Le miracle de Noël n’aura pas eu lieu pour l’ultime évolution du Su-27 Flanker. Voilà une fin décembre 2021 qui ne sourit pas à l’avionneur Sukhoi puisque il vient officiellement de perdre une chance d’armer de nouveau la Tentara Nasional Indonesia Angkatan Udara. Son Su-35 Flanker-E a officiellement été retoqué au profit de deux modèles occidentaux, l’un américain et l’autre français. En fait il s’agit plus globalement d’une perte d’influence totale de la Russie dans ce pays asiatique.

Sur le papier pourtant le Sukhoi Su-35 Flanker-E reste le nec plus ultra des chasseurs de facture russe. C’est aussi son plus onéreux actuellement disponible sur le marché international. Même par rapport au Su-57 Felon supposément furtif le Su-35 demeure une référence avec cependant un énorme souci de communication. Personne n’arrive clairement aujourd’hui à savoir s’il s’agit vraiment d’un chasseur multi-rôle ou d’un intercepteur et chasseur de supériorité aérienne. Sur le papier il est le premier mais dans la réalité opérationnel il n’exécute quasiment que les deux autres fonctions.
Résultat : les clients potentiels sont déstabilisés.

Le dernier exemple en date est l’Indonésie. Sa Tentara Nasional Indonesia Angkatan Udara utilise d’ailleurs déjà cinq Su-27SKM Flanker et dix (ou onze) Su-30MK2 Flanker-C. Et pendant plusieurs mois elle a laissé plané la possibilité d’acquérir entre dix et douze Su-35S avant finalement de se rétracter il y a quatre jours.
La raison officielle est que le chasseur russe n’est plus dans la shortlist indonésienne, celle-ci incluant désormais deux avions seulement : le Boeing F-15EX Eagle II américain et le Dassault Aviation Rafale F4 français. La raison officieuse tiendrait en fait en six lettres : CAATSA. L’Indonésie craint en effet qu’en achetant russe elle se retrouve blacklistée par le Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act. En achetant américain ou français elle se met donc à l’abri d’éventuelles sanctions diplomatiques et/ou économiques.

Le CAATSA suffit t-il à expliquer la déroute du Su-35 Flanker-E ? En Indonésie peut-être, ailleurs dans le monde pas forcément. On revient à la difficulté de savoir ce qu’est ce chasseur. Chinois et Égyptiens sont ses seuls clients exports, et tous deux les ont achetés comme appareils multi-rôles. Or à l’usage la Chine et l’Égypte font la démonstration flagrante que leurs Su-35 respectifs sont des chasseurs de supériorité aérienne et d’interception. Et pas autre chose.

Pourtant des pays proches du régime de Moscou, souvent même appelés des vassaux, comme l’Algérie, la Biélorussie, la Syrie, ou encore le Venezuela n’ont jamais manqué de dire tout le bien qu’ils pensaient du chasseur. Malgré cela toutes leurs tentatives pour acquérir des Su-35 Flanker-E ont échoué. L’avion demeure souvent trop cher pour leurs fragiles et instables économies.
Aujourd’hui il se dit néanmoins que le Kazakhstan et la Turquie pourraient franchir le pas, moyennant pour ce second pays un transfert de technologie vers l’avionneur TAI. Mais rien n’est fait.

La commercialisation à l’étranger du Sukhoi Su-35 Flanker-E est donc, vous l’aurez compris, bien plus difficile pour Moscou que celle du Su-30 Flanker-C. Il faut dire que ce dernier est lui un véritable chasseur multi-rôle, et ça ce n’est pas rien.

Photo © Keypublishing.

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11 COMMENTAIRES

  1. D’autres éléments explicatifs accompagnant le CAATSA :
    1/ le coût du MCO des Flanker n’est pas négligeable, notamment des moteurs (avec des soucis de fiabilité).
    2/ la disponibilité des pièces détachées, Sukhoi souffre d’une mauvaise réputation sur ce point.
    3/ les performances insuffisantes des générations précédentes Su-27 et Su-30 sous les chaudes latitudes n’incite pas à poursuivre l’aventure.
    4/ le fait qu’un Rafale soit parvenu à « éteindre » le radar d’un Su-35 égyptien lors d’un exercice de combat, forçant le Sukhoi a regagner sa base ?
    Souvent les matériels russes sont surcotés, surestimés, ça cache souvent des loups 😉

    • petite nuance qui je pense est nécessaire de rappeler sur cette histoire en égypte afin de prendre un peu de recule dessus :
      les radar des su35 variante export des egyptiens sont différents des appareilles russes qui passent au fur et à mesure à l’aesa.

      la surestimation cache un loup effectivement : celui de l’obtention de toujours plus de crédit pour avoir du matos en mesure de répondre à ces derniers alors que c’est pas toujours nécessaire dans la majorité des cas. la sous estimation est tout autant une très grave erreur car on pourrait avoir des très grosses surprises qui pourraient couter très cher. il s’agit de prendre l’autre en face pour un « débile » en somme…

      pour le reste vous prêchez des convaincu je pense et surtout sur la mco. même ci c’est dans le civilles les opérateurs occidentaux des superjet 100 en ont fait les frais (sujet évoqués par nos hôtes d’ailleurs)…

      par contre le seul point ou les chasseurs russes sont difficilement attaquable c’est sur le look. ces flanker ont un look à tomber par terre à mes yeux

      • Oui, je suis d’accord avec vous, c’est bien la version export dont on parle, des Su-35 avec radar PESA (il me semble, sans en être tout à fait certain).
        Et deux fois d’accord : les Flanker ont une ligne de guerriers du ciel., ça respire la puissance 😉

      • Officiellement les su35 sont encore en radars PESA. Les Russes sont clairement en retard sur les technologies de radars AESA, et ils commencent seulement à en déployer. Sans réels retour d’expériences et de tests en situations de combats comme l’Europe et les États-Unis.

        Le f22 fût le premier a utilisé un radar AESA, suivi de prêt par le Rafale de Dassault aviation deuxième avion de chasse à utiliser une telle technologie.

        Après oui, l’idée est de ne jamais sous-estimer l’adversaire, ou tout autre danger rivaux, mais tout simplement de rester au top et prêt en cas d’agression. Sur ces points, l’Europe et les États-Unis, ont toujours été au top.

        Le Rafale coûte assez cher à l’achat, mais permet de remplacer jusqu’à 8 types d’avions. Donc au final une opportunité incroyable financièrement. Le Rafale fût le premier et seul véritable avion de chasse omniroles jusqu’à récemment.

  2. Malgré tout, ce chasseur, comme l’ensemble des productions Russes sont de superbes et impressionnantes machines volantes. Les systèmes embarqués sont certainement moins aboutis que les productions occidentales mais cela reste de redoutables combattants. Cela laissera plus de place à notre Rafale national.

  3. LES AVIONS DE CHASSE RUSSE SONT NOMBREUX EST LES MEILLEURES SU 24, 29, 30, 34, 35, 57, EST LE MEILLEURES LE SU,75.TOUS LES AVIONS DE CHASSE SONT LES MÊME C’EST LE PILOTE QUI FAIT L’AVIONS OU L’AVIONS QUI FAIT LE PILOTE.

    • Euh désolé mais le Sukhoi Su-29 n’a jamais été un avion de chasse ! C’est un monomoteur (à moteur à pistons) de voltige aérienne. Après visiblement vous êtes fan de Sukhoi, c’est votre droit. Par contre pensez à être un peu plus nuancé vis-à-vis des autres avionneurs.

  4. Articles intéressants mais dire que l Algérie est un vassal de la Russie sous prétexte qu’elle achète du matériel russe est complètement faux , je vous rappelle qu’à une époque l Algérie était sous embargo et seul la Russie lui fournissait du matériel de de plus l Algérie a son indépendance était un régime socialiste et ses officiers était formé en ex URSS , la Russie est certe un allié de l Algérie mais non un vassal .

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