En temps normal ce genre de manœuvres aériennes serait passé totalement inaperçu. Sauf qu’avec les déploiements de forces terrestres russes aux frontières de l’Ukraine et sur le territoire biélorusse ce n’est pas le cas. Des bimoteurs de transport moyen Antonov An-26 Curl se sont exercés aux posées d’assaut la semaine dernière à quelques dizaines de kilomètres des frontières avec les états baltes. On remarquera que la Russie ne dispose toujours pas d’avions de génération récente pour cette mission pourtant ô combien primordiale dans la guerre contemporaine.

Le posée d’assaut sur pistes gelées ou enneigées peut effrayer les équipages britanniques ou français, et c’est bien normal cela ne fait partie des scénarii habituels de nos militaires. En Russie, comme d’ailleurs aux États-Unis ou au Canada, il n’en est rien. Et pour la première cela s’explique aussi par le fait que les équipages s’y entraînement très régulièrement. Outre les habituels avions de transport tactique à turbopropulsion comme les Antonov An-12 Cub et An-26 Curl hérités de l’ère soviétique les équipages russes s’y attèlent également avec des biréacteurs de transport de personnels Tupolev Tu-134 Crusty. Et à chaque fois ça passe sans la moindre casse.

Poser un jet comme le Tupolev Tu-134 Crusty dans ces conditions demande une sacrée dose de sang froid et un très grand professionnalisme.

En ce début février 2022 c’est sur deux terrains militaires de l’oblast de Leningrad, dont l’un se trouve à moins de trente kilomètres du lac Peïpous, que les avions et leurs équipages se sont entraînés. Pour mémoire le lac Peïpous assure sur une centaine de kilomètres une frontière naturelle entre la Russie et l’Estonie, donc également l’alliance Atlantique et l’Union Européenne. C’est une zone hautement sensible actuellement où patrouillent régulièrement des embarcations des gardes-frontières estoniens. À au moins deux reprises entre ce jeudi 3 et ce dimanche 6 février des An-26 Curl russes ont été aperçu à proximité immédiate de la frontière lacustre.

En 2022 l’Antonov An-22 Curl demeure l’avion à tout faire de la force aérienne russe, comme à l’époque soviétique.
Une image difficilement envisageable au sein des forces de l’OTAN : alors que les deux turbopropulseurs Ivchenko AI-24VT fonctionnent à plein régime les pistards russes inspectent l’avion avant son décollage. La sécurité en Russie c’est très différent.
On remarquera d’ailleurs que les équipements haute visibilité des militaires russes sont enfilés un peu « à l’arrache ».

Selon le ministère russe de la défense cette série d’exercice, qui s’est déroulée sur cinq jours, était prévue de longue date. Elle permettait de vérifier que les procédures de posées d’assaut mais aussi d’avitaillement en carburant par temps froid étaient parfaitement maîtrisés par les équipages de la région. Pour Moscou il s’agit d’un coïncidence si cela intervient en même temps que les «manœuvres terrestres» de grande ampleur en Biélorussie et au plus proche de l’Ukraine.
Des esprits chagrins pourraient appeler cela de la provocation gratuite.

Photos © ministère russe de la défense.

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