Je vous l’accorde ce n’est pas l’information aéro la plus sensationnelle que vous entendrez aujourd’hui, surtout si l’ami Arnaud est passé par là avant, m’enfin que cette nouvelle nous permet de revenir sur plusieurs sujets et constats. Déjà, premièrement, il n’y a décidément pas fini de voler ce Lockheed C-130 Hercules ! Alors que plusieurs forces aériennes retirent progressivement leurs vieux C-130H au profit de Super Hercules plus modernes, le Botswana va prochainement recevoir un nouvel exemplaire de la vénérable machine américaine.
Il s’agira du deuxième C-130H fourni par les États-Unis à cette petite force aérienne d’Afrique australe depuis 2024. Le Botswana avait déjà reçu un premier C-130H dans le cadre du programme américain Excess Defense Articles (EDA), programme permettant aux forces armées étasuniennes de céder à des pays partenaires, gratuitement ou à faible coût, du matériel militaire américain devenu excédentaire mais encore utilisable.
Le premier exemplaires fut officiellement remis aux Botswana Defence Force en juillet 2024, l’appareil est venu remplacer une partie des capacités perdues par les anciens C-130B botswanais. Et c’était donc en juillet 2026, Gaborone a accepté le don d’un nouvel exemplaire américain. Washington avait déjà annoncé en août 2025 son intention de fournir deux autres C-130H, chacun étant alors évalué à plus de 12 millions de dollars.
Le choix du Hercules n’a évidemment rien d’anodin. D’une part, l’avion est connu des personnels botswanais et d’autres part les capacités intrinsèques du Hercules font de ce dernier un outil particulièrement adapté aux missions d’une force aérienne comme celle du Botswana. C’est à dire, de transport tactique, évacuation sanitaire, soutien logistique, opérations humanitaires. Le vieux quadri turbopropulseurs peut encore rendre bien des services. Les autorités américaines mettent d’ailleurs en avant ces capacités pour les missions de réponse humanitaire, de maintien de la paix et de sécurité régionale.
Ce don nous permet d’autres part de parler de cette petite force aérienne absentes de nos articles, pourtant elle ne manque pas de diversité. Donc, si vous me le permettez, prenons le temps de revenir sur la Botswana Defence Force Air Wing. Elle fut réée en 1977 et ne dispose pas des moyens d’une grande puissance régionale mais aligne un mélange assez étonnant de matériels occidentaux. Son principal appareil de combat reste le Canadair CF-5, version Canadienne construite sous licence du Northrop F-5 américain. Ces chasseurs ont rejoint le Botswana dans les années 1990 et constituent toujours la principale capacité de combat de l’aviation botswanaise, où nous pouvons estimés qu’une grosse dizaine d’exemplaires sont en service.
Cinq Pilatus PC-7 Mk II assurent pour leur part l’entraînement des pilotes. Concernant le transport, les Botswanais disposent de trois CASA C-212 Aviocar, de deux CN-235, puis de supposément deux BN-2 Defender et d’un King Air destinés notamment au transport de liaison et aux missions gouvernementales. Les hélicoptères occupent eux aussi une place importante avec une quinzaine de AS350 Écureuil et Bell 412, employés pour des missions de transport, de recherche et sauvetage ou encore de lutte contre le braconnage. La flotte comprend également un unique EC225 Super Puma, utilisé notamment pour les missions de transport VIP.

La Botswana Defence Force Air Wing n’ayant davantage de moyens, elle dispose d’une flotte d’appareils capables de remplir plusieurs missions. Et le C-130 en est l’illustration la plus évidente. Le Botswana fut utilisateurs de la version antérieur du fameux Hercules, c’est à partir de 1997 que trois exemplaires de la version C-130B furent utilisés jusqu’à que leur état nécessita le retrait d’un exemplaire et son placement sous cocon afin de servir de banque de pièces détachées. Tandis que les deux autres continuèrent d’assurer l’essentiel du transport tactique dans le pays pour les forces armées et gouvernementales avant d’être définitivement cloués au sol en 2023. Ainsi, le premier C-130H livré en 2024 a permis de remettre à niveau cette capacité avec un appareil plus récent. Le second C-130H viendra épauler celui livrés il y a deux ans. Les deux devront permettre au Botswana de disposer d’une capacité de transport plus robuste. En août 2026, les États-Unis ont d’ailleurs encore renforcé ce soutien en fournissant pour environ un million de dollars de pièces détachées destinées aux Hercules botswanais, car avoir des avions c’est bien, de quoi les entretenir c’est mieux!

Alors pourquoi les US sont-ils grand prince avec ce petit pays du sud du continent africain ?
D’une part la Botswana Defence Force et la North Carolina National Guard travaillent ensemble depuis 2008 dans le cadre du State Partnership Program (SPP). Sur le papier, ce programme américain qui permet à une Garde nationale d’un État américain aux forces armées d’un pays partenaire afin de « développer durablement leur coopération, leur interopérabilité et leurs capacités militaires ». Dans les fait, il se matérialise par exemple par l’exercice Southern Accord 2026, organisé en août dernier, consacré à la « planification d’opérations multidomaines » associant pour la première fois l’armée de l’ai Botswanaise, la Garde nationale de Caroline du Nord donc et plus étonnant l’US Space Force (aux fameux uniformes).
D’autre part, pour les Américains céder des avions éprouvés et dont les composants ne sont plus d’une sensibilité relevant du secret défense permet de consolider des partenariats, d’éviter que ces partenaires ne se procurent du matériel étranger et de les maintenir dans le cercle des utilisateurs de matériels américains. À fortiori, cela permet à leurs propres forces armées de renouveler leur matériel en prenant en compte des exemplaires neufs des dernières versions ! Ce que les États-Unis font avec le Botswana fut également le cas avec les Tunisiens, Jordaniens, Polonais qui ont eux aussi perçu des Hercules d’occasion ces dernières années.
Pour le mot de la fin, il faut retenir qu’a bientôt un demi-siècle pour certains exemplaires, le Hercules continue de trouver une seconde vie auprès de forces aériennes qui recherchent avant tout une machine éprouvée, polyvalente et dont la logistique reste disponible à l’échelle mondiale grâce au parc immense d’exemplaires qui fut encore il ya peu en service !
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