sur la pénurie et sur l’emploi non approprié de missiles air-air. Il y a sans doute moyen de faire aussi bien pour moins cher.
Par contre, il y a un problème sur la notion de coût.
La « rentabilité » du missile doit inclure la valeur de la cible protégée.
Si le drone de 25 000$ détruit potentiellement une cible de 10 000 000$, le rapport coût d’utilisation du missile à 700 000$ s’inverse.
Et là, on ne parle que de chiffes direct, pas des impacts politiques et économiques à long terme de la frappe.
Des chasseurs turbo propulsés pour contrer les drones à bas cout pourquoi pas? Mais ont peut envisager aussi des chasseurs léger comme le M-346 FA ou le FA-50 qui peuvent également faire de la police de l’air ou d’autres missions ne demandant pas forcément l’emploi de chasseurs aussi sophistiqués que des Rafales ou des Eurofihter, à des coûts bien moindre….
Il y a urgence à trouver une réponse rapide et qui doit durer le temps qu’il faut à ce pb de d’essaims de drones.
C’est la stratégie de l’Iran. Le duel entre le faible et le fort. Faire consommer des munitions très coûteuses à l’adversaire pour détruire des cibles peu coûteuses mais en nombre et voir qui craquera le premier.
Sinon il y a une bonne alternative, la roquette guidée laser. La ACULEUS-LG de 68mm de Thalès ou la FZ275 LGR de 70mm de Thalès Belgium pour un coût bien moindre qu’un MICA.
Bonjour,
en effet je ne comprend pas pourquoi on n’a pas déjà adapté des solution moins onéreuse
-idéalement les roquettes dont vous parler qui serait une solution idéale, mais qui demande peut être un peu de développement encore
-mais à court terme pourquoi ne pas avoir permis d’installer des mistral sous le rafale; ça reste beaucoup trop cher mais c’est déjà 2 à 3 fois mins cher qu’un MICA. Par exemple en portant le lanceur double qui est sur le tigre, pour augmenter la capacité d’emport. Je pense même qu’un lanceur quadruple devrait à plus long terme être développable pour une configuration anti drone et autre menace bas du spectre. Vu comme en Ukraine on a pu adapter des munitions complexes OTAN sur des mig/sukhoi, je pense qu’adapter un lanceur de mistral comme celui du tigre sur rafale doit être très faisable (même si oui ça demande du travail)
Kaiox
J’ai lu quelque part qu’on pourrait utiliser des roquettes à guidage laser APKWS pour dégommer des drones. A priori, les Ukrainiens le font déjà avec des F-16, et le système serait à l’étude pour les Typhoon et Gripen.
Toutefois, je n’ai pas une confiance absolue dans les sites sur lesquels j’ai lu ces infos, donc…
Effectivement, dans une image où l’on voit tous les équipements/armes pouvant être intégrés au Rafale, il y a un panier roquettes avec une pointe avant plus adapté à de grandes vitesses d’avions d’armes, contrairement à des paniers équipant les hélicos qui ont une face avant plate, image vers la fin de cette page https://www.aeroflap.com.br/fr/Franca-acquiert-des-casques-avec-%C3%A9cran-int%C3%A9gr%C3%A9-et-%C3%A9crans-multifonctions-pour-le-Rafale-F4/
Je suppose qu’il reste les études d’intégration de ce panier à l’avion et les tests pour le rendre opérationnel.
Bonjour à tous,
vraiment de beaux commentaires qui modifient le point de vue… Je reste tout de même dubitatif de l’impréparation persistante des nations occidentales vis à vis de ces armes à bas coût et au final très redoutables. Depuis le début du conflit russo-ukrainien, donc 5 années, on a bien pu voir les avantages apportés par ces armes. 3500$ le Shahed 136 dont un seul exemplaire peut tuer/rendre inapte au combat des soldats, démolir un QG, démolir un avion militaire valant des dizaines de millions de dollars… Impossible pour nous de développer des armes suffisamment peu coûteuses et « rustiques » pour aller dézinguer des cibles non « durcies »? A l’heure ou depuis des années les smartphones sont équipés de moult caméras et autres lidar, de capacité de réalité « augmentée » pour quelques dollars? A l’heure où les autos sont équipées de radars anti collision détectant les autres véhicules à plusieurs centaines de mètres de distance, pour pas bien cher? Je suis vraiment très étonné…