L’information n’est pas passée inaperçue ce mercredi 13 octobre en fin d’après-midi. Israël a annoncé que désormais Heyl Ha’Avir pouvait faire décoller à n’importe quel moment ses chasseurs multi-rôles afin d’aller bombarder les sites soupçonnés d’enrichir l’uranium iranien. Comme pour montrer sa détermination l’état hébreu a quelques heures plus tard lancé un raid aérien contre des installations annoncées iraniennes en territoire syrien. Les avions de combat n’ont eu à souffrir d’aucune réaction de la DCA syrienne pourtant équipée de missiles russes S-300.

Depuis juin 1981 et la destruction par un raid aérien de McDonnell F-15A et de General Dynamics F-16A de la centrale nucléaire irakienne d’Osirak on sait les Israéliens tatillons sur la présence de tels sites chez ses «voisins». Même quand le concept de voisinage est plus que relatif. En fait Tel Aviv supporte assez mal l’idée de la présence de l’atome dans les pays du Proche et du Moyen-Orient, craignant toujours que cela se retourne tôt ou tard contre son territoire.
En gros l’énergie nucléaire, et à fortiori la «bombe atomique», c’est pour Israël et sûrement pas pour les autres pays de la région. Dans cette politique l’état hébreu a très souvent été suivi par les États-Unis, moins par les pays européens.

Or dans le collimateur d’Israël se trouve aujourd’hui l’Iran qui depuis une vingtaine d’années maintenant joue au jeu du chat et de la souris avec la communauté internationale sur les questions atomiques. Souhaitant officiellement se doter de centrales nucléaires, synonymes de plus grande indépendance énergétique, elle a également la volonté de disposer à moyen terme d’une force de dissuasion. C’est là un secret de Polichinelle. Et dans le cas de la république islamique inutile de préciser que rien n’est accepter par l’état hébreu qui considère toujours Téhéran comme son pire ennemi.
Entre théocraties visiblement c’est pas le beau fixe !

En 2021 Heyl Ha’Avir a donc les moyens de frapper à peu près n’importe quel point du territoire iranien. Entre Tel Aviv et Téhéran il y a pourtant un peu plus de 1500 kilomètres au-dessus des territoires souverains de Jordanie puis d’Irak. C’est donc tout à fait envisageable pour les équipages des Boeing F-15I et Lockheed-Martin F-35I actuellement en dotation dans cette force aérienne. Et ça l’Iran le sait pertinemment. L’aviation israélienne représente une terrible épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

Afin de s’assurer que l’Iran comprenne qu’Israël ne plaisante pas dans ses menaces Heyl Ha’Avir a réalisé ce mercredi 13 octobre 2021 en soirée un raid aérien contre une série d’installations de communications militaires en Syrie. Des avions de combat annoncés comme McDonnell-Douglas F-15D, portés au standard israélien Baz 2000, ont frappé cette tour de télécommunication ainsi que le bâtiment la jouxtant tuant quatre personnes : un jeune militaire syrien et trois opérateurs spécialisés de nationalité iranienne. La tour a, quant à elle, été totalement détruite. À aucun moment les chasseurs multi-rôles israéliens n’ont été mis en danger par les systèmes de défense de la Syrie, tous de facture russe ou ex-soviétique.

Photos © Heyl Ha’Avir

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7 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Existe-t-il une si grande différence que cela entre les avions F15, F16 et F35 au « standard » israéliens et ceux au standard US ?
    Quelle est la raison pour Israël à chercher à développer ces standards ?
    L’indépendance dans la maintenance et l’utilisation, ou une meilleure qualité de matériel et d’avion au final ?

  2. « Entre Tel Aviv et Téhéran il y a pourtant un peu plus de 1500 kilomètres au-dessus des territoires souverains de Jordanie puis d’Irak »
    Il leur faudrait alors se ravitailler dans l’espace aérien de la Jordanie ou de l’Irak! Ne poserait-il pas de problèmes?

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